Plus de 80 ans et toujours à Vélib’ !
mercredi 31 juillet

Plus de 80 ans et toujours à Vélib’ !

Rachel
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Vous êtes près de 250 au-dessus de 75 ans à être abonnés à Vélib’. Quand on sait que l’espérance de vie des Français est d’environ 81 ans, et qu’à 87 ans, ces passionnés pédalent encore, il y a de quoi se poser des questions ! Mais ce n’est pas un hasard si ces férus de la bicyclette vivent plus longtemps et en bonne santé. 

Selon une étude de l’institut de recherche médicale et d’épidémiologie du sport (IRMES), il apparaît que les cyclistes ont une espérance de vie supérieure à la moyenne. Un cycliste adepte de la vitesse à vélo gagnerait ainsi 3.9 années d’espérance de vie. Bon pour le cœur, la pratique régulière du vélo diminue le risque de maladies cardio-vasculaires et pulmonaires. Elle aurait également des effets positifs sur le cerveau en stimulant la matière grise et réduirait le risque de cancer du colon. Elle est pas belle la vie à Vélib’ ?

Ces doyens du Vélib’ en sont la preuve vivante : santé de fer, mollets d’acier, poumon de compèt’. Ils paraissent indestructibles. Nos aïeux, qui se servaient de la bicyclette comme unique moyen de transport pendant la guerre sont aujourd’hui connectés au monde via Internet, répondent aux mails ou s’informent sur l’actualité. Je suis partie à la rencontre de 4 papies et mamies 2.0, amis du Vélib’ et en pleine santé. Prenez-en de la graine !

Pierre, 87 ans. « J’approuve à 100% le nouveau visage de Paris »

Je suis bluffée quand je rencontre Pierre pour la première fois. Avoir 87 ans et pédaler encore me paraît… improbable. Lui et sa femme m’accueillent dans leur bel appartement du quartier de Bel-Air dans le 12e arrondissement. Il y a 4 ans, il se lance dans l’aventure Vélib’ grâce à sa fille qui lui en vante les vertus. Mais il est déjà fort d’une grande expérience puisqu’il se déplaçait uniquement à bicyclette pendant la guerre. « La bicyclette m’était déjà très familière, il n’y avait aucune peur, souligne-t-il. Quand ma femme eut un problème de mémoire j’ai du m’impliquer d’avantage dans la gestion du foyer. La bicyclette était pour moi un gain de temps et une économie de fatigue ».

Tous les jours, Pierre enfourche son Vélib’ pour faire ses courses, mais c’est d’avantage un moyen de déplacement que de pur plaisir : « Ce matin j’ai fait 2 ou 3km dans le quartier et je fais ça tous les jours. » Il apprécie tout particulièrement les fonctionnalités de la bicyclette mais aussi l’aménagement de l’espace urbain : « les propriétés du Vélib’ sont adaptées à mon cas, les rapports de vitesse, le réglage de la selle. Dans les couloirs réservés, je me sens très en sécurité et j’ai trois stations de Vélib à proximité ».

Pierre est particulièrement reconnaissant envers la politique de la Mairie de Paris, qui rééquilibre l’espace public et donne davantage de place aux piétons et aux bicyclettes : « Je l’approuve à 100% », insiste-t-il, puis de rajouter, « faut pas oublier que dans Vélib’ il y a Liberté ! Et c’est une plus grande liberté qui est donnée à des gens comme nous. »

Claude, 84 ans. « Le Vélib’ facilite les liaisons »

Un des plus grands souvenirs de Claude lié au vélo remonte à la Libération de Paris en 1944. Plein de nostalgie, il me raconte une petite anecdote. « J’habitais dans l’ouest de Paris, et quand l’insurrection a éclaté, l’ouest était tranquille. L’insurrection avait lieu autour de la préfecture de police de Notre-Dame et comme j’entendais du bruit, je descendais le cours la reine en vélo pour voir ce qu’il se passait. Une fois, j’ai traversé le pont de la Concorde et il y avait une voiture de soldat allemand qui est passé sur le pont. Un homme avait son révolver pointé sur les gens pour les mettre en garde. J’ai eu très peur, je me suis allongé sur le pont en attendant qu’ils partent. Je faisais toujours des va-et-vient pour voir ce qu’il se passait rive-gauche et au centre de Paris. »

Depuis cette époque, Claude n’a jamais abandonné ce moyen de transport. Après des dizaines de vélos achetés puis volés, il se met au Vélib’. « Quand j’achetais un vélo un moment ou à un autre je me le faisais voler. La durée du vélo c’était moins d’un an ! Avec le Vélib’, je n’ai plus à m’en préoccuper. »

Si Claude est un grand usager du Vélib’, le vélo n’a pas toujours été une partie de plaisir. « A l’école, je devais faire 5 km à vélo, l’hiver ce n’était pas simple. On était presque obligé de s’arrêter pour se réchauffer les pieds. » Mais aujourd’hui, Claude habite en périphérie de Paris à Ivry-sur-Seine, et si le métro n’est pas loin, le Vélib’ le rapproche du centre de la capitale. C’est un véritable instrument de rapprochement ! « Pour quelqu’un qui habite en banlieue, ça facilite énormément les liaisons. Si j’ai des courses à faire, je vais souvent jusqu’à la station de métro ou de tram à Vélib’, c’est plus rapide. Pour moi le centre de Paris est à 15min d’ici, à Vélib’».

