Les trucs et astuces de Pierre
vendredi 5 avril

Les trucs et astuces de Pierre

Marion
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Pierre, 67 ans, est un aficionado de Vélib’ et surtout un cycliste urbain accompli. Pas un jour (ou presque) où il ne se déplace à Vélib’. Souriant et toujours prêt à rendre service, vous avez peut-être déjà discuté avec lui au détour d’une station. Il partage aujourd’hui avec nous ses trucs et astuces.

Petits tests avant de choisir son Vélib’

« Le premier test c’est évidemment l’état général, note Pierre qui m’explique les petits tests qu’il pratique avant de choisir sa monture. « Je choque les puristes mais je donne un petit coup de pied dans le pneu arrière pour évaluer son gonflage : il ne s’agit pas de l’abimer mais, comme on le ferait avec une balle, de voir si cela rebondit bien ». Ensuite je vérifie que le pédalier tourne bien librement puis, en soulevant légèrement la roue arrière, que la roue est bien entrainée. C’est une bonne base avant de choisir son Vélib’ même si certains défauts n’apparaissent que lorsque l’on commence à rouler. À ceux qui l’ignoreraient encore, je précise que vous disposez de 5 minutes pour changer de vélo.

Bien régler la selle sans forcer

Pierre a constaté que certaines personnes serraient de façon excessive le levier lorsqu’ils règlent la hauteur de la selle. Difficile alors pour le suivant d’adapter la hauteur de la selle à sa taille. « En forçant on abime le mécanisme explique Pierre. Alors qu’il suffit simplement de soulager la pression en jouant sur la molette pour régler la selle et rabattre le levier contre le cadre sans effort » explique-t-il.  Charmeur, Pierre n’hésite jamais à aider ceux – et plus souvent celles – qui ont du coup du mal à desserrer et régler la selle « quand mon aide est acceptée et comprise comme désintéressée » précise-t-il l’œil rieur.

J’ai moi-même régulièrement le problème pour redescendre des selles bloquées au sommet par des géants costauds. Je conseille par ailleurs à tous les petit(e)s comme moi, qui baissent la selle au minimum, de bien vérifier qu’elle est correctement bloquée dans l’axe du cadre. Sinon, pendant que vous roulez, vos fesses virent, à la suite de votre selle, à gauche ou à droite… Pas très confort.

Les règles de sécurité incontournables

On parle souvent des risques que sont les ouvertures intempestives de portières et des angles morts des camions, bus et plus généralement des véhicules de gros gabarit mais Pierre y ajouterait quelques consignes. « Il y a une règle incontournable pour moi : il est interdit, sous quelque prétexte que ce soit, de doubler un véhicule à un carrefour. On a l’impression de savoir si le véhicule va tourner ou pas mais on se trompe, les conducteurs des voitures hésitent, s’arrêtent et c’est excessivement dangereux. Il faut suivre les véhicules (quitte à se décaler) mais pas les doubler sur un carrefour insiste-t-il. Il y a peu de temps encore, il s’est lui-même fait prendre : un automobiliste a finalement tourné, heureusement à faible allure, et ils ont pu éviter la collision… mais de peu.

« Rouler prévisible »

Il regrette d’ailleurs que les conducteurs ne mettent leur clignotant qu’au moment de tourner et pas un peu avant. « Ils n’indiquent pas leur intention de tourner » peste-il.  Il est bien sûr recommandé aux cyclistes d’indiquer, par le bras correspondant, leur intention de tourner à droite ou à gauche. Dans les années 70 en Espagne, Pierre se souvient que les cyclistes se contentaient de lever le bras pour indiquer qu’ils allaient changer de direction sans précision sur l’endroit vers lequel ils se dirigeaient. Une piste pas inintéressante selon Pierre pour obliger les autres à attendre de voir ce que va faire le vélo.

En attendant, la 2ème règle à respecter en tant que cycliste urbain est de « rouler prévisible » en indiquant ses changements de directions mais aussi « tout bêtement en roulant droit. Cela paraît tout bête mais peu de cyclistes savent rouler droit. Pour certains cela peut vouloir dire rouler un peu plus vite ». En effet si l’on avance trop au ralenti il est plus difficile de garder son cap. Bref tout slalom est interdit et mieux vaut doubler dans les lignes droites.

Apprendre à changer les vitesses

Certains Vélib’ ont des pédaliers tordus se désole Pierre qui ne voit qu’une seule explication : certains ne savent pas changer de vitesse. « Il ne faut pas appuyer comme une brute sur le pédalier quand on change de vitesse, on ne démarrera pas plus rapidement aux feux ! Il faut au contraire débrayer : soulager le pédalier en arrêtant de pédaler au moment où l’on change de vitesse» explique-t-il. Sinon, on abime le mécanisme. Il estime par ailleurs que les trois vitesses sont largement suffisantes pour Paris et que le poids du vélo n’est pas un problème mais « correspond bien à un usage en ville et non de course ; les vélos hollandais par exemple ne sont  pas spécialement légers. Cela apporte au contraire un certain confort ».

Faites l’effort de grimper les côtes !

Champion incontesté des grimpeurs, Pierre accumule les bonus V+, accordés à ceux qui empruntent un vélo dans une station « basse » pour le rendre dans une station « haute » V+. Il ne faut pas s’imaginer comme on a pu le lire parfois dans la presse que le boulot de la régulation est de reporter en haut tous les vélos que certains ne font que descendre. Cela n’a pas de sens de ne faire un trajet que dans un sens. Il faut faire l’effort de remonter les vélos insiste-t-il. D’autant qu’il n’y a que peu de côtes vraiment difficiles et que l’on peut toujours contourner la difficulté en choisissant un trajet un peu différent et plus facile. Pour lui il est clair que les usagers doivent être les acteurs de cette régulation des secteurs en côte.

Les applications bien pratiques

Pierre est un adepte de deux applications pour smartphones : l’application Vélib’ de la Mairie de Paris et celle Géo Vélo. La première lui permet d’anticiper ses trajets et surtout le nombre de places et vélos disponibles dans les stations qui l’intéressent. Le seul bémol est pour lui que « l’application ne devrait pas afficher d’indications sur le nombre de vélos et places avant d’avoir terminé sa mise à jour » : si on regarde trop vite on peut être induit en erreur et consulter sans s’en apercevoir les anciennes données et pas celles à l’instant présent.

L’autre application qu’il recommande est Géo Vélo : « c’est super », cela permet de générer des itinéraires dans Paris ; « c’est vraiment du GPS pour vélo » conclue-t-il. Il apprécie particulièrement la possibilité de générer deux parcours : le plus rapide et le plus « en sécurité » qui privilégie les pistes cyclables et couloirs de bus ouverts aux cyclistes. Là aussi un petit bémol, quelques trajets ne sont pas encore connus de l’appli comme par exemple la piste cyclable qui traverse le parc de la Villette ou les nouvelles pistes du boulevard McDonald.

Si vous aussi vous souhaitez partager vos astuces, manifestez-vous en commentaire. Belles balades à tous !

securitevelib

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Les derniers commentaires

tom4 ex co dit :

Super
l’idée est pas mal, mais franchement, vous pensez vraiment que en prenant un vélib, les gens vont se taper tous les numéros de vélib de la station voir lequel est le mieux?
quand je vois le nombre de fois où j’ai demandé aux gens qui arrivaient si leur vélib roulait, qu’ils m’ont dis « oui, pas de soucis, il est top », et que je me suis retrouvé sur un truc sans frein, avec la roue deserrée ou les vitesses qui passent pas, rien ne vaut le check manuel :)

tom4

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