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La régulation, succès et ambitions
jeudi 30 juin

La régulation, succès et ambitions

Marion
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La régulation des vélos est l’un des chantiers les plus complexes à traiter : comment anticiper les besoins des utilisateurs afin qu’ils puissent disposer d’un vélo ou d’un point d’attache pour celui-ci selon les quartiers, horaires, saisons, conditions météorologiques et événements parisiens ? La tâche est ardue…

Lors de la dernière rencontre avec le comité des usagers Vélib’, il a été expliqué qu’à l’instant T seules 4% des stations sont pleines ou vides. L’image ci-dessus est une capture d’écran du système d’information de l’état des stations en temps réel : les points bleus signalent les stations vides, les rouges, les stations pleines et les verts, les stations à l’équilibre.

Pour autant, on ne peut s’en contenter, les utilisateurs étant parfois empêchés d’emprunter ou rendre un vélo… Les équipes de JCDecaux ont déjà réalisé des progrès et entendent améliorer encore la situation. J’ai interrogé Grégoire Maes, directeur d’exploitation Vélib’.

Les équipes de régulation en chiffres

¤ 48 agents de régulation travaillant 7 jours sur 7 et 24h sur 24
¤ deux bus d’une capacité de 62 vélos et 23 camionnettes d’une capacité de 20 vélos
¤ plus de 3 000 vélos déplacés quotidiennement pour les besoins de la régulation

Grégoire, quelle est la situation actuelle et peut-on quantifier les progrès déjà réalisés ?

Il y a deux aspects à considérer, les améliorations quantitatives et les améliorations qualitatives de la régulation.

On déplace plus de vélos qu’il y a encore quelques mois ou un an. Pour donner un ordre de grandeur, on traite environ 25% de vélos en plus par rapport à l’année dernière. Ces progrès ont été réalisés en organisant différemment le travail des équipes de régulation.

L’autre axe d’amélioration de la régulation est qualitatif. Même si nous espérons encore accroitre notre capacité à déplacer des vélos, le nombre de mouvements artificiels que nous pouvons ainsi réaliser reste faible à l’échelle du nombre de locations, c’est à dire des mouvements naturels des vélos.

D’autant que le nombre de locations a augmenté de 28% depuis début 2011 par rapport à la même période en 2010. Avec 110 000 vélos loués presque quotidiennement et 3000 vélos régulés manuellement, notre action ne représente que 3% des mouvements. Heureusement que nous avons augmenté notre productivité de 25%.

Partant de ce constat, quelles sont les leviers pour améliorer la disponibilité des vélos et des points d’attaches ?

On pourrait imaginer multiplier par dix le nombre d’agents et de camions mais on s’éloignerait alors de la notion de mobilité durable liée au Vélib’ : un mode de déplacement doux respectueux de l’environnement, permettant de désengorger la circulation en ville en proposant un mode de transport complémentaire.

L’autre option, celle que nous avons choisi, est d’être plus efficace. Basiquement, réguler signifie vider les stations pleines et remplir les stations vides. Toute la question est de choisir où aller exactement.

Les mouvements naturels des Vélib’ sont liés à la géographie et globalement les vélos « descendent » pour se concentrer autour de la Seine. Nous cherchons donc à déplacer les vélos dans des endroits situés plus loin, de manière à ce que chaque remontée manuelle de vélo génère plusieurs locations et trajets. Ce constat nécessite un travail fin d’analyse, actuellement en cours avec l’aide d’un ingénieur.

La deuxième idée, en complément de ce travail théorique, a été de responsabiliser nos agents et de s’appuyer sur leur expertise du terrain. C’est la nouvelle organisation du travail que j’évoquais précédemment et qui a permis de déplacer 25% de vélos en plus. Désormais, les agents n’interviennent plus, chacun, sur les différentes plages horaires mais ont choisi de travailler le matin, l’après-midi ou la nuit. Ils s’habituent ainsi aux comportements des usagers dans le secteur géographique dont ils ont la responsabilité.

Notre idée est de confronter les éléments théoriques et les constats pragmatiques.

En quoi consiste ce travail théorique et quelles sont les marges de progression qui se dessinent ?

