Visite des coulisses de Vélib’
jeudi 26 septembre

Visite des coulisses de Vélib’

Marion
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Plusieurs de vos représentants ont visité les coulisses de Vélib’ à Cachan (92) ce jeudi 19 septembre. Régulation, réparations, organisation des tournées, matériels mis à nus, une matinée n’était pas de trop pour découvrir le cœur du système d’exploitation de JC Decaux. Stéphanie, Christina, Anne-Marie, Daniel, Vincent et Laurent ont été guidés par Antoine Gey, directeur d’exploitation Vélib’ à qui ils ont pu poser toute une (première) série de questions. Jean-René Cessinas, de la Direction de la Voirie et des Déplacements de la Mairie de Paris était également présent.

Antoine a présenté le travail de supervision et notamment le système Kiwi créé par JC Decaux pour gérer en temps réel tous les Vélibs’ et leurs cousins exploités par JC Decaux, en France et à l’étranger. Il a expliqué le travail d’analyse des différents indicateurs journaliers pour adapter les tournées des agents régulateurs. Ceux-ci sont équipés de tablettes pour être encore plus réactifs en fonction de la réalité du secteur dont ils ont la charge. Le principal outil est ainsi la cartographie en temps réel de l’état des stations : à l’équilibre, trop pleines de vélo ou trop vides ou encore déconnectées ou en travaux.

Ce jour-là, les stations déconnectées sont plus nombreuses que d’habitude (14) : une panne EDF impacte l’un des deux réseaux de téléphonie qui permet de communiquer en GPRS avec les stations. Le maillage d’une station sur deux équipée par l’un ou l’autre des opérateurs permet de limiter ce type de désagrément que les parisiens expérimentent aussi de temps en temps avec leurs portables…  Seul moyen pour y pallier, avoir un système de basculement automatique d’un opérateur sur l’autre. Il faudrait par contre changer d’opérateur, Bouygues et SFR ne proposant pas cette option.

La discussion autour des questions de raccrochage nous a permis d’apprendre que, depuis peu, le nombre d’anomalies a été fortement réduit. Lorsque l’on raccroche son vélo, il doit être reconnu et son retour enregistré. Or parfois, sans que l’on comprenne pourquoi, le dialogue ne s’établissait pas et le voyant restait rouge… Si l’usager n’arrivait pas à réenclencher le vélo pour le faire passer au vert, un agent devait passer régler le problème. Une adaptation logicielle oblige désormais à des relectures cycliques : le fait est que le taux d’anomalies a chuté. Et que les agents de terrains ont d’autant plus de temps pour faire autre chose, de la réparation ou de la régulation…

En attendant la rencontre avec un agent, prévue par la suite, le débat a alors dérivé sur la question de la récupération des vélos abandonnés, volés ou « privatisés ». Laurent a demandé combien de vélos étaient retrouvés. Réponses : 85% des vélos, le nombre variant selon l’importance des vols. Ces deux dernières années, les effectifs des équipes dédiées à la « ramasse »  ou plutôt à « la chasse » à ces vélos ont été doublés. C’est un vrai problème pour Decaux qui doit remplacer les vélos pour maintenir le nombre de montures en circulation et ne veut surtout pas que des vélos dégradés se multiplient dans les rues. D’expérience, cela aggrave la situation, certaines personnes se sentant alors plus « autorisés » à négliger les vélos.

Vincent a interrogé Antoine sur l’utilité de signaler les vélos, plusieurs usagers ayant l’impression que leurs messages ne sont pas suivis d’effets. Au contraire insiste Antoine, 100% des signalements sont traités par les équipes. Via Allo Vélib’, Twitter et les signalements internes, une centaine de vélos sont retrouvés chaque semaine. Antoine a expliqué qu’ils réfléchissaient à une manière, probablement par mail ou via Twitter, d’organiser un retour systématique aux usagers qui ont fait l’effort de signaler un vélo suspect. Car le vélo signalé n’est pas toujours retrouvé : soit parce qu’il est dans un lieu auquel les agents ne peuvent accéder soit parce qu’il a été déplacé entre temps (le voleur s’en sert pendant la journée). Ces derniers temps, des équipes de nuit ont d’ailleurs réalisé des tournées complémentaires. A noter, aucun vélo n’est jeté. Quel que soit son état, toutes les pièces récupérables sont réutilisées.

Du côté des ateliers de réparation, vos représentants ont découvert le travail des mécanos de Vélib’.  Chacun inspecte son vélo, vérifie les points de sécurité comme d’esthétique avant que le Vélib’ puisse repartir sur le terrain. Laurent a demandé pour quelles raisons un vélo était rapatrié en atelier et non réparé sur place. En fait, dès qu’un démontage est nécessaire : changer une roue, réparer les freins ou un problème de fourche par exemple. Combien de vélos réparés en atelier ? 50 000 par an !

