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Les champions des bonus 2011 !
jeudi 8 mars

Les champions des bonus 2011 !

Marion
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Ils gravissent les côtes parisiennes à longueur d’année et cumulent ainsi des quarts d’heure bonus à vous en faire tourner la tête. Tenez-vous bien, le grand champion 2011 se prénomme Pierre et peut s’enorgueillir d’avoir gagné à la force de ses cuisses… (roulements de tambour et cris de midinettes) 19 800 minutes ! Ça laisse songeur… Portraits croisés de quatre champions de Vélib’ pour l’année 2011 :

Pierre, number one incontesté avec ses 19 800 minutes soit 330 heures de Vélib’, la n°2 affichant 11 715 minutes au compteur,

Élisabeth, votre représentante au comité des usagers, qui arrive en 4ème position ex-aequo avec 6 960 minutes soit 116 heures cumulées,

Joël, 6ème avec 6 330 minutes soit 105 heures et demi,

Jean-François, 7ème, avec 6075 minutes soit 101 heures et quart.

Certains diront que je chipote et que, arrivé à ce stade, autant arrondir sans se préoccuper des quarts d’heures qui traînent. C’est qu’ils ne sont pas eux-mêmes des grimpeurs. Car parmi les motivations que partagent ces champions 2011, on retrouve le défi de cumuler des bonus et, en corollaire, une certaine fierté légitime devant leurs compteurs personnels, mais aussi la conscience de participer à la régulation des vélos.

Une régulation citoyenne

Pour ceux qui l’ignorent encore, les stations bonus dites V+ permettent à tout abonné de longue ou courte durée de bénéficier d’un quart d’heure offert si le vélo emprunté dans une station « basse » est rendu dans une des 130 stations dites « hautes » reconnaissables au « V+ » visible en haut de la borne. Les bonus concourent à la régulation des vélos : la majorité des utilisateurs ayant tendance à éviter de gravir des côtes, les stations en hauteur souffrent souvent d’un déficit en vélos. Les bonus incitent à remonter le courant !

Les quarts d’heures ainsi obtenus peuvent être utilisés par les abonnés occasionnels pour réaliser gratuitement des trajets de plus de 30 minutes, les abonnés à l’année ayant la possibilité de les conserver pour une utilisation ultérieure. Bon à savoir : les quarts d’heures sont indivisibles, si vous utilisez 10 minutes, vous ne pouvez pas reporter les 5 restantes. Et surtout, quoi qu’il arrive et quel que soit le nombre d’heures cumulées, vous ne pouvez emprunter un vélo plus de 24h. Au-delà de cette limite, le vélo est considéré par défaut comme volé. Sans parler du fait que Vélib’ repose sur le principe du partage des vélos et sur des locations de courte durée.

Mais comment ont-ils fait ?

J’ai bien sûr interrogé nos champions : comment ont-ils pu cumuler autant de bonus et quel est leur secret pour avaler les côtes, jour après jour ? Pour Pierre, retraité de 66 ans, Vélib’ est un moyen de transport et un plaisir qui lui permet de faire du sport. C’est particulièrement recommandé dans son cas puisqu’il a eu un accident cardiaque il y a quelques années.

Notre champion 2011 avec ses 19 800 minutes cumulées s’est pris au jeu de la course aux bonus suite à une discussion avec un régulateur JCDecaux qui lui disait que certains usagers atteignaient un nombre de bonus impressionnant. Au total, depuis que Pierre est abonné à Vélib’, il a réussi à cumuler « 35 000 minutes et des poussières et encore, précise-t-il, j’en ai perdu 7 000 environ quand j’ai perdu ma carte il y a deux ans ». À noter, la rubrique « Mon compte » vous permet de consulter votre solde de bonus depuis le début de votre abonnement et non de détailler le nombre de bonus gagné par an.

Pierre fait « beaucoup de vélo », tous les jours, plusieurs fois par jour et « comme j’ai du temps, au lieu de prendre un parcours bas, je cherche un parcours haut ; par exemple si je vais du Trocadéro au quartier latin, je ne manque pas de passer par la montagne Sainte-Geneviève ». Il pousse même le jeu jusqu’à tout faire pour ne pas utiliser ses bonus acquis. Ainsi, pour un parcours de plus de 30 minutes, il repose son vélo, patiente avant d’en emprunter un nouveau pour poursuivre sa balade en prenant garde à ce que cela « ne gêne pas d’autres usagers : si quand j’arrive dans une station je vois que des gens attendent pour emprunter un vélo, je le leur laisse » précise-t-il.