Un ingénieur réalise un travail de fond d’analyse. Nous n’avons pas forcément la capacité d’agir suffisamment vite lorsqu’une station est pleine ou vide et on peut, en intervenant, perturber des rythmes. Certaines stations, selon les moments de la journée, peuvent être pleines puis vides. On essaye de lister les stations structurellement pleines, celles structurellement vides et celles où il est inutile de se déplacer.

On croise ces éléments théoriques avec les constats réalisés sur le terrain. Sachant qu’il y a aussi un certain nombre d’autres facteurs extérieurs et notamment la météo, le premier facteur à l’origine des congestions du système, ou les embouteillages, rendant notre action moins efficace.

L’un des axes forts sur lequel nous travaillons est la régulation de nuit, plus productive car elle n’est pas perturbée par la circulation. Elle permet de remettre le système en état, un peu comme dans un supermarché dont on prépare les rayons pour le lendemain. Et de fait à 6h du matin il n’y a pratiquement aucune station pleine ou vide.

Une régulation de nuit plus fine permettrait d’anticiper encore mieux les besoins de déplacements et de limiter les saturations. Une des pistes de progrès est d’augmenter la taille des équipes de régulation de nuit.

Aujourd’hui nous allons en priorité dans les lieux où des défauts importants ont été constatés la veille. Une autre de nos priorités est la régulation en banlieue où les inter-distances entre stations sont plus importantes et où les usagers peuvent se retrouver bloqués en fin de réseau sans pouvoir rendre leur vélo. Aujourd’hui on régule trois fois plus en banlieue que l’année dernière. C’est aussi intéressant étant donné que plus un vélo est emmené loin, plus il est susceptible de générer des locations et du flux.

Est-ce que les stations bonus V+ ont un impact réel et finalement est-ce que nous pouvons agir en tant qu’utilisateurs ?

Les stations Bonus V+ ont un véritable impact sur la régulation. L’effet incitatif est réel, les cyclistes privilégiant les stations situées en hauteur pour reposer leur vélo bénéficient d’un quart d’heure gratuit cumulable et utilisable pour un déplacement ultérieur.

En tant qu’utilisateur, avoir le réflexe de consulter la cartographie interactive en station pour connaître l’état des stations alentours peut aider la régulation naturelle des vélos. Une station pleine ou vide est souvent proche d’une autre station qui dispose de vélos ou de places libres car elle est moins connue ou peu visible.

Et puis mon dernier vœu serait tout simplement qu’un trajet aller soit toujours suivi d’un trajet retour, même si, lorsqu’il pleut, on est tous tentés de se rabattre sur le métro ! Cet hiver, j’ai été très impressionné : alors qu’il neigeait et que les voitures ne circulaient presque pas, on comptabilisait quand même plus de 30 000 locations par jour. Cela veut dire que certains ont complètement adopté Vélib’…

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Les derniers commentaires

waterprof dit :

Petit retour de mon message du 25 SEPTEMBRE 2011….La régulation de la station 31703 est toujours aussi anarchique, comme je ne peux pas être sur de pouvoir laisser ou prendre un vélo, le service est devenu totalement inopérant donc je n’ai pas eu d’autre solution de m’acheter un vélo électrique et d’arrêter mon abonnement Vélib.
….Dommage pour moi car ça me rendais bien service….

LN dit :

Bonjour,

En ce qui concerne mon quartier (wagram/courcelles) la situation est très mauvaise. Cela ne peut être pire.

En effet ma station N° 1726 (105 rue Jouffroy d’abbans 17e) au pied de chez moi et celles alentour sont désormais abandonnées par velib. Régulation = 0 ou presque. Or velib est mon seul moyen de transport pour aller travailler et faire mes courses vu que j’ai du mal à marcher.

J’avoue que j’en ai marre de signaler SANS RESULTATS au téléphone que la station est dépourvue de vélos. On me répond : « je vais le signaler ». Alors j’espère que j’aurai un peu plus de chance avec ce message.

