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Allez à la rencontre des street artistes parisiens
mercredi 17 octobre

Allez à la rencontre des street artistes parisiens

Marion
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Je vous y invitais déjà en juillet, ne passez pas à côté des œuvres des street artistes qui réinventent la capitale semaine après semaine. A l’occasion des ateliers du « M.U.R. De l’Art », du 8 au 11 novembre 2012, qui réuniront 50 street artistes à l’Espace d’animation des Blancs-Manteaux (4e), portraits de trois d’entre eux : Thom Thom, Stoul et Kashink, des parisiens qui nous livrent leur regard sur la ville.

Thom Thom, publivore inspiré

Galerie Photo de Thom Thom © Thom Thom / Hephaestus

Thom Thom est l’un des fondateurs du Mur de la rue Oberkampf et toujours secrétaire de l’association le M.U.R. (Modulable, Urbain et Réactif). Installé à Paris dans le quartier du Bas Ménilmontant depuis 1999, il commence alors à travailler sur les panneaux publicitaires, extrêmement nombreux à l’époque.

Armé de son cutter et d’une échelle, il découpe les publicités et leur donne une seconde vie. Le concept du MUR de la rue Oberkampf voit le jour. Il deviendra l’une des institutions du street art avec son panneau de 8x3m, officiellement dédié, depuis 2007 et avec le soutien de la Mairie de Paris, aux artistes urbains qui se succèdent tous les 15 jours.

Pas moins de 3 ans d’attente sont requis aujourd’hui tant les demandes d’artistes venus des quatre coins du globe sont nombreuses !

Thom Thom travaille toujours dans ce quartier qui est le sien, principalement passage saint-Sébastien et rue Amelot.

Y aller : Station Vélib’ n° 11045
12 Bd des Filles du Calvaire

En vous y baladant, vous pouvez tomber sur lui en plein travail : il ne peut pas mettre moins d’une heure et, pour une œuvre telle que celle réalisée dans la vidéo ci-dessous, deux jours ont été nécessaires. « Je ne rentre pas du tout dans la catégorie de ces artistes qui se revendiquent de l’immédiateté » explique-t-il. Une partie de ses œuvres reste dans la rue, mais tout une autre est ensuite découpée pour être exposée. L’accueil des riverains qui assistent à son travail est toujours positive.

S’il devait recommander une idée de parcours street art, à Vélib’ ou à pied, voici ce que Thom Thom conseillerait : partir de la Place de la République, emprunter le boulevard Magenta puis récupérer le Canal (pourquoi pas par la rue des vinaigriers) afin de rejoindre Stalingrad. Vous pouvez pousser jusqu’à la rue de l’Ourcq (Station Vélib’ 19 007 au 139 avenue de Flandres) où se cachent de nombreuses œuvres de street art. Redescendre ensuite le Canal dans l’autre sens pour filer vers la rue Oberkampf et Belleville.

Une balade à Vélib’ peut être une solution intéressante pour découvrir l’art urbain selon lui. Lui-même utilisateur occasionnel, « Vélib’ est complètement intégré dans ma semaine notamment parce que je vis en face d’une station et que j’essaie d’aider les débutants » raconte-t-il ! C’est à Vélib’ qu’il a découvert des œuvres et artistes et « par exemple c’est en Vélib’ que j’ai remarqué pour la première fois les pansements posés par Jim sur les fissures des immeubles, au niveau de l’un des ponts entre les gares du Nord et de l’Est ». Mais surtout Thom Thom estime qu’à Vélib’ ou autrement, « les photographes amateurs sont ceux qui archivent ce qui se fait dans la rue et rendent ainsi les œuvres remarquables », il faut aussi aller les voir tant il est question de « points de vue ». C’est en passant devant l’œuvre de Jeff Aérosol de la fontaine Stravinsky (Beaubourg) que Thom Thom l’a appréciée à sa juste valeur, non plus « à travers une photo en gros plan » mais dans son environnement, lui redonnant ainsi ses proportions réelles.

