Finies les bandes blanches ?
mardi 29 octobre

Finies les bandes blanches ?

Marion
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Peut-être avez-vous croisé des passages piétons aux looks futuristes. De nouveaux marquages au sol sont en effet testés dans Paris depuis le mois de juin. À certains carrefours en zone 30, les larges bandes blanches signalant un passage piéton sont remplacées par des pixels, des rectangles, des rayures et autres clous ou inscriptions.

Visibilité, clarté et intérêt pour les usagers de la route, vous êtes invité à donner votre avis. Objectif : mieux signaler ces zones 30 et les « zones de rencontre » pour aider chacun à les repérer… et à mieux les respecter. Explications avec Alain Boulanger, de l’Agence de la mobilité de la Division de la voirie et des déplacements.

On connaît les zones 30 mais qu’est-ce qu’une zone de rencontre ?

Alain : Dans une zone 30, les vélos peuvent circuler dans les deux sens (en effet les contre-sens cyclables y sont systématiques). Dans les zones de rencontre c’est également cas mais en plus les piétons n’ont pas de restrictions de circulation : ils peuvent marcher où ils veulent, y compris sur la chaussée et pas seulement sur les trottoirs. Dans certains quartiers il existe déjà de fait des zones de rencontre : dans le Marais notamment ou vers Saint-André-des-arts.

Pourquoi cette expérimentation de nouveaux marquages ?

Alain : Tout est parti de la volonté du Maire de lutter contre la pollution. Un des leviers à notre disposition est de réduire la vitesse maximum autorisée. Nous avons ainsi généralisé les zones trente aux abords de toutes les écoles et revu la carte des zones trente. Dans certains quartiers, deux zones trente étaient séparées par une rue à 50 km/h, une transition pas très cohérente ni évidente à repérer. Mieux valait limiter aussi la vitesse dans cette rue à 30 km/h. On a également étendu le périmètre de certaines zone 30, notamment lorsqu’elles touchaient un quartier avec des rues étroites. Puis nous avons réfléchi à utiliser un autre outil, ces « zones de rencontre ». Quand on a mis en place la plupart des zones 30, nous a mis en place des passages piétons surélevés, des carrefours surélevés. L’idée est de trouver un dispositif plus léger et efficace.

Une enquête auprès des automobilistes et des autres usagers a montré que même s’ils comprennent qu’ils rentrent dans une zone où la vitesse est limitée à 30, ils ne savent quand ils en sortent. Ils ne sont pas capables de dire qu’ils sont toujours à l’intérieur de la zone 30. Les panneaux malheureusement ne seraient pas suffisamment vus à la différence du marquage au sol. Les doubles sens cyclables notamment seraient bien identifiés et signifient clairement la zone 30. La conclusion a été que le marquage au sol a un impact plus fort sur les usagers de la route et présente un autre avantage : on peut le retrouver partout dans la zone.

Comment avez-vous choisi les 5 marquages testés et quels sont les premiers retours ?

Alain : Nous travaillons avec un bureau d’étude qui a interrogé un petit groupe de personnes représentatives des différents usagers. Il leur a été demandé comment selon eux faire comprendre que l’on pouvait marcher partout. La demande est d’avoir quelque chose qui rappelle l’espace dans lequel on est. Mais on leur a aussi demandé s’il y a avait un intérêt à conserver des passages piétons si on peut traverser partout. La réponse a été clairement oui, les passages piétons sont des guides pour le cheminement, appréciés par les personnes âgées notamment. Et puis pour les enfants, il est difficile de leur apprendre à traverser aux passages piétons et, dans une zone de rencontre, de leur dire de traverser n’ importe où. Enfin les associations de malvoyants nous ont expliqué que les passages étaient ainsi bien identifiés et que les chiens d’aveugles sont dressés pour ne pas traverser hors des passages piétons. Il y a cinq marquages testés avec des variantes pour les zones 30 et les zones de rencontre et un système de motifs de rappel ponctuels sur la chaussée.

