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Le Street Art prend encore de l’ampleur
vendredi 6 juillet

Le Street Art prend encore de l’ampleur

Marion
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Mercredi 4 juillet à 17h30, un nouvel espace d’expression pour les artistes de Street Art venus du monde entier a été inauguré à Paris, dans le 13ème arrondissement, au pied de la Bibliothèque nationale de France et de la passerelle Simone de Beauvoir: le « Mur XIII ».

Cet événement s’inscrit dans la droite ligne de la politique de soutien de la Ville de Paris à cette forme d’art. Au point que Paris devient un spot mondialement connu dans ce domaine… Vous ne regarderez plus les murs parisiens de la même manière.

Paris Street Art

Dans le cadre de l’appel à projet « Métropolisation de Paris par le numérique » lancé par la Délégation à Paris Métropole et aux Coopérations interterritoriales en 2010, la Ville de Paris a ainsi retenu, parmi la cinquantaine de projets contribuant à effacer les frontières entre Paris et la banlieue, huit lauréats dont « Paris Street Art ». Ce site propose une cartographie interactive des œuvres réalisées par des artistes de Street Art. Un premier point d’entrée intéressant si vous voulez faire des pauses à Vélib’ pour découvrir le Street Art. Comme par exemple la fresque réalisée à l’effigie de l’abbé Pierre par le new-yorkais JonOne, square des Deux-Nèthes dans le 18ème arrondissement. Je vous avais également parlé du blog de « Sur les murs » de Sheily, une des lauréates du concours Blog moi Paris qui recense elle aussi les œuvres de Street art.

Paris, LA galerie de plein air pour artistes internationaux

Si le site Paris Street Art a été subventionné dans le cadre de l’appel à projet, « en plus des commandes publiques qui peuvent être passées à des artistes, la Ville soutient l’association le MUR, Modulable Urbain Réactif » explique-t-on à la Direction des affaires culturelles (DAC).

Le Mur de 8m par 3m mis à disposition par la Mairie de Paris depuis le 1er janvier 2007, à l’angle de la rue Saint-Maur et de la rue Oberkampf, a déjà accueilli 125 artistes (Station Vélib’ n° 11030, 80 rue Oberkampf). « Tous les 15 jours on demande à un artiste d’intervenir » explique Bob Jeudi, président de l’association le MUR qui gère cet espace bénévolement avec le soutien financier de la Ville de Paris. Or « Le Mur » a eu les honneurs des plus grands « comme OBEY, Vhils, Wk qui vient de New-York, mais aussi d’artistes moins connus dont l’aura a ainsi grandi » précise Bob.

Pour pouvoir s’exprimer sur ce mur il faut être patient : l’association reçoit pas moins de 3 demandes par semaines au point qu’il y a désormais plus de 3 ans d’attente ! D’où l’urgence d’un nouvel espace d’expression… « La Ville de Paris a compris qu’il fallait donner des murs pour permettre aux artistes de s’exprimer » juge Bob. La Direction des affaires culturelles a pour mission d’accompagner « toutes les formes d’art contemporain or le street art, sous cette forme, est un de ces modes d’expression, désormais reconnu par les institutions et le marché » précise-t-on à la DAC.

« L’art urbain est au départ illégal, sauvage mais cela remonte aux années 1975 à New-York et 1980 en France » raconte Bob. « Dans les années 2000 une nouvelle génération d’artistes est apparue qui travaille un peu différemment : ils ont dépassé cette vague de protestation et cherchent à s’exprimer dans la rue mais dans une certaine légalité » poursuit Bob, précisant que ce n’est pas un hasard si beaucoup travaillent sur des affiches, d’autres matériaux et techniques qui ne sont plus alors considérés comme des dégradations. Ajoutons que des galeries spécialisées existent et que les artistes de street art sont aujourd’hui reconnus et leurs œuvres collectionnées et vendues à prix d’or. On est loin de l’image « des vilains taggeurs qui saccagent les biens des bourgeois » s’amuse Bob qui ajoute que c’est aussi en montrant ces œuvres que l’on donne envie aux plus jeunes d’évoluer au-delà du simple tag. « On travaille main dans la main avec la Ville. C’est la Mairie du 11ème qui a accueilli le premier projet de Mur » raconte Bob.