Les améliorations apportées au vélo au fur et à mesure des petits problèmes constatés ont été passées en revue de même que les changements en cours. Au fur et à mesure des retours atelier,  les colliers de selle vont ainsi être changés (pas de système à crans qui créerait des problèmes de jeux avec le temps).  Les roues Shimano sont désormais équipées d’un système de « roller brake » qui améliore l’endurance du système de freinage en limitant l’échauffement (une histoire d’ailettes de refroidissement que je ne saurais expliquer plus précisément). Les pneus sont les plus résistants du marché et de nouvelles chambres à air sont testées en toute petite série. A vide, elles semblent déjà gonflées ! Les équipements de sécurité sont l’objet d’attentions particulières… Nous avons ainsi appris qu’un système de condensation lié à la dynamo permet que l’éclairage à l’arrière du vélo reste opérationnel tout le temps d’un feu rouge. La nuit, un vélo standard n’est donc pas aussi visible qu’un Vélib’.

C’est ensuite avec le travail sur le terrain que vos représentants ont pu se familiariser.  Vous avez certainement déjà croisé l’un des 30 camions Vélib’. En 2010, l’organisation a été revue : des équipes polyvalentes de 3 agents capables d’intervenir sur les vélos comme sur les bornes quadrillent Paris. Deux agents partent à vélo avec leurs outils, le troisième restant avec le camion où les pièces les plus lourdes et encombrantes sont stockées. Un agent est responsable d’un secteur précis et doit passer au moins un jour sur deux à chacune des stations dont il a la charge. Si remettre une chaine ne prend à ces pros que deux ou trois minutes, le réglage de sa tension est plus long. Daniel a demandé si signaler un problème en retournant la selle était utile aussi aux réparateurs et pas seulement aux autres usagers. La réponse est positive : l’agent cherchera le défaut qu’un contrôle standard ne peut pas détecter, sauf à prendre le temps de rouler.  Un problème de réglage au niveau du changement de vitesses par exemple.

Côté régulation, les remorques ont été l’occasion de discuter des possibilités et limites actuelles de la régulation. Développées pour Decaux, les 26 remorques permettent de charger en moyenne chacune une centaine de vélos par jour pour les placer là où il y en a le plus besoin et  ce 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Il y a toujours une douzaine d’agents qui travaillent. Les bus ont été abandonnés : moins maniables dans Paris ils permettaient finalement de réguler moins de vélos par jour. Si la question des effectifs est légitime, le système a des limites. La remorque roule à peu près à 17 km/h… soit la vitesse moyenne d’un vélo. Or une partie au moins du problème est structurelle : les trajets ne se compensent pas suffisamment par rapport à d’autres villes. Parce qu’il y a des côtes à gravir et qu’on préfère les descendre ; parce que Vélib’ est plus utilisé pour aller travailler (les fameuses migrations pendulaires domicile-travail) et aussi parce qu’il y a plus de trajets le matin que le soir (flemme du soir ?). Les habitués du 20ème arrondissement se sentent laissés pour compte par la régulation or un vélo sur six régulé l’est dans cet arrondissement.

Comme vos précédents représentants, cette question de la régulation mais aussi celle du système des bonus V+ pour les grimpeurs, celle des dégradations ou encore les idées d’améliorations à imaginer sur le vélo ont particulièrement suscité le débat. Et cette visite, première plongée au cœur du système Vélib’, devrait alimenter leurs réflexions. Une réunion de travail se profile déjà…

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Les derniers commentaires

very dit :

Intéressant article ! Manque de vélos dans le 20em arrondissement, ce qui fait qu’on ne profite pas de l’abonnement qu’on a payé. Il est temps de penser à des sanctions sévères à l’égard de ceux qui vandalisent . Le laxisme ne mène à rien! Vélib’ ne peut-il demander à la Préfecture de police d’intervenir REELLEMENT pour verbaliser systématiquement les motos qui empruntent les couloirs réservés et les voitures qui y stationnent. Il est évident que rien, ou presque, n’est fait pour lutter contre ce fléau qui nuit beaucoup au développement de vélib’.

very dit :

Intéressant article ! Manque de vélos dans le 20em arrondissement, ce qui fait qu’on ne profite pas de l’abonnement qu’on a payé. Il est temps de penser à des sanctions sévères à l’égard de ceux qui vandalisent . Le laxisme ne mène à rien! Vélib’ ne peut-il demander à la Préfecture de police d’intervenir REELLEMENT pour verbaliser systématiquement les 2 motos qui empruntent les couloirs réservés et les voitures qui y stationnent. Il estr assez évident que rien, ou pr