Je souligne que les stations situées autour de celle de chez moi sont également dans le même cas. C’est inadmissible. Je veux bien comprendre que la régulation fasse défaut au aout mais pas plus. La station Ternes (grde station comme celle de 105 courcelles) est très souvent vide. A quoi cela sert de créer des stations si elles ne sont plus alimentées en velib. Le service velib perd toute sa raison d’être.

Enfin, je note également que des vélos endommagés restent abandonnés à leur borne. Or auparavant je voyais un technicien velib très sympa venir régulièrement réparer les vèlos. Mais il a disparu !

SI CELA CONTINUE JE serai au regret de STOPPER MON CONTRAT MON AMIE EGALEMENT.

C’est dommage car velib était super mais à quoi cela sert de continuer si on doit marcher péniblement (pour moi) après les stations pour savoir si on va avoir de la chance d’en trouver un de DISPONIBLE ET QUI FONCTIONNE à la station suivante. Le service deveint donc totalement inopérant.

Cordialement
laurent

Vincent dit :

Bonjour, pour ma part j’ai aussi constaté un progrès mais je suis d’accord pour relativiser le tout, il reste encore à parcourir pour valider le système à long terme (et sans parler du bilan JCDecaux, stif et/ou municipalité – l’entreprise et les salariés sont-il dans une situation stable et confortable).

1/ Incitation à la régulation naturelle avec les bornes V+ :
Serait-il possible d’étendre ce principe, avec une bonification lorsque un vélo est posé dans une borne en déficit de vélo alors qu’il est en provenance d’une borne en surplus (moins de n% de points d’attache libre) ? car la qualité d’altitude du V+ n’est pas COMPLETEMENT garante d’une bonne régulation, certaines bornes ne doivent pas être très efficaces (pas de réel déficit de vélo sur 24h) car elles peuvent par exemple être sujettes à une exploitation de la bonification en prenant un vélo à une borne 60m.

2/ je constate un fort dysfonctionnement sur la consultation du plan et des stations locales depuis les bornes (menu 5 je crois). Un projet de fiabilisation est-il en cours/prévu ? Je retente parfois d’utiliser cette fonction qui marche mieux, heureusement, lorsque la borne est pleine, après avoir bénéficier des 15 minutes supplémentaires pour trouver une borne libre aux alentours (si on parcourt trop loin, à nouveau le dysfonctionnement apparaît rapidement).
=> Si ce système fonctionne mieux (à moins que j’ai vraiment pas de chance sur mon expérience), et surtout en parcourant plus de carte, il serait possible notamment sur la borne de départ du trajet, de chercher une borne de destination optimale : qui rassure de trouver de la place sans se lancer dans une trajet qui va devenir un enfer et qui permettra naturellement de favoriser une borne qui serait plus dépourvue de vélo que les bornes voisines (car plus de chance d’avoir de la place).
De +, tout le monde n’est pas équipé d’un smartphone avec une application internet (en tout cas le site internet est assez performant, surtout avec l’ajout des stations préférées sans authentification sur son navigateur)

Personnellement, bien qu’un progrès est constaté, mon utilisation de velib est encore fortement freiner par les grands déficits de vélos durant de longues périodes (porte des Lilas – Belleville) et AUSSI par le manque de garantie que le trajet sera efficace (cas de zones ou les bornes de déposes sont trop encombrées).

Elisabeth_COMITE VELIB dit :

@ Fouzi : Je connais bien ces stations. Ce matin, à 9H, il y avait environ 8 vélos à la 19027. Mais comme Pierre l’a signalé, il y a plus de personnes pour les descendre que pour les remonter. Personnellement, j’en remonte au moins un par jour.
Un bon plan : la 19026 (Danube) se vide parfois plus lentement.
Un autre bon plan : la 19105 (Porte Brunet) qui n’est pas en hauteur
Et un troisième pour la route : 19103 (Manin Carrières), 19020 (Manin Hautpoul) 19031 (Manin Crimée). OK, il faut marcher 10 à 15 minutes, mais elles sont rarement vides toutes en même temps.

@Marje : près de chez vous, il y a la station 19102 (Belleville Rampal) qui est ravitaillée par JC Decaux la nuit et par quelques utilisateurs-trices en journée.

