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La 1ère Vélib’ symphonie est en marche
mardi 10 avril

La 1ère Vélib’ symphonie est en marche

Marion
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Samedi 31 mars, dans le cadre de la semaine du développement durable, la mairie du 13ème arrondissement de Paris invitait à découvrir des Vélib’ instruments inédits imaginés par Wolf Ka, directeur artistique de la Compagnie res publica, avec la complicité de Jean-Jacques Birgé, compositeur, et Sylvain Ravasse, luthier. Trois de vos représentants n’ont pas pu résister à la curiosité et se sont inscrits pour l’une des balades symphoniques proposées. Emmanuelle, Elisabeth et Mathieu ont ainsi enfourché des Vélib’ d’un genre renouvelé. Ces 10 Vélib’, prêtés par JCDecaux, ont été transformés en instruments de musique, leurs spécificités expliquées par Wolf Ka qui a ensuite entraîné les participants dans une balade au cœur du 13ème arrondissement.

Une balade symphonique et ludique

« Selon les vélos, les sons étaient plus ou moins audibles » raconte Elisabeth qui avait envie d’un instrument bien sonore, quitte à être plus physique. Elle a ainsi échangé en cours de balade son « Vélib’ tambourin » pour lequel il suffisait de rouler pour « le Vélib’ plus sophistiqué de Mathieu : il fallait se lever et appuyer sur la selle, un peu comme un accordéon, et, en même temps, sur le côté gauche du guidon, actionner des pistons » raconte-t-elle, un peu dans l’esprit d’une cornemuse. « Je me suis bien éclatée », conclut-elle, la voix encore rieuse une semaine après cette expérience décalée.

Mathieu n’était pas non plus mécontent de l’échange, ce Vélib’ étant « hyper physique » notamment pour les cuisses puisqu’il fallait se lever en permanence. « Ce n’est pas un Vélib’ du quotidien même si l’idée d’un tel klaxon bien sonore est bonne » plaisante-t-il. Il a donc troqué son Vélib’ pour le Vélib’ équipé d’un tambour à l’arrière « entraîné par un mécanisme dans les rayons », plus reposant, et au fonctionnement similaire à celui du Vélib’ équipé d’une cymbale également présenté parmi les prototypes.

Emmanuelle avait, elle, opté pour un Vélib’ avec « une sorte de trombone devant » au niveau de la roue « qui produisait une musique qui rappelle un peu les orgues de barbarie ou les petites boîtes à musiques qu’on actionne avec des manivelles » raconte-t-elle. « La seule contrainte était qu’il ne fallait pas rouler trop vite pour ne pas abîmer les lames et, ça c’était plus facile, ne pas reculer pour éviter de les casser ». Là aussi, il suffisait de pédaler pour « jouer ».

Poème symphonique pour 100 vélos

Le cycliste n’étant pas forcément musicien, la plupart de ces vélos instruments ont été conçus pour pouvoir jouer leur propre partition, le cycliste n’ayant alors qu’à moduler le rythme en adoptant une vitesse plus ou moins importante. Le projet porté par Wolf Ka, directeur artistique de res publica, est celui d’un « Poème symphonique pour 100 vélos », sorte de symphonie urbaine contemporaine qui serait jouée par 100 vélos équipés d’instruments différents.

Pour l’instant, l’heure est plutôt à organiser « des balades où les gens se déplacent et font de la musique en même temps » plutôt qu’une symphonie avec une première officielle comme envisagé au départ, m’a expliqué Wolf. « C’est plus surprenant qu’un concert établi où les gens savent qu’il y a un événement organisé ». Là c’est le déplacement qui fait le concert. On crée des « nuages sonores » et « dans les quartiers plus tranquilles les instruments s’entendent mieux alors que dans de grandes avenues, la ville a ses propres sonorités ». Ce fin mariage de deux univers sonores « sensibilise à l’espace urbain » souligne l’artiste.

Et puis aussi tout simplement parce que c’est un projet très coûteux pour lequel il recherche d’ailleurs toujours de nouveaux partenaires. Chacun des 10 vélos instruments a été fabriqué de manière artisanale, avec un travail de trois semaines pour chacun d’entre eux, qui se chiffre rapidement à 3 ou 4 000 euros par prototype. Comme remarqué par Emmanuelle, Elisabeth et Mathieu, les instruments sont actionnés pour certains par les rayons, les roues ou encore les selles. Il y a un énorme travail de recherche pour ces inventions complétement inédites qui doivent être adaptables sur tous les vélos. Les dix instruments installés sur les Vélib’ vont être démontés mais on sait désormais que l’on peut équiper, si on le souhaite, des Vélib’ ou autres vélos de JCDecaux.

Une ville cyclable, durable, ludique

Pour Elisabeth cela a été une expérience « géniale » qui lui a permis de découvrir un quartier qu’elle connaissait mal du 13ème arrondissement. Elle estime que ce type d’événement est aussi « une super promotion du vélo ». Elle s’est d’ailleurs retrouvée complétement par hasard inscrite à la même balade que quelqu’un qu’elle connaissait : c’était la première fois qu’il montait sur un Vélib’, une belle première balade initiatique très bien encadrée par un service de sécurité pour découvrir le système, même détourné en instrument. « C’est gratuit, festif, ludique » juge-t-elle.

Emmanuelle est du même avis : « c’est aussi une manière de voir que le Vélib’ est une activité ludique et de loisirs et de le présenter sous une tout autre forme ». Elle aussi a senti les regards intéressés et amusés des passants et a apprécié cette « belle expérience » de promotion originale du vélo.

Mathieu regrette d’ailleurs qu’encore plus de personnes n’aient pas pu en profiter, chacune des balades étant complètes. « Les passants avaient l’air surpris, cela créait un réel intérêt, les gens nous regardaient, prenaient des photos » note-t-il. C’est pour lui une « jolie idée artistique qui allie vélo et musique et aurait toute sa place dans la Nuit blanche par exemple ».

Ce n’est pas étonnant que nos trois représentants aient ressenti cette balade symphonique autant comme un projet artistique que comme une ode aux vélos et même à Vélib’. Wolf explique avoir eu notamment l’idée de ce poème symphonique suite au lancement des vélos en libre-service et plus particulièrement du Vélib’. Originaire de Hambourg en Allemagne et parisien depuis 20 ans, Wolf a toujours été un cycliste au quotidien. « Vélib’ a changé le visage de la ville, la manière dont les gens se déplacent, se parlent, entrent en relation » souligne-t-il, le « rapport à la ville est différent, plus direct » sans parler de l’enjeu écologique. Pour lui, « ce n’est pas un hasard, et encore moins une mode, lorsque les citoyens redécouvrent la bicyclette et s’emparent instantanément des vélos libre-service mis en place dans les grandes agglomérations françaises. Il est synonyme de partage, d’échange et d’éco-responsabilité ». Le rôle de l’artiste est de proposer des projets qui répondent à cette aspiration à d’autres formes de partage de l’espace public. Ce poème « se veut une ode aux transport doux et un manifeste lyrique de notre capacité à créer ensemble une ville durable ». Ça donne envie d’y participer…

Pour mieux connaître son projet, le soutenir et vous aussi devenir un cylc’acteur, www.res-publica.fr/100velos

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