Maintenant qu’on lui a offert une échelle télescopique, il va peut-être s’éloigner de son quartier… Peut-être même à Vélib’ puisqu’il envisage de passer à l’abonnement à l’année (qui serait plus rentable vu son nombre de locations ponctuelles !).

Kashink, portraits décalés

Autre artiste à découvrir, Kashink, qui a elle aussi débuté dans la rue, « la plus grande galerie que l’on puisse s’offrir quand on démarre » et participe aujourd’hui a des expositions, collectives ou personnelles, et réalise des commandes pour divers festivals.

Mais « j’essaye toujours de garder un pied dans la rue, cet environnement spécial où l’on propose et impose parfois aux gens son art », jusque dans des endroits insolites et pas du tout institutionnalisés…

Parisienne d’adoption, elle aime son 20ème arrondissement et son quartier vers la rue Sainte-Blaise, « populaire où vivent encore des parigots à l’ancienne, octogénaires qui font l’âme un peu rétro de ce quartier ».

Galerie photo de Kashink © Kashink 

Pour découvrir son travail, à Vélib’ ou à pied:

Y aller : Station Vélib’ N° 20 008,
73 rue des Pyrénées

Partir du métro Maraichers, station Vélib’ 20 008, 73 rue des Pyrénées, remonter la rue des Pyrénées où vous croiserez au moins trois rideaux de fer sur lesquels elle a officié, prendre à gauche la rue des Orteaux pour voir d’autres devantures tout en évitant le côté vers Gambetta, puis redescendre vers Belleville où elle pense faire des collages bientôt mais on ne peut pas dire où !

Très touchée par Frida Khalo et forte de son héritage de la culture BD, Kashink réalise des portraits, « pratiquement toujours des hommes, plutôt bien en chair et poilus ou au moins moustachus » lance-t-elle en riant. C’est qu’elle estime que le street art au féminin est trop souvent cantonné à « un univers girly » ou pousse alors « les filles à jouer la carte de la performance mieux que les mecs », deux alternatives dont elle souhaitait s’affranchir en créant son style.

Chaque portrait nécessite en général une demie journée de travail et elle aussi constate que les passants sont très réceptifs peut-être aussi parce qu’elle réalise des œuvres « très colorées et faciles à comprendre parce qu’elles mettent en scène des personnages » et non de l’écrit.

C’est avec un ami californien qui a fait un Lisbonne-Copenhague en passant par Paris qu’elle a réalisé cette œuvre, disparue depuis.

Si elle a fait du Vélib’ un temps, elle ne pratique plus tellement, un peu parce qu’elle a eu des déboires de raccrochages et aussi parce qu’elle ne peut déplacer son matériel qu’en voiture… Elle constate que le nombre de boutiques spécialisées dans les cycles se multiplient, signe d’une demande croissante des parisiens au discours prononcé sur l’écologie et le développement durable.

Elle juge que Paris est « une ville qui laisse une certaine liberté aux artistes street art ce qui n’est pas du tout le cas de villes comme Londres où il y a des caméras de vidéo surveillance partout ». Une partie des œuvres est par nature éphémère, raison pour laquelle il faut aller les voir. Kashink souhaite que l’on puisse intervenir plus encore sur les murs de la capitale même si elle est consciente qu’il faut composer avec « la ville chargée d’histoire, première destination touristique ».

Stoul, chacun cherche son chat

Site et galerie photo de Stoul © Stoul

Installée depuis 10 ans à Montrouge après 15 ans passés dans le 14è arrondissement de Paris, Stoul se définit comme une « peintresse de créatures félines ». Vous avez peut-être déjà croisé dans Paris ses femmes-chats, au détour d’une rue, sur des devantures de magasins ou, comme ci-dessus et jusqu’au 18 novembre, sur le mur de la cour de la galerie Confluences à l’invitation de l’association Art Azoï. Chaque mois, un nouvel artiste s’y exprimera.

Y aller : Confluences, 190 Bd de Charonne, Paris 20è
Station Vélib’ n° 11021 au 212 Bd de Charonne

« Je faisais des portraits de chats qui, petit à petit, sont devenus des femmes, ont grandit en même temps que moi » raconte l’artiste. Des félins, ces personnages ont gardé les longs cils qui rappellent des moustaches, les oreilles triangulaires et des pattes plutôt que des mains.