Joël et Élisabeth ont eux cumulé les bonus à la faveur de leurs déplacements professionnels quotidiens. Joël prend le métro de Nation à Hôtel de Ville puis termine son trajet en Vélib’ jusqu’au Luxembourg en passant par la côte de la rue Saint-Jacques. Un trajet agréable qui lui convient bien : « je travaille dans la restauration, et je ne voulais pas me laisser trop aller ; faire du vélo tous les jours est bon pour ma condition physique explique-t-il, précisant je repasse chez moi dans l’après-midi entre les deux services et je rentre le soir uniquement à vélo ».

Élisabeth a commencé à cumuler les bonus par défi. À la suite d’un problème dans une station où le retour de son vélo n’a pas été pris en compte, ses bonus ont été automatiquement utilisés. « Je me suis lancé le défi de tous les récupérer ». Habitant vers les Buttes Chaumont et travaillant Place de Clichy, Élisabeth a décidé de tout faire pour obtenir un maximum de bonus « un peu par défi et parce que c’est rigolo » confie-t-elle. Comme il faut partir d’une station « basse » pour aller vers une « haute », elle s’arrêtait même pendant son trajet pour changer de vélo et ainsi multiplier les trajets bonus, à raison de 45 minutes par jour ! Elle a vite retrouvé les quelques 3 ou 4 000 minutes perdues puis a arrêté ce jeu qui lui prenait quand même du temps. Elle continue naturellement, étant donné les quartiers dans lesquels elle se rend, à cumuler des bonus tous les jours, Vélib’ étant son seul mode de déplacement.

Sportif, Jean-François a adopté Vélib’ depuis 2008 comme mode de déplacement prioritaire. Nageur, il a pris l’habitude de déposer son sac de piscine chez son frère vers le Panthéon et a ainsi « collectionné les bonus à la station de la place de l’Estrapade pour aller nager à la piscine Jean-Taris». Mais il est aussi un grand consommateur de bonus.

L’intérêt des bonus V+ selon nos champions

Jean-François utilise en effet ses bonus pour faire de plus longs déplacements, « aller de temps en temps en visite dans sa famille dans les Hauts-de-Seine, mais aussi lors des Journées du Patrimoine pour aller visiter par exemple les jardins et l’observatoire de Meudon » ou encore pour revenir des « piscines Georges Hermant ou des Tourelles à Levallois et profiter des levers de soleil entre mai et août ou faire le retour par les Maréchaux pour voir où en était le chantier du tramway, la circulation piétonne et automobile étant presque nulle le dimanche entre 8h30 et 9h30 l’été ». Cumuler des bonus lui permet ainsi d’abord d’être plus libre de dépasser à l’occasion sans complexe la demi-heure gratuite.

Les stations bonus encouragent à remonter les vélos estime Pierre. C’est d’autant plus important que, selon les quartiers, il est plus ou moins facile de trouver des vélos même s’il estime qu’on apprend avec l’expérience à connaître les stations où l’on trouve des vélos et celles qui sont prises d’assaut. Pour Joël, l’intérêt de cumuler les bonus est simplement qu’il n’a pas de soucis si jamais il dépasse les 30 minutes gratuites (il a un abonnement Vélib’ classique) et puis c’est aussi « une fierté un peu de voir se cumuler les bonus sur son compte » d’autant qu’il sait que cela participe à la régulation des vélos. La station bonus étant située en face du restaurant dans lequel il travaille, Joël attache son vélo avec l’antivol si jamais il n’y a pas de place disponible et peut le rattacher dès que la station s’est vidée. Il signale aussi parfois des vélos abandonnés par civisme. « J’ai l’impression que les bonus peuvent inciter les gens à redéposer leurs vélos dans les stations hautes mais que ce n’est pas encore très connu estime Élisabeth pour qui ces bonus constituent aussi une souplesse : si je suis en retard, cela ne me gêne pas, je peux dépasser les 30 minutes, il n’y a pas de stress ». Les 6 960 minutes de bonus acquis en 2011 lui permettent d’afficher actuellement un total de… 18 315 minutes de bonus. Plus de 305 heures. 12 jours de Vélib’… Joël n’a pas à rougir de ses 14 970 minutes patiemment gagnées depuis qu’il est abonné soit 249 heures et demie !