Un nouveau mur dans le 13ème

« Quand Loïc Carpentier est venu proposer ses services à l’association, on l’a incité à monter sa propre association et son mur » explique Bob qui le parraine en quelque sorte, et l’aide dans sa démarche. La Mairie du 13ème a répondu présent et, avec le soutien de JCDecaux, qui fournit le « mur », le panneau de 8m par 3m, et le soutien financier de la Ville de Paris, du Port autonome de Paris et de la Semapa, le « MUR XIII » a été inauguré mercredi 4 juillet, au pied de la Bibliothèque nationale de France et de la passerelle Simone de Beauvoir (Station Vélib’ 13 123, 53 quai François Mauriac). C’est l’artiste BONOM qui a inauguré le MUR XIII.

Ce mur est le 3ème du genre en France, la ville d’Arromanches en Normandie ayant inauguré le sien le 3 juillet. Mais l’idée fait des émules bien au-delà et Bob reçoit des demandes de nombreuses autres villes comme Marseille mais aussi… Istanbul !

À la différence du fonctionnement de l’association du 11ème, le MUR XIII adopte une périodicité légèrement différente: un artiste tous les 15 jours aux beaux jours également mais seulement tous les mois environ en hiver. Peu de personnes fréquentent alors les quais ou ils sont même inondés, rendant toute intervention impossible.

Le choix du 13ème arrondissement n’est pas un hasard quand on regarde l’importante politique menée par cette mairie en faveur du street art. Dernière belle prise en date, l’intervention du californien OBEY qui a réalisé une fresque de 40 m de haut à l’angle de la rue Jeanne d’Arc et du boulevard Vincent Auriol

Et c’est sans compter les commandes pour la mairie elle-même : sur la façade côté avenue des Gobelins par C215 mais aussi dans la mairie et notamment dans ses cages d’escaliers. Une page entière du site de la mairie du 13ème recense les murs peints de l’arrondissement.

Ces murs permettent de s’exprimer au cœur de Paris et sur de grands formats, impossibles à réaliser en quelques heures, chaque réalisation demandant plusieurs jours de travail, ce qui est impossible pour une intervention clandestine. Les interventions sont « en général réalisées sur les immeubles d’habitat social où les habitants sont plutôt contents que l’on valorise ainsi leurs bâtiments », souligne Catherine Weigel-D’Angelo, chargée de mission culture et animation locale à la Mairie du 13ème ne se rappelant qu’une seule plainte d’un riverain… Un autre signe que cet art urbain a de plus en plus de succès. « L’objectif est de donner à voir et de mettre l’art à portée de tous, offert dans l’espace public pour que chacun se l’approprie » souligne Catherine or « on est vraiment dans de l’art contemporain et non dans de l’anecdotique » et ce sont « des œuvres d’arts indiscutables et indiscutées ».

À vos Vélib’ !

Pour réaliser un parcours Street Art à Vélib’, vous avez donc désormais un deuxième mur devant lequel il vous faut passer tous les 15 jours pour ne manquer aucun artiste ! Et puis il y a évidemment les œuvres réalisées très officiellement sur des murs un peu partout dans Paris… et notamment dans le 13ème. « Il existe peu d’espace d’expression de cette envergure » se félicite Catherine, fière que ces œuvres se multiplient dans l’arrondissement. «Ils donnent une vraie identité à l’arrondissement qui commence à être connu et reconnu », ajoutant, « on a hâte que des groupes de touristes fassent des tours à Vélib’ » à la découverte de cette galerie à ciel ouvert. Ce n’est pas Bob qui la contredira. Abonné, Bob « adore Vélib’ qui est aussi une manière d’admirer tout ce qu’il y a dans la rue » et correspond aussi pour lui à « une philosophie qui consiste à découvrir la ville, à sortir de l’aquarium des transports en commun pour admirer Paris ».

Mieux vaut ne pas trop tarder à organiser votre tour à Vélib’ car si ces œuvres, à la différence de celles des deux « murs », ne sont pas destinées à être recouvertes rapidement, elles disparaitront à terme. Elles ne sont en effet par essence pas faites pour être conservées, autrement qu’au travers de reportages photographiques.

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Les derniers commentaires

COLIN JOCELYNE dit :

pouvez vous m’indiquer que représente le portrait peint sur un immeuble aux environs de la station de tram Avenue de France PARIS 13

STREET ART dit :

Hello, Vous avez oubliez ParisFreeWalls, faites vos recherche 🙂 http://www.parisfreewalls.com

Vincent dit :

un happening monumental autour du graff a lieu tous les week-ends à Pantin sur les bords du canal. Un collectif de graffeurs Podama et leurs invités investissent le bâtiment des douanes autour d’un projet artistique dans le cadre de L’Eté du Canal.
Infos : http://www.tourisme93.com/ete-du-canal

Site Officiel Vélib
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