Amsterdam pour nourrir les projets de la Maison du vélo du futur
vendredi 18 avril

Amsterdam pour nourrir les projets de la Maison du vélo du futur

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Depuis le début de l’année Vélib’ soutient un projet de l’école Boulle d’imaginer avec ses étudiants  ce que serait la Maison du vélo de demain. Nouvelle étape pour nourrir les réflexions des étudiants : un voyage à Amsterdam. Une classe d’étudiants en design d’espace de l’école supérieure d’arts appliqués Boulle (Paris 12ème) planche en effet cette année sur le projet fictif de reconversion d’une ancienne gendarmerie d’Ivry-sur-Seine en une « maison du vélo » dédiée aux cyclistes urbains. Vélib’, pour préparer l’avenir de nos villes, soutient ces créateurs de demain dans leurs projets éducatifs. Les étudiants se sont ainsi baladés dans la ville européenne probablement la plus associée à la pratique du vélo et y ont pioché des idées d’aménagement. Rencontres.

Premier constat, tous ont été impressionnés par le nombre de vélos à Amsterdam et parfois étonnés par la place, pas toujours enviable, réservée aux piétons. Ces derniers sont presque les dernières roues du carrosse estiment même certains étudiants. Au point qu’ils ont même eu le sentiment que les piétons ont moins d’espace public qui leur est dédié que celui accordé aux vélos. Pour traverser quand on est un groupe de 30, il faut s’armer de patience me racontait une étudiante !

Le vélo, roi sans partage

Côté vélo, le problème qui les a tous frappé : comment et où stoker ces vélos personnels ? Car à Amsterdam, point de Vélib’ mais des vélos individuels qu’il faut pouvoir attacher, ranger. Certains étudiants ont, suite à ce voyage, réévalué la place à réserver pour garer les vélos dans leur projet de Maison du vélo. D’autant que ce projet d’étude sur lequel ils planchent est  situé au pied de la gare RER d’Ivry-sur-Seine et du futur quartier Ivry Confluences.  Certes, leurs projets ne verront pas le jour tel quels mais ils vont nourrir les modèles de Maison du vélo dont les villes comme Paris et Ivry, partenaires de ce projet, souhaitent pouvoir s’inspirer.

Autre enseignement qui a marqué les étudiants : le système de rigoles dans les escaliers. Il permet de monter facilement son vélo en marchant à côté de sa monture, les roues callées dans ce sillon. Dans le groupe d’Astrée, Calliane, Heidi et Marine, les jeunes femmes s’amusent de n’avoir pas pensé à un système aussi simple et efficace lorsqu’elles se creusaient la tête pour savoir comment surmonter les dénivelés du projet. Elles réfléchissent par ailleurs à adapter une autre découverte du séjour : les systèmes de stockage des vélos sur deux niveaux superposés.

Les projets que les groupes d’étudiants imaginent pour la maison du vélo d’Ivry sont significatifs de leurs représentations sur les cyclistes parisiens. Car si tous ont différentes fonctions à proposer dans ce lieu, chaque groupe, en choisissant de mettre en valeur plutôt l’une que l’autre, met l’accent plutôt soit sur la sensibilisation des non-cyclistes, soit sur les services aux afficionados.

A la fois un repère de cyclistes…

Marie-Amandine, Laurence, Cécile et Thiphaine travaillent sur un projet de maison entièrement traversée et desservie par une piste cyclable. Cette pente douce accessible à tous permettrait de supprimer les escaliers existants dans le bâtiment. Leur idée : dans cette maison du vélo, on rentre avec son vélo, on se déplace en marchant à côté de lui ; on peut le garer dans la maison temporairement ou à l’extérieur dans un parking dédié. On est donc bien dans une maison de cyclistes. De même, une pente douce invite, depuis la rue, à pénétrer dans la maison par le sous-sol, ouvert sur l’espace urbain. Un accès direct est créé de la maison jusqu’au RER.

Du côté du groupe de Sabine, Mélanie, Stéphanie, Mathilde et Anne-Lise, un lien direct avec la gare est également créé et une piste cyclable devant le bâtiment ajoutée. Elles définissent toutefois plutôt leur Maison comme un lieu d’échange et de rencontre. Elles travaillent cependant beaucoup la visibilité de l’atelier de réparation, vitré pour être bien visible, et lui aussi en rez-de-chaussée.

Et un lieu de sensibilisation

L’idée d’Anaïs, Nadège, Servane et Sarah est d’ouvrir la Maison sur son environnement : elle serait traversée par une passerelle en bois permettant de relier la gare au cœur de la maison puis à la rue. Elles créeraient ainsi une sorte de « rue intérieure » traversant le bâtiment.  Il me semble qu’elles envisagent ainsi plutôt cette maison du vélo comme un vecteur de popularisation du cycle. D’un point de vue plus pratique, le voyage à Amsterdam les a incité à accroitre l’importance des stationnements. Deux parkings à vélo de part et d’autre de la Maison permettraient aux cyclistes d’attacher leurs montures. Le sous-sol serait ouvert, vitré et accueillerait l’atelier de réparation des vélos. Aux beaux jours, les cyclistes pourraient ainsi sortir les vélos sur la pelouse et les réparer dehors, invitant ainsi les curieux à rentrer. En étage, au niveau du pont qui passe derrière la maison et avec une entrée par ce pont, un espace d’exposition offrant des vues sur l’exposition du moment. En toiture, un restaurant avec vue imprenable sur Paris.

Des idées originales

Le foisonnement d’idées que cherche à créer cet exercice d’aménagement porte déjà ses fruits. Parmi les pistes originales, la création d’un bike’in. Laura, Joanna, Susie et Maialène ont ainsi imaginé de créer au niveau du pont qui passe derrière l’ancienne gendarmerie l’équivalent d’un drive’in pour les cyclistes. Ils y passeraient ou récupéreraient leurs commandes de nourriture. Elles prévoient également de créer une rampe à la fois pour les cyclistes (marchant à côté de leur vélo) et les promeneurs. Cette rampe relierait le pont, la maison puis la piste cyclable créée devant le bâtiment. Mais elles l’envisagent comme une balade qui serpente, est ponctuée de points d’observation, de vues et d’un jeu de lumières colorées pour animer le lieu la nuit.

La proposition sur laquelle travaillent Laura, Candice, Fanny et Élise exploite une autre spécificité d’Amsterdam : les jeux typographiques. Les jeunes femmes imaginent ainsi signaler leur Maison via des inscriptions, pictogrammes et symboles et des jeux en façade qui signaleraient la variété des espaces au sein de cette maison du vélo. Une idée intéressante pour inscrire cette Maison dans son environnement…

Au total, neuf groupes d’étudiants planchent sur ce projet, travaillant et affinant leurs projets. Ces quelques éléments ne rendent pas justice au fon travail d’analyse qu’ils sont en train de réaliser. En mai, ils présenteront leurs projets finalisés, avec maquettes et perspectives, devant un jury auquel on m’a fait le plaisir de m’inviter. J’ai hâte de voir le résultat, on vous racontera tout !

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http://blog.velib.paris.fr/blog/2014/02/11/imaginer-ce-que-pourrait-etre-la-maison-du-velo-de-demain

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