Leurs trucs et astuces pour bien monter les côtes

Pierre, qui fait du vélo depuis 50 ans à Paris (il est arrivé de Lille à Paris en vélo en 1962) estime que le Vélib’ est un vélo bien adapté à la ville. « La plupart des cyclistes pensent que le vélo est trop lourd » mais, lui qui a aussi un vélo personnel, juge que les « trois vitesses, complètement suffisantes pour Paris, se manient facilement » et que « le poids n’est pas un problème : le vélo hollandais est lourd et pourtant c’est le vélo de ville typique ». C’est donc pour lui un faux problème. Le secret c’est d’y aller progressivement en augmentant les distances parcourues petit à petit et en ne commençant pas bien sûr par les côtes les plus raides comme celle de Ménilmontant. Et le petit truc en plus c’est d’apprendre à bien débrayer. « Les pédales des Vélib’ sont parfois déformées parce que certains ne savent pas utiliser les vitesses, explique Pierre. Il faut lever délicatement le pied de la pédale quand on change de vitesse pour soulager le pédalier ; faute de quoi on passe en force et la mécanique souffre ».

Pour Joël, même son de cloche, C’est une question de pratique. « La première fois que j’ai monté la rue Saint-Jacques j’ai posé le pied par terre mais maintenant je la monte tranquillement. Il faut y aller à son rythme sans forcer déclare-t-il. C’est une question d’habitude et puis cela se passe aussi une peu dans la tête, il faut le faire une première fois et ensuite ça va mieux ». Il n’y a pas non plus de secret pour Jean-François qui note cependant « je n’ai aucune honte à les monter doucement et je fais attention à ma forme du jour, n’hésitant pas à m’arrêter ou faire demi-tour comme par exemple vers 13h en juin par grand soleil pour revenir le lendemain à la fraîche ».

C’est aussi une question d’habitude affirme Élisabeth qui confie cependant avoir « développé de nouveaux muscles » ! Alors qu’au départ elle peinait dans la rue de Ménilmontant, elle gravit aujourd’hui cette côte redoutée par beaucoup sans problème. Son truc, constaté de manière complètement empirique au fil des trajets : régler la selle un peu plus haute que d’habitude l’aidait à grimper. « Je pense que c’est parce qu’on appuie différemment, on a plus de force, toute la jambe entraîne le mouvement peut-être dans une sorte d’effet danseuse (quand on se met debout pour se servir du poids de son corps)».

Maintenant, vous n’avez plus qu’à vous lancer vous aussi dans la course aux bonus : c’est ludique, sportif et citoyen ! Très Vélib’ quoi.

Pédalez + !

Du 6 au 26 mars, le jeu «pédalez +» met les stations Bonus V+ à l’honneur sur la page Facebook de Vélib’. Vous découvrirez ainsi les quartiers hauts de la capitale où se situent majoritairement ces stations bonus et pourrez grâce à ce jeu gagner de nombreux cadeaux… Je vous invite également à consulter votre rubrique « Mon Compte » régulièrement afin de surveiller votre compteur personnel depuis que vous êtes abonné. A priori, le chiffre à battre serait celui de Pierre avec ses 35 000 minutes. Qui dit mieux ?

Le top 5 des stations bonus les plus utilisées en 2011

Station n°13 010 – PLACE D’ITALIE AURIOL, Paris 13ème : 776 055 bonus cumulés

Station n°13008 – ITALIE ROSALIE, Paris 13ème : 706 005 bonus

Station n°05 013 – ULM ERASME, Paris 5ème : 633 180 bonus

Station n°13 029 – Italie, Paris 13ème : 630 555 bonus

Station n° 18 041 – MARTYRS 2, Paris 18ème : 630 375 bonus

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Les derniers commentaires

Benoit dit :

Est ce que Velib et la mairie de Paris ne pourraient pas permettre aux abonnés de faire des dons de minutes à des associations (en transformant les minutes en euros)?
Cela inciterait encore plus les abonnés à remonter les vélos tout en finançant des assoc’.