Les marquages testés

  • Les portées : les bandes sont inversées, c’est la voiture qui traverse sur des lignes blanches. Principe : trois fois trois bandes fines en zone 30 et d’une fois 5 bandes fines en zone de rencontre.
  • Les rectangles : on efface la partie centrale de la classique bande blanche. Elle est amputée d’un tiers dans les zones 30 ; il n’en reste que les extrémités dans les zones de rencontre.
  • Les clous : un clin d’œil au petit surnom des passages piétons. Ils sont proposés soit avec de vrais clous, soit réalisés par des ronds de peinture blanche.
  • Les pixels : plutôt prévus pour les zones de rencontres, ils rappellent l’art de rue.
  • Les lettres : l’initiative vient de Strasbourg, l’inscription Zone 30 s’insère dans les bandes blanches du passage piéton classique. Ils sont exclusivement prévus pour les zones 30 et peuvent être associés à une autre famille de marquage pour les zones de rencontre.

Quelles suites ?

Alain : On ne veut pas mettre en place quelque chose qui ne soit pas réglementé. Paris n’est pas la seule à réaliser cette expérimentation ; d’autres grandes villes réfléchissent également à la question. On travaille avec la Direction de la sécurité et de la circulation routière en vue d’homologuer une solution. Peut-être que les propositions ne les convaincront pas, peut-être que plusieurs seront retenues. L’expérimentation dure jusqu’en décembre. Ce que l’on sait c’est que l’on restera sur la couleur blanche parce qu’elle permet un bon contraste visuel et parce qu’elle est plus facile et moins coûteuse d’entretien.

On recueille un maximum d’avis via le site paris.fr mais aussi en organisant d’autres groupes avec le bureau d’étude. Il y en a un bientôt avec des enfants ; on continue à recevoir les avis des associations d’handicapés. Après les signalisations testées ayant été réalisées avec une peinture qui va s’effacer peu à peu. La question est de savoir ce que l’on fait quand elles s’effacent : on retrace les bandes blanches habituelles ou on prolonge l’expérience ?

En pratique : où tester les marquages ?

Pour donner son avis : paris.fr 

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Les derniers commentaires

Dumas dit :

Dans tous les cas, l’important, ce sera de bien communiquer auprès des conducteurs qui souvent, ne connaissent même pas bien les règles de la zone 30…

Abel dit :

Contrairement à plusieurs des commentaires ci-dessous, je pense que ces expérimentations, peu coûteuses, sont utiles : changer les habitudes doit être possible, mais ne doit pas se faire à la légère. Pour avoir expérimenté plusieurs de ces marquages, il me semble que ceux qui s’éloignent trop de la rigueur qui semble nécessaire à beaucoup doivent être exclus.
Deux propositions me semblent devoir être retenues :
– l’inversion du sens des bandes (les portées), qui donnent visuellement la priorité à la traversée des voies, mais sans doute avec des bandes plus épaisses, de façon à ce que les véhicules les assimilent inconsciemment aux bandes blanches qui accompagnent les stop ;
– le marquage au sol de certaines indications : en fait, cette expérimentation a déjà été faite depuis longtemps par des marquages Ecole ou Ralentir, mais aussi sur les courses cyclistes par les supporters de certains champions. 😉

Bernard Delaunay dit :

Il est très dangereux de particulariser ainsi les passages protégés. Il convient de penser aux non-parisiens (provinciaux, banlieusards, étrangers). Le marquage actuel est uniforme en France et existe dans bien des pays étrangers, comme en Chine par exemple. Dépenser de l’argent pour « se faire plaisir » en particularisant ces marquages est un gâchis financier de plus.

Olivier dit :

Ces marquages mettent en danger la sécurité des piétons. Ils ne sont pas compréhensibles sans explications, donc pas intuitifs. Les marquages sont parfois invisibles (et à moitié effacés dans 6 mois) ou tellement étroits (cf. portées simples) qu’on ne peut même pas se croiser sur le passage protégé. Et que signifient rue Chabanais ces points en arc de cercle dans l’axe de la chaussée dont certains se trouvent sous les voitures stationnées ? Une indication de limitation de vitesse est codifiée de manière internationale par le code de la route, que dire de ces chiffres fantaisistes (invisibles dans 6 mois) sur la chaussée ? Et effectivement, aucune indication lorsqu’on sort de la zone 30. Derrière tout cela on sent venir l’arsenal de la répression et l’augmentation le nombre d’accidents de piétons dans Paris.