Sidney, 82 ans. « Je n’aurais jamais refait de vélo s’il n’y avait pas Vélib' »

Sidney, réalisateur de court-métrage à la retraite, obtient son premier tricycle à 3 ans. Il grandit dans les Pyrénées, dans les collines et pendant la guerre, lui aussi fait ses trajets à vélo. A 19 ans, il débarque à Paris et continue de pédaler pour aller à la Fac de philosophie. Il se souvient même avoir réalisé plus de 200 km à bicyclette de Pau à Bordeaux avec un ami, une prouesse de nos jours ! Puis femme et enfants arrivent, le poussant à abandonner la petite reine. « Je n’avais pas de raisons de faire de la bicyclette, puisque je n’avais pas de maison de campagne et avoir un vélo à Paris n’était pas forcément simple ». Mais quand Vélib’ débarque, Sidney accroche tout de suite.

Aujourd’hui, il enfourche son Vélib’ 4 à 5 fois par semaine, à la fois pour se déplacer et se dépenser mais aussi pour se distraire. « Parfois je m’amuse à faire le tour du bois de Vincennes. Je fais beaucoup de marche, du coup ça me change un peu. Ca va plus vite ! ». Pour lui, le Vélib’ signifie « ne pas avoir à descendre les marches du métro, ne pas prendre l’autobus » et il apprécie particulièrement le plaisir physique : « l’exercice avec les jambes, l’air qu’on ressent sur la figure, le fait d’avancer dans la rue » décrit-il.

Pour être sûr de péter la forme Sidney s’adonne à un test personnel : monter la rue St Jacques. Entre boulevard St Germain et la rue Sifflot ou la rue LePic à Montmartre, il analyse sa capacité à l’effort pour être sûr de ne pas avoir de soucis de santé.

Gisèle, 81 ans. « Le Vélib’ est un excellent moyen de flâner dans les belles rues de Paris »

Gisèle fait partie des 10% de femmes au-dessus de 75 ans à faire du Vélib’. Quand elle m’accueille dans son atelier d’artiste peintre du chic quartier de la Tour Eiffel, je suis épatée par son physique mince, ses cheveux châtain, son allure pimpante. Qui aurait cru qu’à 81 ans, on pouvait avoir autant la pêche ?

Son secret jeunesse ? Elle pratique le vélo régulièrement, fait de la natation et a toujours eu un mode de vie particulièrement équilibré. « Mon mari me dit que je suis débordante d’énergie. Et c’est vrai, je déborde d’activités ! Depuis toujours j’ai une alimentation très saine, je mange beaucoup de légumes, de fruits et j’évite les graisses » explique-t-elle.

Quand réparer et entretenir son biclou devient plus compliqué elle se lance dans l’aventure Vélib’. Pour elle, plus qu’un moyen de déplacement, c’est surtout un merveilleux outil pour se balader dans Paris, au bois de Boulogne ou au Champs de Mars. Le Vélib’ représente pour elle la liberté : « le Vélib’ on en fait seul, à l’heure que l’on veut, aussi longtemps qu’on le souhaite ».  Se faire plaisir, tout en gardant la forme, c’est le crédo de Gisèle.

Chers amis du Vélib’ et du vélo, vous avez désormais la preuve vivante que si vous continuez comme ça, une longue vie en pleine santé vous attend !

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Les derniers commentaires

Anne dit :

moi je dis bravo au plus de 80 ans de faire du vélib…. c’est vrai que le vélo s’il est pratiqué de façon raisonnable prolonge l’espérance de vie, ça solidifie les os également , limite les accident cardio vasculaires, les maladies, mais cela ne dois pas non plus vous empêcher d’aller chez le médecin faire un petit contrôle de temps en temps …

encore plus bravo à eux car le vélib est un sacré challenge à faire partir … c’est lourd et à 80 ans, chapeau … !
contrairement à la petite photo qui trône en haut de cet article, c’est loin, très loin d’être un vélo de course ….

mais le concept est super même si dans la pratique, ça n’est pas à la hauteur des espérances….

en plus le vélo rend heureux, ça donne le sourire … j’ai fait la route en vélib avec un chinois, on a discuté … ça n’arriverait jamais en voiture … les scooter nous renseignent aux feux rouges quand on cherche notre chemin, bref, sauf tomber sur des types qui ont le melon , c’est plutôt sympa …

le vélib a fortement contribué à la pratique du vélo personnel à Paris, c’est indéniable ….

Et ils n’ont pas le sourire nos ainés ?

Dussaud Anne dit :

J’ai enfourché pour la première fois un Vélib le 15 juillet 2007, le jour de leur première sortie, et j’en suis fière! Je ne me déplace que comme ça, j’ai quasiment abandonné mon propre vélo et c’est vraiment le bonheur pour moi.
J’ai 74 ans figurez-vous!

Site Officiel Vélib
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