Comment Tokyo est sortie du diesel
jeudi 11 décembre

Comment Tokyo est sortie du diesel

admin
9Je partage

Pour le plus grand bonheur de nous autres cyclistes urbains, Anne Hidalgo vient d’annoncer les nouvelles mesures pour lutter contre la pollution dans nos quartiers. Point d’orgue de ce combat, le souhait de bannir les véhicules diesel d’ici 2020. Ce même combat est déjà bien entamé par les villes de San Francisco et Tokyo, deux véritables exemples. Cette dernière a réussi à diminuer de 55% la concentration de particules fines en seulement 10 ans, notamment grâce à cette lutte anti-diesel. Comment la capitale Japonaise s’en est-elle si bien sortie ? Décryptage.

Une attaque financière

Tout commence par une politique menée sur les prix de l’usage de véhicules diesel ! En 1992, une loi augmentant les taxes sur le diesel est adoptée. En 2003, des mesures strictes sont prises : les propriétaires de véhicules diesel, particuliers ou entreprises, ont 7 ans pour mettre aux normes leurs véhicules ou les changer. Des subventions d’un total de 19 millions d’euros sont accordées pour faciliter la transition.

Une communication bien rodée

En 1999, le gouverneur de la métropole de Tokyo, Shintaro Inshihara, s’attaque au problème en lançant la campagne « Dites non au diesel ». Il n’hésite pas à multiplier les prises de parole médiatiques et se met en scène à la TV japonaise avec une bouteille pleine de particules cancérigènes émises par des voitures fonctionnant au diesel.

Par des campagnes de communication massives, les habitants sont invités à ne pas « conduire, acheter ou vendre des véhicules diesel ». A tout cela s’ajoute près de 5,5 millions de courriers envoyés aux propriétaires de véhicules diesel et une prise de contact directe avec plus de 3 800 entreprises disposant d’une flotte de véhicules diesel.

Des tokyoïtes ultra-surveillés

Des stations de surveillance sont installées aux quatre coins de la ville pour mesurer le taux de pollution des véhicules. Les automobilistes Tokyoïtes sont ainsi régulièrement sujets à des contrôles routiers menés avec le soutien du réseau de vidéo-surveillance de la ville. Des amandes allant jusqu’à 3400€ sont prévues pour les personnes ne respectant pas les mesures.

D’après Libération, entre 2003 et 2011, près de 500 interdictions de circulation ont été délivrées par la municipalité tokyoïte.

Un système qui fonctionne !

Toutes ces mesures ont obligé les constructeurs automobiles à s’adapter et changer leur offre. En 2003, 10 modèles de voiture diesel étaient proposés, et en 2007, seul un modèle était disponible. D’après les chiffres du Figaro, la vente de voitures diesel représente aujourd’hui seulement 1% du marché au Japon. Grâce à cette disparition du diesel, et l’effort des pétroliers pour réduire le taux de soufre dans leur carburants, la concentration en particules fines a diminué de 55% entre 2001 et 2011. Aujourd’hui, les Tokyoïtes peuvent voir l’horizon à plus d’une centaine de kilomètres, notamment le fameux Mont Fuji.

.

Un objectif commun, une lutte différente pour Paris

A l’occasion de son déplacement au Japon, du 29 février au 2 mars, Anne Hidalgo a pu rencontrer Yoichi Masuzoe, Gouverneur de Tokyo, qui lui a présenté la politique qu’il a lancée pour « une société de l’hydrogène ». Cette initiative rejoint celle de la maire de la capitale en faveur de l’amélioration de la qualité de l’air à Paris et démontre qu’il est possible, par l’innovation et le recours à des énergies plus propres, de sortir du diesel.

Anne Hidalgo a salué « l’amélioration de la qualité de l’air et le respect de l’environnement sont des priorités pour nos deux métropoles. Tandis que Paris déploie un plan ambitieux pour réduire les émissions liées au trafic routier, Tokyo imagine une société de l’hydrogène. Dans les deux cas, nous faisons le pari de la transition énergétique, par l’innovation et le recours aux énergies renouvelables. Nous avons sur ces points beaucoup à apprendre l’une de l’autre ».

A Paris, la lutte contre la pollution se veut moins restrictive mais plus incitative : la place de la voiture est progressivement réduite dans les zones fortement polluées, les professionnels sont associés à la démarche et tout est misé sur le développement du vélo, de la voiture électrique et des transports en commun.

Les entreprises et les particuliers seront accompagnés pour assurer la transition : aides financières pour l’installation de bornes électriques et de garages à vélos dans les copropriétés, plan d’installation de bornes de recharge dans Paris, développement du vélo électrique (Vélib’ à assistance électrique et subvention pour l’achat), nombre de pistes cyclables doublé d’ici 2020, aide à destination des taxis pour l’achat de véhicules hybrides ou non polluants, abonnement Autolib’ offert en échange de l’abandon d’un véhicule diesel, aides financières avec l’état pour l’achat d’un véhicule non polluant, mise en place d’axes de circulation réservés aux véhicules propres, lutte contre la pollution des camions dont 30% traversent l’agglomération parisienne sans s’y arrêter,  restriction de la circulation des cars de tourisme diesel …

Retrouvez ici notre dossier spécial sur les mesures prises par Paris !

