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Demain, une vi(ll)e sans voitures ?
vendredi 5 octobre

Demain, une vi(ll)e sans voitures ?

Marion
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Et si on imaginait de vivre sans voiture ? De nombreuses villes en France et à l’étranger mettent en place des expérimentations incitant leurs citoyens à renoncer à la voiture ou en tout cas à envisager de la laisser de plus en plus au garage. Panorama de quelques expériences en cours qui profitent au vélo !

La Zenius expérience, saison 6 !

Pour la sixième année consécutive, pendant 8 semaines, 16 personnes abandonnent leur voiture, 4 dans chacune des villes concernées, Nantes, Saint Nazaire, La Roche sur Yon et Angoulême. Objectif de cette Zenius expérience proposée par les agences de location de voitures Loc Eco : prouver «  qu’il est possible de rompre avec l’accoutumance à la voiture au profit des modes de déplacements alternatifs ».

Du 5 octobre au 30 novembre, les participants, tous volontaires bien sûr, apprennent à réorganiser leurs déplacements en utilisant gratuitement les transports urbains, la marche, le vélo et, tous les week-end, un véhicule de location prêté par Loc Eco. Les participants témoignent tout au long de l’expérience sur le site dédié www.zenius-experience.fr.

Une « dés-auto-xication » !

Les portraits des participants de la « saison 5 » montrent l’intérêt de l’expérience. Pas toujours convaincus de pouvoir faire sans leur voiture avant l’expérience, et même s’ils ne peuvent renoncer totalement à leur voiture après, tous ont évolué dans leur manière d’imaginer leurs déplacements : en diminuant leurs trajets en voiture voire en décidant franchement de l’abandonner, en envisageant d’investir dans un vélo électrique ou en lorgnant du côté de l’auto-partage. On a le sentiment que, pour tous, prendre la voiture n’est plus un automatisme mais un acte réfléchi.

L’intermodalité au banc d’essai

A Nantes, Juliette, 30 ans, a franchement décidé d’abandonner sa voiture « au profit de Marguerite (voitures en libre-service), des transports en commun, du bicloo et de mes pieds. C’est étonnant de voir à quel point on utilise sa voiture pour rien, alors qu’on a tout sous la main. Se passer de sa voiture, c’est même souvent gagner du temps. »

A Nantes, les Marguerites, voitures en libre-service, répondent à une véritable demande et ont un impact mesuré : 65% des abonnés propriétaires d’une voiture s’en sont séparés, une voiture en auto-partage remplace 8 à 10 voitures. Pas étonnant quand on pense qu’une voiture reste stationnée 95% de son temps et que 30% des déplacements en ville ne dépassent pas 3 km : une voiture ou un vélo de location sont tout de suite une alternative très intéressante ! D’autant que les abonnés Marguerite sont incités à se mettre au Bicloo, le Vélib’ Nantais : ils bénéficient d’une réduction de 20% sur le montant de l’abonnement… La question de l’intermodalité des transports est au cœur des enjeux de développement de modes de déplacements alternatifs.

Renoncer un an à la voiture ?

Dans le même esprit en Belgique, à Liège, 16 personnes allant à la gare en voiture ont accepté, pendant un an à compter de mars, d’abandonner leur véhicule pour un vélo à assistance électrique. Les gares de Liège-Guillemins et d’Ottignies sont en effet toutes deux entourées de collines importantes qui peuvent freiner l’usage du vélo, d’où cette expérience « e-bike2station » – partenariat entre la fédération Inter-Environnement Wallonie, la SNCB-Holding et Pro Velo. Objectif : recueillir leurs témoignages et tester la complémentarité entre vélo et train afin d’envisager à terme des services adéquats.

Autre expérience intéressante, dimanche 16 septembre, la capitale belge oubliait complètement les voitures. Depuis 2002, tous les ans à l’occasion de la Semaine de la Mobilité, les 160 km2 de la région de Bruxelles sont totalement fermés à la circulation automobile pour un Dimanche sans voiture (les photos illustrant cet article). De 9h à 19h, seuls les transports en commun, gratuits et renforcés ce jour-là, les taxis, autocars, services de secours et véhicules d’utilité publique circulent et ce à 30 km/h maximum. A chacun d’imaginer ses déplacements autrement le temps d’un dimanche.

Même un jour sans voiture : effets garantis !

Les résultats enregistrés lors des éditions précédentes sont édifiants : le bruit de fond était diminué de 6 à 8 fois par rapport à une journée traditionnelle ; 3 à 4 fois moins de micro-particules et de dioxyde d’azote se retrouvaient dans l’air ; la rue de la Loi, généralement fortement exposée au trafic, présentait une concentration moyenne en monoxyde d’azote (NO) dix fois inférieure à la moyenne d’un jour de semaine et cinq fois inférieure à la moyenne d’un dimanche normal. Pour le monoxyde de carbone (CO), les concentrations étaient deux fois moins élevées que la moyenne d’un dimanche normal et trois fois moindre qu’un jour de semaine. Dans les tunnels, les résultats étaient encore plus importants.