Roques dit :

je trouve qu’il faut des règles claires et particulièrement en matière de signalisation routière.
les propositions ne peuvent que rendre confus les passages protégés pour les piétons.
Restons aux bandes blanches bien marquées.

pascal dit :

Ok pour les 30km/h près des écoles ,zones d’activité.Dans ce cas le marquage (modifié) doit être sytématique et clair pour la sécurité.L’idée de prolonger ces zones pour le pb de confusion??! Alors pq ne pas étendre cela juqu’au périph compris et rocades?!!…Enfin les cyclistes ne doivent pas servir de « ligne de front « aux voeux écolo des politiques (croisements et couloirs).Mais bravo pour le « Tourne à droite »-

Tillequin dit :

Il me semble plus pertinent de garder un seul marquage « classique » (les rectangles blancs) pour tous les types de passages piétons, parce qu’ils sont plus facilement reconnaissables par tous, en particulier les enfants, personnes agées et personnes « non parisiennes » (provinciaux et étrangers notamment). Mieux vaut revoir la délimitation des « zones de rencontres » plutôt que multiplier les indications pour des parisiens déjà quelque peu déroutés…

PATRICK dit :

ON FERAIT BIEN D ENTRETENIR REGULIEREMENT LES MARQUAGE AUX SOL EXISTANT(COULOIRE DE BUS LIGNE BLANCHE MANQUE DE CREDIT PEUT ETRE. SI L ON VEUX PARLER SECURITE.

Gérard Simonet dit :

L’impression dominante est une grande confusion; Les choses étaient bien telles qu’elles sont. Que d’argent jeté par les fenêtres ! Quand le pouvoir d’achat des ménages est en baisse.
Une pratique en tout cas est inacceptable : des affiches un peu partout dont on dirait qu’elles sont sauvages s’il s’agissait d’autre chose. La mairie donne le mauvais exemple.

Sandrine dit :

Bravo Thierry c’est tellement vrai
on aime quand même gaspiller de l’argent pour des choses qui semblent vraiment peu importantes.
tout le monde connaît et comprend les bandes blanches, pourquoi les changer.
en plus, en voiture, ça ne se comprend pas du tout

Olivier dit :

L’experimentation pour mieux preciser les zones 30, parfait, rien à redire. Mais avoir remplacer sur les pavés des Abbesses, le marquage au sol par des clous (invisibles le soir et par temps humide) ne me paraît pas la meilleure des idées.

Gaya dit :

Il est impératif que les marquages soient compréhensibles immédiatement (ex des contre-sens cyclables, personne n’a eu besoin de nous expliquer ce que cela voulait dire) (et contre-exemple : je roule en vélo dans Paris tout le temps… et je n’ai jamais fait le lien entre les contre-sens cyclables et les zones 30). Ce qui ne semble pas le cas du tout pour les marquages illustrés dans l’article, sauf les « zones 30 à l’intérieur des passages piétons.

Thierry dit :

Quel formidable gaspillage d’énergie et d’argent, en travaux et en études, pour quelque chose de fondamentalement inutile… Comme si les traditionnelles bandes blanches posaient un quelconque problème, et qu’il n’y ait rien de plus urgent, par les temps qui courent, de les remplacer à grands frais par ces marquages saugrenus qui n’apportent aucune valeur ajoutée… Quelle est la prochaine étape ? Modification de tous les feux tricolores à Paris, parce que le rouge et le vert c’est dépassé, et le prune et le beige c’est plus tendance ?…

Michel dit :

Bravo de partager la décision (sécurité routière, autres grandes villes, commentaires, …) et d’expérimenter.
Merci de ne pas oublier de vous inspirer des expérimentations et réglementations à l’étranger car Paris accueille de nombreux touristes qui vont devoir aussi « comprendre » ces balisages.
Attention aussi aux symboles trop ésotériques (points, pointillés, petits et grands traits…); les symboles du type « vélo+flêche », « 30 » sont plus intuitifs et internationaux.

Site Officiel Vélib
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