Aujourd’hui, elle intervient encore « en fonction des opportunités » dans des terrains vagues, souvent avec plusieurs artistes et plutôt dans l’Essonne par exemple qu’à Paris, où elle n’a pas de spots ou quartier de prédilection. « J’essaye de faire des choses qui peuvent rester donc je me tourne plus vers des commandes » explique-t-elle, qui vont d’œuvres murales que les propriétaires entendent conserver aux interventions plus événementielles comme cet été pour Paris Plage.

Peut-être avez-vous aperçu l’un des deux panneaux qu’elle a réalisé à l’invitation d’Art Azoï et de l’Espace Paris Jeunes qui avait posé son stand Quai de la Loire le temps de Paris Plages ? Stoul a aimé rencontrer et discuter avec les jeunes qui assistaient notamment à des cours de hip hop.

« Paris est une ville plutôt propice au street art » estime-t-elle, jugeant qu’il « existe pas mal d’espaces libres où s’exprimer, des coins où les habitants sont contents que l’on mette de la couleur là où il y avait du gris». Et ce « même si c’est aussi une très belle ville où il y a beaucoup de monuments historiques et où l’on ne peut donc pas faire ce que l’on veut » nuance l’artiste.

Vous ne la croiserez probablement pas à Vélib’, encore que… Cycliste de longue date avec un vélo perso pour ses petits déplacements dans Montrouge notamment, elle se déplace plutôt dans Paris en voiture car elle trimbale alors tout son matériel. Mais il n’est pas impossible qu’elle s’y mette pour le plaisir d’une balade. « J’ai essayé d’emprunter un Vélib’ à la borne en bas de chez moi mais je dois m’y prendre comme un manche car cela ne fonctionnait pas » plaisante-t-elle. Elle trouve le principe du Vélib’ « intéressant notamment pour tous ceux qui ne peuvent acheter ou stocker un vélo et disposent ainsi d’un vélo à portée de main ».

Pour la rencontrer (et pourquoi pas l’initier au Vélib’!), mais aussi pour échanger avec Thom Thom ou Kashink et découvrir leur travail, rendez-vous au M.UR. De l’Art !

Le M.U.R. De l’Art, du 8 au 11 novembre : 50 artistes s’exposent

Pour une immersion dans ce que le street art fait de mieux, rendez-vous du 8 au 11 novembre à l’Espace d’animation des Blancs-Manteaux, prêté par la mairie du 4ème arrondissement à l’association le MUR.

Suite au succès de la première édition en 2010 où 15 000 visiteurs se sont pressés, l’édition 2012 vous invite à découvrir 50 artistes ayant participé au MUR de la rue Oberkampf. Parmi eux bien sûr, Thom Thom, Stoul et Kashink.

Y aller : 48 rue Vieille du Temple,
Station Vélib’ N°04 013

Au programme : des toiles, performances et installations des artistes invités qui ont carte blanche au sein de leurs ateliers, présentation de la collection « 400 ML Project » de Gautier Jourdain qui réunit 400 bombes aérosols customisées par 400 artistes internationaux, des performances musicales, la création quotidienne de quatre oeuvres de 6 x 2,40 mètres et la mise à disposition d’un mur d’expression grâce au soutien de la mairie du 4ème arrondissement, une belle opportunité pour les amateurs qui voudraient se lancer…

Enfin n’oubliez pas que, par essence éphémère, une grande partie du travail des artistes urbains contemporains est vouée à disparaître. Enfourchez votre Vélib’, levez les yeux (aux feux rouges uniquement!) et laissez-vous séduire par cet art encore trop méconnu. De nombreuses balades dans Paris vous attendent, dont quelques unes, suggérées sur ce blog cet été.

Bonnes balades !

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Les derniers commentaires

Seb dit :

Top ça, merci, ça donne plein d’idées de choses à voir à Paris !

ZIMBA dit :

Très beau reportage avec de belles oeuvres … Paris est une ville de découverte ! :o))

Site Officiel Vélib
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