Marje dit :

Je me trouve quotidiennement confrontée au même problème : station 19023 à l’angle rue Manin et Simon Bolivar est vide presque tout le temps, le matin, l’après-mid, le soir…. Idem stations voisines 19101, 19024… D’une manière générale, trouver un velib dans le 19ème est un vrai casse-tête ! Et comme il y a peu de transports en commun qui desservent cet arrondissement, il ne reste que les pieds… !!!

Pierre_CO dit :

Elles sont pleines la nuit pour que les gens puissent en avoir le matin. Elles sont vides le jour car les gens qui ont descendu les Vélib ne les ont pas remonté.
La régul, ce n’est pas aussi simple que ça. Les utilisateurs doivent prendre une part active dans la régulation sinon ça ne marchera jamais. Un jour de beau temps, c’est 200 000 trajets effectués par les utilisateurs. Decaux n’a que la capacité de déplacer 5000 vélos/jour.
Que proposez-vous pour améliorer ça? C’est bien de râler mais si on ne propose rien, ça ne sert pas à grand chose.

Fouzi dit :

Les stations Stations V+ n° 19027
FACE 109 BOULEVARD SERURIER,n° 19113
27 RUE DU PRE SAINT GERVAIS,et n° 19028
17 RUE DES FETES sont vides après 9h d’une manière générale (parfois on y trouve un vélo mais c’est rare)jusqu’au lendemain matin.Le éapprovisionnement a lieu vers minuit autrement dit la station est pleine la nuit…génial!Et vide le jour quelle efficacité!
Bravo!

Goldstein dit :

Pourquoi après 0900 il n y a toujours pas des vélos autour de la Place Gambetta?

Dony dit :

Pourquoi la station 08.12, qui se trouve face au N° 10 du boulevard des Batignolles, n’est-elle jamais réapprovisionnée ? Pourquoi les équipes de régulation ne viennent-elles jamais à cette station Vélib ?

JJ dit :

Je fais souvent le trajet boulevard de Clichy vers la Bourse dans la matinée. Après 9h, il n’y plus de vélo dans autour de la place Blanche….et aucune place autour de la Bourse. Cette situation demeure depuis la création de Vélib et ne n’est jamais améliorée – elle est peut-être pire. Donc je fais le trajet… à pied.
En journée, ma station 18043 est très très très souvent vide comme celles tout autour. Et c’est toujours le cas depuis toujours. Je commence à me poser la question de l’utilité de Vélib.

Mathieu_CO dit :

@erdnisloed : quand on ne répond pas, c’est soit que la réponse a déjà été donnée, soit que nous attendons la réponse de plus haut, soit que le ton de la question ne donne pas spécialement envie de répondre… Je rappelle que nous sommes bénévoles et n’avons aucune obligation de répondre aux questions.

Pierre_CO dit :

Alors, à votre question, la succession des questions est celle-ci:
« problème avec votre vélo »
« vous avez reposé votre vélo mais le retour n’a pas été enregistré »
« Tapez le numéro de la bornette »
Ensuite, le système analyse et vous dit
1 s’il s’agit d’un bug, auquel cas il faudra rappeler le service client mais cette démarche permettra de prouver votre bonne foi
2 si vous avez mal remis votre vélo et alors il vous demande de vérifier.

Il faut savoir que le système est actuellement en refonte, qu’il y a eu des changements ces derniers mois et que d’autres sont à venir donc pour l’instant rien de définitif.
La procédure telle que je vous la décrit est celle que j’ai faite les 4-5 fois où malgré un verrouillage du vélo, la bornette est passée au rouge. A chaque fois, j’ai suivi les étapes, appelé le call par la suite et ça s’est très bien passé.

erdnisloed dit :

Alors Mathieu et Emmanuelle je croyais que vous répondiez aux questions posées. J’attends toujours la réponse à ma question précise du 20 septembre 2011 à 22:59 !

Erdnisloed dit :

J’attends toujours la réponse à ma question du 20 septembre 2011 à 22:59, à savoir :
OUI ou NON
Et si c’est NON faites en sorte SVP que ce soit OUI.
Merci
signé Erdnisloed

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