Emmanuelle -ex co dit :

Je me retrouve dans les commentaires de Fabrice et Christian sur la situation dégradée du service. Beaucoup trop de stations avec des vélos non utilisables, des problèmes de régulation en plus du soucis de dégradation et de vandalisme de bandes qui mettent en péril le service. Cette situation est bien inquiétante
Juste une remarque, il me semblerait judicieux de mettre en place un numéro pour envoyer des SMS pour le signalement des vélos abandonnés ou volés. Le formulaire en ligne ne marche pas toujours, appeler allo velib système un peu trop long (passer toutes les étapes) et cela signifie également avoir de quoi noter le numéro, l’adresse précise si on ne veut pas rester devant le vélo…
Un sms c’est quasiment gratuit dans tous les forfaits, l’appli tous les téléphones ne sont pas équipés, on n’a pas toujours le réseau et personnellement je trouve que cela consomme trop de batterie donc je ne les utilise que quand je n’ai pas le choix
le sms c’est simple pas besoin de faire une programmation

Fabrice dit :

Je suis 100% d’accord avec Christian. Abonné à Velib depuis presque 6 ans j’hésite à le renouveler et pourtant je l’utilise tous les jours matin et soir pour aller travailler. Ce service est génial mais malheureusement il se dégrade depuis quelques temps. Victime de l’incivisme de la population et d’une gestion opérationnelle « en roues libres » Velib coure à sa perte. Cela fait au moins 2 ans que je ne vois pas de vélos supplémentaires, trop de stations sont vides ou saturées aux heures de pointe (et c’est pire dès les beaux jours). L’appli iPhone, elle aussi géniale dans son principe, est trop souvent en mode bug. Il est sérieusement temps d’arrêter l’autosatisfaction et la promotion de Velib pour se mettre à régler les vrais problèmes. Il manque aussi la possibilité aux utilisateurs de faire remonter de l’info en temps réel. Tweeter est un bon outil pour « faire le beau » mais inefficace d’un point de vue opérationnel. Faites plutôt évoluer l’appli iPhone pour que les utilisateurs puissent signaler immédiatement un problème sur un vélo, une station ou autre. Ce dialogue opérationnel avec la communauté d’utilisateurs est indispensable à l’avenir de Velib, nous voulons tous voir son succès perdurer.

Christian dit :

Abonné à Vélib’ depuis 6 ans je crois avoir connu toutes sortes d’avatars avec les vélos utilisés. Le vandalisme gangrène notre société c’est un fait à déplorer. Vélib’, système génial en soi auquel j’ai adhéré rapidement, en est une des cibles privilégiées. 50.000 vélos réparés par an alors qu’il n’y en a moins de 20.000 en circulation c’est hallucinant ! Utilisateur régulier, je constate depuis quelque temps qu’il y a de moins en moins de vélos disponibles, de plus en plus de stations vides (ou à l’inverse carrément pleines), avec de plus en plus de vélos inutilisables accrochés aux bornes, des vélos réparés à la va-vite et remis en circulation, etc..etc…la liste est trop longue ! Une chose est certaine c’est que le service s’est nettement dégradé depuis quelques mois (on retrouve une situation semblable à celle que l’on avait connue lorsque Decaux voulait renégocier son contrat avec la ville). Alors tous ces articles qui voudraient nous faire croire à l’existence du Père Noël ne sont-ils pas un peu vains ? Si soi-disant la rotation est bien gérée alors comment expliquer le fait de devoir marcher 45 minutes vers 23h en semaine entre Champs-Elysées et Quartier Latin avant de trouver 1 seul vélib’ utilisable sur 6 à 7 stations visitées vides ou avec des vélos inutilisables ? Une aventure vécue. Il y a vraiment un problème de fond que Decaux et la ville n’arrivent pas à résoudre malgré tous leurs efforts. J’espère que cette situation va s’améliorer dans les meilleurs délais, mais svp arrêtez de prendre tous les utilisateurs pour des naïfs…même s’il y en a quelques uns !

mirabelle dit :

et comme a dit anonyme, ça serait chouette qu’à cachan on ait aussi des stations de vélib…

mirabelle dit :

mais non
cachan
ça n’est pas dans le 92
c’est dans le 94

Elsa dit :

Dommage que Vélib’ ne récompense pas les meilleurs « grimpeurs », par un abonnement moins cher (même si l’abonnement annuel est quasi donné), plutôt que des bonus. Je suis personnellement à 600 minutes de bonus mais je les cumule car je roule rarement plus d’une demi-heure d’affilée… même en montée !

