Imaginer ce que pourrait être la maison du vélo de demain
mardi 11 février

Imaginer ce que pourrait être la maison du vélo de demain

Marion
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Pour préparer l’avenir de nos villes, Vélib’ soutient les créateurs de demain dans leurs projets éducatifs. Une classe d’étudiants en design d’espace de l’école supérieure d’arts appliqués Boulle (Paris 12ème) va plancher toute l’année sur le projet fictif de reconversion d’une ancienne gendarmerie d’Ivry-sur-Seine en une « maison du vélo » dédiée aux cyclistes urbains.

Un bâtiment « signal » voué au vélo

 « Rue de la gare », à côté de la station du RER C et des bus qui la desservent, devant la station Vélib’ « rue de la gare », à l’articulation entre le centre-ville et le futur quartier Ivry-Confluences, ce bâtiment aux volets rouges pourrait devenir une maison du vélo d’un nouveau genre. C’est en tout cas ce que l’on attend des neuf groupes de quatre étudiants qui ont pour mission de repenser entièrement ce site. Une manière de faire émerger des idées originales et peut-être décalées qui nourriront les projets d’aménagement de maison du vélo futurs. Raison pour laquelle ce projet est  soutenu par Vélib’, la Mairie de Paris et la ville d’Ivry-sur-Seine.  Une volonté de porter une réflexion sur l’évolution de l’usage du vélo dans nos villes et d’imaginer les moyens levant les derniers freins à son usage par le plus grand nombre de citadins. A l’origine de ce projet, deux enseignantes de l’école, Sophie Rechner et Sophie Dubreuil, respectivement architecte du patrimoine et architecte d’intérieur. Toutes deux habitantes d’Ivry-sur-Seine, elles ont vu dans cette ancienne gendarmerie inexploitée un sujet de réflexion intéressant pour leurs élèves.  « Le jeu des niveaux » et les accès multiples « offrent de nombreuses possibilités » explique Sophie Rechner. On peut en effet rentrer soit par la rue de la Gare soit par l’avenue Pierre Gosnat qui passe derrière le bâtiment, au niveau de son 1er étage, juste avant de surplomber les voies de chemin de fer. Bien placé, visible et identifiable, il s’agit d’un « immeuble signal » ajoute-elle. D’ailleurs, le bâtiment « offre des vues sur tous les alentours et sur Paris » complète Sophie Dubreuil.

Un repaire pour les cyclistes urbains

Il est demandé aux étudiants de « créer un repaire pour les cyclistes urbains, sorte d’oasis où la culture dominante serait celle du vélo sous toutes ses formes » précisent les enseignantes dans le sujet. Ce lieu serait à la fois et en complémentarité dédié à ceux qui cherchent des informations et des services et aux cyclistes pour qui « faire du vélo, le réparer dans un contexte auto-géré et amical est le plus important ».

Le projet devra comporter notamment : un espace public en relation avec la nouvelle gare et y compris les petits commerces qu’on s’attend à y trouver ; des possibilités de stationnement Vélib’, un parking à vélo ; un atelier de réparation ; un lieu de vente de vélos mais aussi d’accessoires, livres et cartes, vêtements et produits dérivés ; un espace de sensibilisation et d’échange autour du vélo (troc, dons, sensibilisation et apprentissage, personnalisation des vélos, etc.) ; un espace d’information pour les cyclistes sur le monde du vélo et de consultation de la presse spécialisée ; un espace événementiel (expos, fêtes, débats, etc.), un café, une restauration (en lien avec les AMAP notamment). Il n’y aura pas de trop du rez-de-chaussée, des trois étages et combles aménageables…

Bref, à la fois un service public ouvert à tous qui pourrait intéresser la communauté vélo et Vélib’ du sud de Paris et des villes avoisinantes et un lieu de vie de quartier. Les étudiants doivent aussi réaliser un travail d’aménagement d’espace public autour du bâtiment : « aujourd’hui c’est un carrefour, à vous d’imaginer autre chose, de concevoir cet espace et sa relation avec ce qui se passe autour » lance Sophie Rechner aux étudiants.

Imaginer les services de demain

Aucune des propositions des étudiants ne verra le jour en tant que telle mais les étudiants fournissent « un foisonnement d’idées » très riche explique Sophie Rechner.  Cette ancienne gendarmerie n’est plus utilisée sauf récemment comme décor de tournage pour une série policière sensée se passer dans un hôtel de sans-papiers. Elle est l’un des terrains en devenir dans le cadre de la zone d’aménagement concerté Ivry Confluences qui donnera lieu d’ici 15 ans à un quartier de 145 hectares.

« Mais que fait-on en attendant ? Comment faire en sorte que ce bâtiment existe » interroge Gilles Montmory, chargé de l’opération Ivry confluences, qui était présent jeudi 23 janvier, lorsque les étudiants découvraient leur sujet d’étude pour la 1ère fois. « Il faut imaginer des usages, mêmes intermédiaires : un jardin sur les espaces extérieurs ? Des locaux pour des services vélo ? » demande-t-il.

Cette réflexion des étudiants est ainsi « une boîte à outils » notamment sur les services à rendre aux utilisateurs de vélo. « Le vélo prend de l’ampleur, Vélib’ a beaucoup fait évoluer les choses mais il faut se projeter sur une évolution du vélo à laquelle nous ne sommes pas préparés. Après la ville tout voiture, quelle place aux vélos ? Il faut des lieux pour les stocker, les réparer, les entretenir, les revendre » explique Gilles Montmory. Au pied du bâtiment, l’une des consignes Véligo testée par la Région pour garer son vélo (sur abonnement) ne dénombrait ce jour-là qu’un vélo. Pourtant, sur les grilles à quelques mètres, quatre vélos personnels étaient accrochés avec des cadenas. Et Gilles Montmory d’inviter les étudiants à réfléchir sur l’intermodalité des transports.

En soutenant l’école Boulle, la Mairie de Paris souhaite enrichir ses projets actuels et futurs de la vision et des idées qui émaneront des études portées par ces étudiants. « Pour la plupart des 256 000 abonnés Vélib’, utilisateurs quasi quotidiens du service, se déplacer à vélo est une nouvelle façon de vivre sa ville. C’est une pause dans la journée, une façon de décompresser tout en se déplaçant rapidement et sans contraintes. Une communauté s’est formée autour de ce mode de vie depuis plusieurs années… Vélib’ en est l’un des porte-drapeaux.

Il manque à la métropole parisienne des lieux reflétant ces nouveaux comportements citadins, permettant à tous d’échanger et de se retrouver autour de valeurs communes.  C’est par des projets de ce type que de nouvelles pistes peuvent être imaginées. Nous y travaillons pour préparer l’avenir et trouver les moyens pour convaincre le plus grands nombre d’urbain d’adopter des comportements différents notamment pour leurs déplacements » précise Wilfried Hubert, chargé de la communication de Vélib’ à la Mairie de Paris.

Les étudiants vont plancher jusqu’à la fin mai. Prochaine étape pour nourrir leurs réflexions, un voyage d’étude… à Amsterdam. Le blog Vélib’ & Moi vous fera suivre le projet jusqu’au printemps pour vous apporter les réflexions des étudiants et vous permettre de réagir. Nous vous présenterons les meilleurs projets après leur soutenance, en mai. En attendant, vous pouvez également y aller de vos propositions sur ce blog en commentaire…

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