Le pouvoir de la pédale selon Olivier Razemon
jeudi 18 septembre

Le pouvoir de la pédale selon Olivier Razemon

admin
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Le journaliste Olivier Razemon, animateur notamment du blog du Monde dédié aux transports, a publié « Le Pouvoir de la Pédale » aux éditions Rue de l’Echiquier. Interview d’un fervent défenseur de nos chers deux-roues.

Pourquoi ce titre « le pouvoir de la pédale » ?

Parce que tout le monde le retient ! Et parce qu’effectivement il y a certainement un pouvoir du guidon mais surtout de la pédale. On connait très bien les atouts du vélo pour la santé, pour l’environnement, mais il y a d’autres effets très nets, prouvés par des études, et notamment économiques. Par exemple quand on est à vélo, ou à pied, on est un bien meilleur client pour les commerces locaux. Les commerçants pensent souvent l’inverse, souhaitent des places de parking à proximité. Mais en réalité ceux qui se déplacent en voiture viennent moins souvent notamment parce qu’ils craignent la congestion des routes alors que les cyclistes et piétons achètent peut-être de plus petites quantités mais viennent plus souvent. Le vélo a un rayon d’action bien adapté à la ville et en particulier à Paris. Car Paris est dans l’ensemble une ville plate, mais aussi très dense et où 60% des habitants ne possèdent pas de voiture. Les Parisiens se déplacent en métro, et la plupart du temps à pied, comme le dit très justement la Mairie de Paris. Pour les déplacements un peu plus loin qu’à pied, le vélo est un excellent moyen de transport, plus rapide.

Dans votre livre, il y a toute une partie historique sur le vélo, est-ce qu’il y a un élément qui vous semble particulièrement éclairant ?

Un point essentiel est qu’il n’y a pas de rivalité entre les usagers mais une concurrence entre les modes de transports. Dans les années 60-70 on s’est aperçu que la voiture individuelle n’était pas adaptée à la ville : congestion, absence d’espace, asphyxie provoquée, que l’on parle d’air ou de trafic. A la fin du 20ème siècle, la voiture pose des problèmes, cela coute cher et cela tue les villes. La voiture est un objet récent et extraordinaire c’est vrai. On peut se déplacer vite et loin, l’utiliser pratiquement toute sa vie. On a eu l’impression que l’on pouvait tout faire avec la voiture mais en fait, ce qui permet d’aller aussi et même plus vite en ville, c’est le vélo.

Vous décrivez toutes les images liées au vélo et notamment celle du truc de bobo, est-ce que ces images sont un frein au développement du vélo ?

Le vélo a plein d’images différentes. C’est un objet tellement simple à utiliser même s’il demande une certaine dextérité. En ce moment à Paris, le vélo a l’image du bobo mais à 10kmde Paris c’est le vélo prolo. Je reviens de Montréal et là on dit que c’est un truc de « broche à foin », de paysan pas riche. Les images sont presque inhérentes à l’objet : un truc de courageux qui affrontent les cols des alpes, un loisir pour d’autres, etc. Toutes ces images sont partiellement vraies mais quand on se déplace à vélo on ne se pose plus ces questions. Mais en effet la part modale du vélo à Paris est encore faible, 2 ou 3% mais si on en était à 30%, la question ne se poserait plus. Plus il y a de vélos, moins ces images sont pertinentes et peuvent être renversées. Le problème c’est que dans certaines collectivités dès qu’on parle de vélo on craint que cela soit dangereux, on se demande comment on fait quand il pleut, quand il fait chaud… C’est très facile de dire des choses et de ne rien faire.

Vous écrivez que le renouveau du développement du vélo a été antérieur aux systèmes de vélos en libre-service (VLS) comme Vélib’ mais est-ce qu’ils n’ont pas eu quand même un rôle d’accélérateur ?

L’inversement de la tendance en faveur du vélo commence avec le retour des tramways et, à Paris, avec la grande grève des transports de 1995. Mais les vélos en libre-service sont en effet un accélérateur. Le Vélib’ fait sens dans une ville comme Paris où il est compliqué de stocker des vélos dans les cours d’immeubles. Peut-être d’ailleurs qu’il faudrait créer des espaces sécurisés pour les vélos personnels. Le frein au développement du vélo dans les villes via les VLS est le manque de fiabilité des systèmes : quand vous ne trouvez pas de vélo ou de place, le vandalisme. Il faudrait qu’il y ait plus de vélos quitte à augmenter les tarifs. Ce serait peut-être le prix à payer pour un service plus fiable. A Montréal on est sur un coût d’une centaine d’euros par mois quand le prix de l’abonnement Vélib’ est très faible. Quand on parle d’argent cela fait scandale mais si c’est expliqué et que cela rend le service plus fiable, les utilisateurs seraient peut-être prêts à payer plus. Pourquoi pas ? Cela n’empêche pas de faire des tarifs sociaux.

Une idée qui risque en effet de susciter le débat ! Pour en discuter avec lui, sachez qu’Olivier Razemon donne ce soir une conférence à Holland Bike, à partir de 20h, 79 boulevard Lefebvre, Paris 15ème, station Vélib’ n°15049

Olivier Razemon, Le Pouvoir de la pédale, éditions Rue de l’Echiquier

Vous pouvez consulter ses livres dans la bibliothèque 100% vélo de La Maison Vélib’EXKi ou les commander ici.

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Les derniers commentaires

Suu dit :

I agree! You have such a great eye for styling! Love your posts here & on Ikea Family westibe too 🙂 Have a great evening dear

Gérard De Smaele dit :

Bonjour à vous,
Je serai à Paris la semaine su 11 mai.
G. De Smaele
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=46117

Senicourt dit :

Je suis en train de lire ce livre:un vrai régal! Je suis présidente d’une association pour la voie verte du pont du Gard et j’aimerais beaucoup que M.Razemon vienne tester à vélo l’accueil désastreux fait aux cyclistes au Pont du Gard, contre tous les intérêts économiques locaux.. l’EPCC qui gère le site a décidé unilatéralement d’interdire les cyclistes qui doivent abandonner leur monture à l’entrée du site et payer 10€ par piéton pour VOIR le Pont du Gard…Nous menons avec un collectif une lutte depuis avril 2013 pour retrouver la gratuité de la vue sur le monument romain et l’autorisation de passage de la voie verte par cette D981 désaffectée depuis 2000 .Si ce sujet peut vous intéresser je reste à votre disposition:0630009675 .
Merci pour ce « pouvoir de la pédale »que nous aimerions exercer y compris au Pont du Gard!

Mathieu_exCO dit :

Bonjour,

Merci pour ce nouvel article consacré au vélo !

Une petite coquille s’y est glissée : « A Montréal on est sur un coût d’une centaine d’euros par mois », alors que le tarif est de 82,50$ (soit environ 60€) par an (et non par mois).

Site Officiel Vélib
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