Vélib’ vandalisés, comment lutter contre le phénomène ?
mercredi 17 juillet

Vélib’ vandalisés, comment lutter contre le phénomène ?

Marion
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Le vandalisme et les dégradations que subissent les Vélib’ sont un sujet récurrent sur ce blog et pour tous les amoureux de ce service. J’ai interrogé Julien Bargeton, adjoint au Maire de Paris chargé des déplacements, des transports et de l’espace public et Stéphane Thiébaut, chef de la division des déplacements en libre-service (Vélib’ et Autolib’) à la Direction parisienne de la voirie et des déplacements, sur les actions entreprises pour lutter contre ce phénomène.

Vélib’ a souffert de vandalisme par vagues, au grand désespoir des usagers, sait-on qui sont ces vandales et que peut faire la Ville ?

Julien Bargeton : Les usagers sont les premières victimes de ces actes de vandalisme et de dégradation de bien public. Les fermetures de stations nécessaires à la réparation ou à leur neutralisation pénalisent les usagers qui sont contraints de se reporter vers un autre mode de transport alors même que Vélib’ a permis à de nombreux Parisiens et Franciliens d’adopter le vélo au quotidien.

Nous renforçons l’information aux bornes et sur le site internet de Vélib’ en y faisant mention de la date de réouverture des stations afin de permettre à chaque usager de pouvoir anticiper ses choix de déplacements.

Un travail est également mené avec la Préfecture de Police afin d’identifier les stations les plus problématiques et d’étudier le déploiement de solutions adéquates comme la surveillance par caméra. Nous essayons aussi, en lien avec la Préfecture de Police, de mener des actions de communication et de sensibilisation, dans les écoles notamment, pour que chacun prenne conscience de ce que représentent les actes de vandalisme d’une minorité d’individus sur le fonctionnement d’un service public utilisé par tous.

Enfin le dispositif de réparation pénale issue d’une convention entre le parquet de Paris, la protection judiciaire de la jeunesse, la Mairie et JCDecaux a été mis en place en janvier dernier afin de sanctionner les auteurs de ces actes (mineurs de 16 à 18 ans) par une mesure éducative en centre de réparation.

Stéphane Thiébaut : Peu après son lancement, Vélib’ a malheureusement été confronté au vol et au vandalisme. Ce phénomène a surpris par son ampleur On distingue trois vagues :

1. La première entre 2007 et 2009 comprenant du vol adossé à des actes relevant de l’extrême négligence jusqu’à la dégradation volontaire du matériel. Le point culminant a été l’année 2009 avec 11 800 vélos volés ou vandalisés. À l’époque,  le phénomène était généralisé sur le territoire Vélib’.

2. La seconde période couvre les années 2010 et 2011 avec une nette amélioration de la situation. Les usagers l’ont d’ailleurs constatée sur le blog.

3. Enfin, les années 2012 et 2013 marquent le retour à un très haut niveau du vol et du vandalisme. Mais contrairement aux années antérieures, le phénomène est très concentré sur le nord-est Parisien et les communes avoisinantes (une cinquantaine de stations est concernée au quotidien).

Pour 2012, 9 000 vélos volés ou vandalisés ont été comptabilisés. Rappelons qu’un vélo coûte plus de 600 euros. La saisonnalité est également une caractéristique importante de ce problème : le nombre d’actes délictueux augmente pendant les vacances scolaires. Les interpellations effectuées par les services de police, en cas de flagrant-délit, montrent que des mineurs s’avèrent être les principaux auteurs de ces actes. Ce qui complique aussi la réponse judiciaire.

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Quelles sont les conséquences pour le service ?

Julien Bargeton : Tout d’abord, c’est l’impossibilité pour de nombreux usagers de prendre ou de déposer un Vélib’ à une station. Ces actes de vandalisme se concentrant dans le nord-est parisien, certains quartiers des 18e et 19e  arrondissements et communes riverains ne sont plus desservis par Vélib’ pendant plusieurs jours.

Cela peut avoir pour conséquence de décourager de nombreux fidèles du service, lassés de ne pouvoir profiter du service à proximité de leur lieu d’habitation ou de travail. Nous sommes très attentifs à ce que le service puisse être le même pour l’ensemble des usagers, néanmoins des fermetures temporaires des stations sont parfois requises pour se prémunir de nouveaux actes de vandalisme. La durée de ces fermetures est de 1 semaine à 1 mois, et en parallèle le commissariat est sollicité pour accompagner la réouverture.

Il y a une autre conséquence majeure qui est d’ordre économique. Le coût de réparation des Vélib’ et des stations concernées est très élevé ; cela représente autant de moyens en moins qui auraient pu être déployés dans l’innovation et l’amélioration du service dans la même année.

 

Stéphane Thiébaut : Les conséquences du vol et du vandalisme sont multiples :

1. Sur le plan contractuel, le groupe JCDecaux et la Ville de Paris ont dû définir  les ajustements nécessaires au marché Vélib’. En 2008, la Ville s’est engagée à participer aux  conséquences financières du vol et du vandalisme. En 2009, elle a revu à la hausse son niveau d’engagement.

2. Sur le plan opérationnel, désormais et en fonction du nombre de vélos arrachés et des occurrences de vandalisme, il est procédé à des fermetures provisoires des stations concernées. Cette mesure est nécessaire pour arrêter le cycle des dégradations et sauvegarder le matériel. Parallèlement, des réunions régulières sont organisées avec les communes concernées, les commissariats de police et les services centraux de la Préfecture de la Préfecture de Police pour travailler et coordonner les réponses possibles.