Crédits photo une : lawlormediagroup.com

Laisser un commentaire

Les derniers commentaires

Bernd dit :

Bonjour à tous,
Moi même je suis cycliste et j’adore des villes comme Berlin ou Munich, qui sont vraiment fait pour circuler en vélo.

Mais en lisant ce titre je me pose quant même la question « ou va t-on » ?
« Tokyo sort du Diesel » – Au Japon il y a < 1% de diesel. De quoi sortir alors ?
Si les particules fin on baissé de 55% C'est du à d'autres phénomène alors. De toute façon le diesel n'est de loin pas le premier responsable des particules ! Mais avec la précision de nos journalistes cette information n'arrive pas. C'est tellement facile d'avoir un bouc émissaire.

Et pour finir …. le même le contraire se passe au Japon !!! (le Japon donne un coup de pouce aux voitures diesel / Le Parisien le 21.07.2015)

Et des informations comme "entre 2003 et 2011 500 interdictions de circulation suite à des contrôles ont été prononcé donne également que l'impression d'un bilan efficace: Ca fait 5/mois pour 13,5 Mio d'habitants …. ce n'est rien du tout !!!!

Par contre je suis complètement contre l'interdit d'une technologie en soit. Des moteurs diesel et essence modernes, se sont énormément rapproché au niveau de leurs émissions. Le moteur essence à injection direct émet aujourd'hui des particules comme le diesel avec un filtre à particule (toutes les nouvelles voitures en ont un). La seule chose qui pourrait être raisonnable est l'interdit des voitures anciennes, qui ne respectent pas encore ce niveau d'émission. Et le diesel est nettement meilleure en émission CO2 que l'essence. Alors fixons plutôt des seuils des polluants (particules, NOx, CO2) au lieu de bannir une technologie. Et bien sûr contrôlons les pour éviter des affaires VW.

Et arrêtez de raconter des bobards comme "les compagnies pétrolières donnent des dessous de tables aux constructeurs" … Renault à misé sur le toute électrique avec Nissan …. conséquence: ils rament maintenant à réinventer des voitures hyprides comme leurs concurrents, parce que le marché (nous tous ensemble pour rappelle) a décider de ne pas les acheter, pourtant déjà lourdement subventionné par l'état. Alors arrêtez de faire la morale aux constructeurs automobile. Le français préfère aller plus souvent au resto au lieu de dépenser un plus pour sa voiture. Mais ce n'est pas la faute aux constructeur.

Alors: Définissons de plus en plus de rue piétonne et cycliste et interdisons toutes les voitures à Diesel, Essence ET Electrique. Sauf pour des livraisons.

Dany dit :

Re bonjour,

Petit oubli et coup de gueule 😉

De toute façon les compagnies pétrolières donnent des dessous de table aux constructeurs automobile afin que ces derniers ne sortent pas de véhicule électrique alors que ce type de véhicule existe depuis plus de 100 ans.

Ces véhicules étaient à l’époque boudés et réservés aux Femmes. Ahh le machisme pffff

Les gouvernements tous des faux culs.

Dany dit :

Bonjour à tous,

Pour exemple, le Maghreb utilise des diesels et c’est très polluer alors que les pays du moyen orient des véhicules essence et la pollution est moindre.

L’idéal sera de ne plus fabriquer de véhicule diesel et de s’attarder sur le tout électrique afin de bruler le peu de terre qu’il nous reste.

Mireille dit :

Tout cela ne ma fait pas rire. J’ai une grave maladie pulmonaire depuis 10 ans certainement à cause du diesel. Le diesel est mortel et les diesel récents sont encore plus dangereux car ils font des particules encore plus fines. Que préfèrent les gens ? faire l’autruche ou penser à leurs descendance qui va écoper de plus en plus ? Je suis pour une répression très dure au niveau des constructeurs, des pétroliers et des conducteurs informés depuis des années déjà.

Mitcheou (automobiliste repenti) dit :

Toutes ces demi-mesures sont insuffisantes, Paris abrège la durée de vie de ses habitants.
Augmentation dissuasive du carburant, stationnement cher et contrôlé (actuellement pas de contrôle), péage à l’entrée de la ville, parkings gratuits en périphérie, sont les mesures minima à prendre pour dépolluer et conserver notre belle ville.

Véronique dit :

« Des amandes allant jusqu’à 3400€ sont prévues pour les personnes ne respectant pas les mesures. »

Ça fait cher l’amande, je n’imagine même pas le prix des pralines.

Chonion dit :

Soyez sérieux, il y a une énorme différence entre les véhicules diesel équipés de filtres à particules et d’un catalyseur éliminant les oxydes d’azote toxiques et ceux qui ne sont pas équipés. Ce sont seulement ces derniers qu’il faut interdire, et rapidement.

Godefroy dit :

« Des amandes allant jusqu’à 3400€ ». Dans le 4ème, le cours de l’amande est moins cher, on doit trouver le paquet à 2 euros seulement.

Site Officiel Vélib
X

Articles à la une

Voir tous les articles...