Un vélo qui nettoie l’air pollué
mardi 10 juin

Un vélo qui nettoie l’air pollué

Marion
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Choisir le vélo c’est déjà privilégier un mode de déplacement qui ne pollue pas et ainsi contribuer à réduire la pollution en ville. Mais demain, pédaler pourrait être une manière de « purifier » l’air. C’est en tout cas le concept du APB, « Air Purifier Bike », imaginé par les taiwanais de Lightfog.

Une urgence sanitaire et économique

Le principe n’est pas farfelu quand on sait l’urgence à changer la donne. L’OCDE, Organisation de Coopération et de Développement Économiques, vient de publier le 21 mai un rapport qui pourrait contribuer à faire avancer les choses. Dans les 34 pays les plus développés et les deux grands pays émergeants que sont la Chine et l’Inde, la pollution atmosphérique est responsable de près de 3,5 millions de décès tous les ans. Des cancers, maladies cardiaques ou de problèmes respiratoires, tous liés à la pollution atmosphérique. Outre l’impact sanitaire considérable, l’OCDE chiffre les pertes économiques correspondant à ces victimes : 3 500 milliards de dollars par an !

1 700 milliards de dollars pour l’ensemble des 34 pays membres de l’OCDE (dont la France), près de 1 400 milliards de dollars rien qu’en Chine et 500 milliards de dollars en Inde. Et ces chiffres risquent d’augmenter, ajoute le rapport. Or aujourd’hui, en particulier dans les pays d’Asie où des pics de pollution monstres sont enregistrés, le cycliste, surtout s’il n’y a pas de piste cyclable, doit se placer au cœur de la circulation fleuve qui cause cette pollution… D’où l’idée de l’agence taiwanaise Lightfog d’imaginer un vélo qui serait à même de filtrer la pollution.

Le vélo qui dépollue

L’air ambiant serait aspiré au niveau du guidon de ce vélo électrique puis passerait par un filtre à particules. Premier effet bénéfique : sur la quantité de poussières et particules fines respirées, « prisonnières » du filtre. Le cadre du vélo renferme lui un réservoir d’eau et une batterie électrique qui permettent de reproduire le mécanisme de la photosynthèse : le CO2 se transforme en oxygène, libéré au niveau du cadre (partie verte). Résultat, l’air ambiant est à la fois « nettoyé » d’une partie des particules, retenues par le filtre et renvoyer vers le visage du cycliste et le vélo fonctionne comme un petit arbre qui concoure à améliorer la qualité de l’air. À noter, la batterie rechargeable permettrait au vélo de continuer à jouer ce rôle de photosynthèse même à l’arrêt.

Alors bien sûr, ce concept de vélo n’est pas une solution miracle dans laquelle il suffit d’investir pour changer les choses et « purifier » l’air d’un coup de baguette magique. Si ce concept a remporté une récompense (Red Dot Design 2013), pas de fabrication annoncée, même à moyen terme. J’ai essayé vainement de contacter les créateurs pour avoir des précisions… Il y aurait un certain nombre de points techniques à creuser il me semble.

Un effet pédagogique ?

Mais finalement ce qui me semble le plus intéressant c’est même qu’une telle idée se développe. À l’échelle de plusieurs systèmes de vélos partagés, ce type de vélo pourrait commencer à faire la différence sur la qualité de l’air en ville. D’autant que la première vertu serait pédagogique je pense : un vélo qui dépollue l’air attire l’attention de chacun sur la nécessité d’agir pour améliorer la qualité de l’air. Rien n’est plus efficace qu’un changement des comportements qui sont à l’origine de la pollution. Si ces vélos poussent chacun à faire un effort supplémentaire en faveur des modes « doux » et non polluants, et ce partout dans le monde, on pourrait voir vite la différence…

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Les derniers commentaires

Pierre Johnson dit :

Merci Marion pour cette information. On peut tout de même avoir de gros doutes sur l’intérêt de ce projet d’innovation. Cet intérêt dépend pour beaucoup du volume d’air pouvant être traité par chaque vélo, et du nombre de vélos dépollueurs pouvant être mis en circulation. Il est probable que le volume traité soit ridicule par rapport au volume de CO2 émis dans une rue, même si l’on remplaçait tous les nouveaux vélos par des vélos de ce type. La formulation « reproduire la photosynthèse » est également trompeuse : en fait il s’agit probablement d’utiliser l’énergie électrique (et non pas celle du soleil) pour casser la molécule CO2 en C+02. La principale utilité potentielle du projet peut être de protéger un peu le cycliste de la pollution urbaine. Sa qualité pédagogique : pourquoi pas ? Mais ce serait un moyen un peu cher et détourné de faire de la pédagogie. Il est évident qu’il faut avant tout combattre la pollution à sa source.

Citoyen lambda dit :

J’ai lu que le plomb dans l’essence avait été ajouté dans le seul but d’accroître la marge des pétroliers et qu’en soi, il n’aurait aucune utilité. Autrement dit, nous nous sommes pris des substances hautement toxiques depuis des décennies voire des siècles dans le seul but d’enrichir des criminels qui devraient être derrière les barreaux.

Clair dit :

Pour moi l’idée est excellente mais doit être ventilée à tous les moyens de transport et surtout les plus polueurs : les voitures, bus, camions…
Et puis c’est mieux beaucoup mieux que de ne rien faire. avis aux détracteurs…..

Martin Zimmer dit :

Quel idée au mauvais point. Pollution de l’air doit être abordée à la source, pas les symptômes. Dans les centres-villes ne doivent pas conduire des voitures qui contaminant l´air. Ne serrer les limites (plaquette en rouge, jaune, vert) et mettre la fin à zero. C´est un methode practicable pour porter le pollution en bas pour tout.

Martin Zimmer

Niclown dit :

ça donne envie de rêver !

louison dit :

l’idee de depolluer l’air n’est pas bête, mais pourquoi pas installer ce système sur les voitures, les bus aussi? ça pourrait déjà équilibrer leur degat un tout petit peu plus.?

brugnon dit :

pfffffffffffffff

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