3. Ces mesures s’accompagnent d’un renforcement de la communication vis-à-vis des usagers, via un message d’information sur l’écran de la borne de location, sur le site internet et sur les réseaux sociaux. Les usagers sont désormais informés de la cause de la fermeture temporaire de la station, du vandalisme, et tenus au courant de la date de réouverture.

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Les usagers ont-ils eux aussi un rôle à jouer et si oui lequel ? Que peuvent-ils faire ?

Stéphane Thiébaut : Vous pouvez tous aider à la récupération des Vélib’ volés, souvent abandonnés par la suite. Grâce au numéro d’appel Allo Vélib’ (01 30 79 79 30) ou à notre compte Twitter @Velib, vous avez la possibilité de signaler un vélo volé ou abandonné rapidement, soit en déposant un message sur le serveur vocal en indiquant le numéro du vélo inscrit sur le carter arrière (cache de la roue) ainsi que l’adresse précise où il se trouve, soit en joignant directement un conseiller par simple tweet. Si vous préférez les démarches en ligne, vous pouvez remplir un formulaire de contact directement sur velib.paris.fr.

En 2012, vos signalements auprès du service ont permis à 2 500 vélos de regagner la flotte de Vélib’ mise à la disposition des usagers.

 

 

Julien Bargeton : Les usagers sont très sensibles à cette question du vandalisme, nous le voyons régulièrement, ils sont nombreux à s’exprimer sur les réseaux sociaux. Ils sont déjà très impliqués dans le signalement de vélos abandonnés et participent activement à lutter contre ces actes de vandalisme.

Cela montre bien qu’au-delà d’être un service de déplacement moderne et accessible à tous, Vélib’ est désormais le quotidien de milliers de Parisiens et de Franciliens qui agissent pour la bonne marche du service et lutte contre les actes malveillants d’une poignée de délinquants.

Le succès du service Vélib’ repose sur la participation des 250 000 abonnés annuels et plusieurs milliers d’utilisateurs occasionnels, que ce soit pour leurs déplacements au quotidien que pour le signalement de vélos abandonnés. Vélib’ appartient à chaque usager, tout le monde peut agir !

 vandalismevelib

 

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Les derniers commentaires

Coline dit :

Merci de lutter tous ensemble contre ce fléau. Depuis des années, je retrouve tous les matins à Ecole Militaire le même désastre sur un grand nombre de vélib! Est-ce une occupation quotidienne d’un individu ou groupe désoeuvré en soirée? Subtiles en tout cas, et touchant à toutes les parties du vélo! Résultat, dans certains cas, ceci aboutit à la mise en danger du cycliste qui ne perçoit pas forcément tout de suite que le vélo est déficient (chaine, frein, roues, poignées, siège, guidon, attache, visse du siège). J’ai plusieurs fois eu envie de porter plainte, me trouvant en difficulté dans le trafic à cause de cela. J’aimerai que la mairie de cet arrondissement agisse à ce sujet si ce n’est pas déjà le cas.

Civiletti dit :

Quel politique aura le courage de supprimer l’ordonnance du février 45? un mineur d’il y a presque un siècle n’est plus le même qu’aujourd’hui :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006069158

Marcel Fotoh dit :

j’ai vu 2 velib cachés dans une petite broussaille au 14e.

Pierre dit :

La sécurité, la belle affaire.
Mais que font donc Vélib, la justice, la police ?
La sécurité, c’est l’affaire de tous. Accepter de voir passer un vélib volé ou stationner sans réagir est inacceptable.
J’ai vu un Vélib privatisé et « Customisé » , dûment accroché avec un antivol top du marché, place du général Catroux dans le 17ème.
J’ai vu des jeunes dans des quartiers chics ôter les poignées de guidons pour les jeter avec nonchalance pour passer le temps.
Que faire :
Identification d’un vélo volé :
Accroche cassée ou stationnement de plus de 24 h sur la voie publique ou ailleurs (Alors réputé volé par Vélib qui peut vérifier)
En stationnement dans l’espace public ou privé :
Dégonfler les pneus du vélo et le signaler immédiatement à Vélib. Un simple Tweet avec N° du Vélib et localisation suffit.
Qui roule :
Faire part de sa réprobation avec la plus grande courtoisie et faire remarquer que la conséquence en est la fermeture voire la raréfaction des vélos dans les stations voisines ! ce qui est une action raisonnable de Vélib (Vélib connait les stations d’origine des vélos volés et constate les dégradations, surtout tentatives d’arrachement).
Lutter contre des associations d’idées bien ancrées et stupides :
C’est gratuit donc ça ne coûte rien,
C’est gratuit, par conséquent ça n’a pas de valeur.
C’est public donc ça n’appartient à personne en particulier et pourquoi pas moi.

Lutter contre le vol et les dégradations, commence par le respect du Vélib loué dont on a temporairement la charge.

Mathieu_exCO dit :

@SAN
Les Bixi ne sont absolument pas retirés du centre-ville de Montréal la nuit l’été.

SAN dit :

les communes touchées par ces préjudices sont connues. la police municipale peut réagir. Quant on voit des velibs stationnés régulièrement devant des immeubles la police peut réagir!! Il est vrai qu’elle a fort affaire ailleurs, elle a d’autres priorités. Nous sommes dans un phénomène de société, que font les politiques?
J ai appris qu’à Montréal, en plein centre ville en été, ils retirent lez velibs tous les soirs!!

Site Officiel Vélib
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