Une initiative, plutôt appréciée des bruxellois et qui a le mérite de concerner toute la population et pas seulement quelques volontaires, mais qui ne dure que le temps d’une journée… qui plus est un dimanche.

A Cergy-Pontoise, trois semaines sans voiture


L’agglo sans mon auto par Cergy-Pontoise
Plus près de chez nous, la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise et ses partenaires ont proposé à 6 conducteurs, du 22 septembre au 20 octobre, de bénéficier gratuitement de tous les moyens de déplacements publics et partagés :

– accès gratuit aux transports en commun (bus STIVO, RER et Transilien) ;

– abonnement VélO² (le Vélib’ de Cergy-Pontoise, 360 vélos et 41 stations)

– prêt gratuit d’un vélo de son choix (classique, pliant, à assistance électrique) ;

– prêt gratuit d’un véhicule AutO2 (service d’auto-partage)

– accès gratuit aux consignes vélos sécurisées installées près des gares et gérées par Vinci park.

Cette expérience aura-t-elle les mêmes effets ? Il est encore trop tôt pour le dire mais vous pouvez déjà suivre Matthieu, Priscilla, Dominique, Nathalie, Pierre et Aurore au quotidien dans leur aventure « l’agglo sans mon auto » dont voici le premier épisode.

Ces expériences ont toutes le mérite de nous inviter à nous interroger sur nos modes de déplacements en envisageant tous les critères écologiques, économiques, pour notre santé et tout simplement d’un point de vue pratique et ce en connaissance de cause. Auriez-vous imaginé, avant Vélib’, qu’il serait plus simple de faire un trajet en vélo dans Paris plutôt qu’avec n’importe quel autre mode de déplacement ? Les usages évoluent de plus en plus et vous, quelles sont vos attentes en matière de mobilité et d’intermodalité ?

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Les derniers commentaires

Colette Friedlander dit :

…. et il faudrait aussi plus de Vélib’, ou plutôt il faudrait en améliorer la distribution. Dans mon quartier (Goutte d’Or), les stations sont vides à partir de 8 ou 9 heures du matin et le restent jusqu’au soir…

Colette Friedlander dit :

Quand donc Paris s’y mettra-t-il ? Quoi qu’on dise, la circulation en vélo reste très dangereuse dès qu’on quitte les pistes cyclables sécurisées. La ville en vélo et sans voitures ou presque : j’en rêve depuis que je suis petite fille. J’ai maintenant 67 ans et j’espère voir cela avant de mourir !

Philippe dit :

J’approuve ces initiatives. D’ailleurs, je possédais un véhicule depuis 28 ans et je n’en ai désormais plus.
Mais il faudrait aussi prôner la ville sans scooters: leur développement anarchique depuis quelques années est source d’une augmentation sensible du bruit, d’une circulation plus agressive, et d’un encombrement d’un trottoir au détriment des piétons, notamment ceux à mobilité réduite.

Phil 75 dit :

Paris existait avant la voiture et existera après…

hermitte dit :

Combien de velibs disponibles actuellement ?
Pas beaucoup à mon avis vu le nombre de stations désespéremment vides à Paris.

tom4 ex comité dit :

@moi, je ne vous recopie pas la réponse que je vous ai faites sur le site de metro, mais il est inutile d’inonder le web de votre commentaire.
cela dessert votre cause plus qu’autre

tom4

Moi dit :

Bonjour,
Demain une ville sans Vélib OUIIII mais avec une autre société que JCDECAUXXXXXXX

Je suis énervé par le service Vélib qui m’a facturé 102 euros pour une utilisation de 20 mn!!
j’aurais soit disant utilisé un vélo plusieurs jours pour le rendre à l’autre bout de Paris alors que je l’ai bien rendu et que je fais bien attention à vérifier qu’il est bien attaché. J’habite un arrondissement qui craint et il y a plein de vélos volés je connais bien le problème.
Donc que l’on me fasse payer pour une faille dans le système de vélib me laisse un goût amer, c’est une honte de faire supporter cela aux consommateurs !
Pour preuve !
http://www.leparisien.fr/paris-75/velib-victime-d-un-pic-de-vandalisme-07-08-2012-2116290.php

J’ai envoyé deux formulaires de remboursement tous deux refusés, et j’attend toujours une réponse du médiateur depuis le 30 juillet !!! soit plus de 2 mois
le Vélo a été pris début juin !!

ivona dit :

I have Vélib’s Called costumer service Regarding problems with return of deposit on Friday evening 21-09-2012. I was Told i will receive an e-mail, I still have not received order it. Any idea what to do? Thanx!

Site Officiel Vélib
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