Simone Feitler dit :

Pourquoi les stations de la Rue de la Montagne Sainte Geneviève et Rue Touin ne donne,t elles pas de bonus, alors que ce sont des stations aussi hautes que rue d’Ulm?
Merci de votre réponse. cordialement
SF

Carlos dit :

Je me trouve petit joueur avec mes 1200 minutes de bonus….
A quand des bonus pour les personnes qui rapporte des velibs’ dans des stations vides et ceux qui prennent des vélibs’ dans les stations pleines!?
Vive l’autorégulation!

CHRISTOPHE dit :

Le principe des bonus est bon… pour gagner des bonus ! Pas pour trouver des vélos dans les stations d' »altitude » autour de chez moi (Martin Nadaud, Sorbier, rue des Gâtines, rue Malt Brun) qui sont toujours vides.

Purmoka dit :

Ils ont de la chance ! Parceque moi dans mon quartier (stalingrad) il n’y a jamais de vélo aux stations et ce sur des km …!

Lily dit :

Hello, Je fais partie de ceux qui remontent sur les hauteurs avec mon vélib’. (hauts de Belleville). Plus qu’une question de points c’est mon défi régulier. Néanmoins je ne sais où je peux me plaindre mais toutes les stations des hauts de Paris sont TOUJOURS et pas souvent comme cité, VIDES : le matin, l’après midi, la soirée : AUCUN VELO, !
Par exemple si je veux me rendre à République, aucun vélo autour de Jourdain, ni Pyrénéees, ni même souvent Ménilmontant et j’arrive à République à pied !
Pourquoi les navettes ne sont-elles pas plus fréquentes pour ramener des vélos en haut ?
En revanche, en bas impossible de laisser son vélib faute de place, il faut chercher la station aux alentours.

Antoine dit :

« À la suite d’un problème dans une station où le retour de son vélo n’a pas été pris en compte, ses bonus ont été automatiquement utilisés. »

Il m’est arrivé un incident similaire du type « voyant rouge après restitution d’un Vélib’ à 10h01 du soir ». Le support Allo Vélib’, contacté le lendemain matin, m’avait gentiment recrédité les +600 minutes consommées pendant la nuit.
Je crois que j’aurais fait une crise cardiaque si cela n’avait pas été le cas :-(

Antoine dit :

Je me suis demandé à une époque si je n’avais pas développé une addiction certaine au cumul des bonus. Mais je suis finalement rassuré après lecture de ce billet : d’autres sont beaucoup plus atteints que moi :-) … qui suis bien ridicule avec mes petites 5000 minutes au compteur (+ environ 2500 déjà consommées).

Mon astuce perso, puisque je n’ai pas la patience de Pierre pour m’arrêter en cours de trajet et attendre avant de pouvoir emprunter à nouveau un vélib’, c’est de profiter des stations pleines pour gagner un quart d’heure supplémentaire (l’opération ne prend que quelques secondes) et donc éviter de perdre un bonus quand on sait qu’on risque de dépasser les 30 minutes.
Mais on commence vraiment à se poser des questions quand on en arrive au stade où on choisit son parcours pour optimiser les chances de croiser une station pleine! Quitte à le rendre un peu plus long que le trajet normal.

Mais je crois que ça va mieux depuis que je suis passé en Vélib’ Passion (mes bonus sont mieux protégés :-).
Bon, le docteur m’appelle pour que je prenne mes petites pilules…

En tout cas, un grand merci aux champions pour leur contribution à la meilleure régulation des vélos.

Emmanuelle-CO dit :

totalement d’accord avec Exploser – remarque transmise à la mairie lors des anciens jeux mais à priori facebook est privilégié au blog :-(
Concernant le jeu j’aurais préférer qu’on favorise vraiment ceux qui montent des vélos et que le temps et l’argent investis dans le jeu soient destinés à une meilleure régulation (car là il y a encore du travail)
peut être moins drole mais plus utile. Les joueurs sur facebook auront ils ensuite envie de remonter des vélos ?

Exploser dit :

Le jeu que vous évoquez n’est ouvert qu’aux titulaires d’un compte Facebook !!!
Quand Vélib roule pour Facebook !!

celou66 dit :

mes 45 minutes de bonus et moi vous félicitons pour ces véritables exploits et services rendus à la régulation

tom4_CO dit :

19800 mn, il reste du boulot,moi qui était fier de mes 600 mn, je suis abattu, en fait, je ne grimpe presque pas :)

tom4

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