Guerin dit :

Merci, c’est très intéressant, je râlerais moins quand je ne trouverais pas de vélo le soir pour rentrer du boulot : tout système a ses limites !

Robin dit :

Je prends souvent un vélib le matin vers 5h15, départ Pte de Bagnolet pour rejoindre Maisons Alfort. Je suis contraint de m’arrêter à Saint Mandé car les stations sur Charenton et Saint Maurice sont  » toujours  » pleines à raz bord.
Pourquoi sur ces stations ne pas réserver quelques places pour ceux qui  » sortent  » de Paris ?

Mathieu_exCO dit :

@Wolfgang LUND
C’est la méthode qu’ont trouvé la mairie et JCDecaux pour lutter contre le vandalisme. Plus de vélos, plus de vandalisme, il fallait y penser. Et les usagers alors ? Ah oui tiens…

@Claude BOEUFS
Le comité des usagers précédent avait fait cette proposition dès 2010, il n’y a pas été donné suite

@Patrick
La mairie et JCDecaux ne répondent jamais sur le blog, et suppriment même parfois des commentaires plutôt que d’y répondre.

Patrick dit :

Je travaille Pte des Lilas de l’autre côté du périph, et 99 fois sur 100, il n’y a pas de vélib sur au moins une dizaine de station en fin de journée… C’est abusé !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! :-( :-( Heureusement que l’abonnement est peu cher, mais, ce n’est pas une raison !!!!!!!!!!

Patrick dit :

Y a t il des réponses aux questions posées !!!!????

Claude BOEUFS dit :

Je souhaite depuis des années que Decaux demande à la Ville de Paris qu’il pose sur les révebêres ou panneaux de signalisation un panneau nous signalant qu’à droite ou à gauche se trouve une station Velib, car lorsque nous sommes à la recherche d’une station notre attention n’est plus à faire du Velib, et cela devient dangereux par ce manque d’attention.
J’espère que ma remarque sera…un jour prise en compte.
CB

Wolfgang LUND dit :

Pourquoi certaines stations sont elles bloquées, verrouillées pendant des semaines (notamment la grande station se trouvant entre les stations métro aérien Glacière et Corvisart) ? Ça fait maintenant 3 semaines qu’elle est complètement vide et verrouillée…

Anne dit :

c’est vrai que c’est quand même rageant qu’à Cachan il y ait un centre mais as de vélib pour les habitants

alors , problème municipal ? (les élections arrivent, c’est le moment de demander …) , communauté de communes ? problème de Decaux ….?

allez faites un effort …

oui Cachan est bien dans le 94 ….

nous dans le 92, au lieu des vélib, on nous a imposé des Autolib, c’est TRES cher à louer et ça prend 4 fois plus de places de parking …
j’aurai vraiment préféré des vélo !!!!!

DAVID FORTUNE dit :

Bonjour,

serait-il possible de visiter l’une de ces plateformes?

ELISABETH - EX COMITE dit :

« C’est un vrai problème pour Decaux qui doit remplacer les vélos pour maintenir le nombre de montures en circulation et ne veut surtout pas que des vélos dégradés se multiplient dans les rues. » C’est une blague? Les vélos ne sont pas remplacés (14000 en circulation, alors que le contrat en prévoit 24000) et pour trouver des vélib qui traînent depuis des semaines, n’hésitez pas à aller faire un tour dans les 18e, 19e et 20e, entre autres !

ConcordeAF dit :

« Nous avons ainsi appris qu’un système de condensation lié à la dynamo permet que l’éclairage à l’arrière du vélo reste opérationnel tout le temps d’un feu rouge. La nuit, un vélo standard n’est donc pas aussi visible qu’un Vélib’. »

Condensateur ! Pas condensation !

De plus, un vélo standard disposant d’un éclairage fonctionnel est largement plus visible qu’un Velib’ dont le condensateur se décharge parfois en 10 secondes au feu rouge (voir ne fonctionne qu’en pédalant à cause du condo HS et trop usé).

Sinon, pourquoi ne pas commencer une transition vers des camions électriques pour la régulation ?

L’autonomie atteinte aujourd’hui par ces derniers est d’environ 130 kilomètres en moyenne.

Ça devrait largement suffire et entrerait plus dans une logique de rejets polluants en moins (cf documentaire passé récemment sur FR2 à propos du Diesel).

anonyme dit :

Cachan est dans le 94 et c’est dommage, on a un des ateliers de réparation, mais pas de station !!!

Site Officiel Vélib
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