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Copenhague, la voie à suivre
lundi 14 février

Copenhague, la voie à suivre

Yann Arthus-Bertrand
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Au mois de décembre dernier, avec l’équipe de la Fondation GoodPlanet, nous avons passé 15 jours à Copenhague, la capitale du Danemark. Après un Paris-Copenhague en autocar couchette, en 18 heures, nous avons utilisé le vélo pour nous déplacer dans le centre-ville entre l’appartement communautaire et la cinémathèque où nous organisions des projections de documentaires sur le climat et l’environnement. Le vélo était aussi de rigueur pour accéder au Bella Center, le site de la conférence des Nations-Unies sur le climat, à 7,5 km du centre-ville.

Il ne s’agissait pas d’un acte militant, mais plutôt d’une évidence. A Copenhague, le vélo est le moyen de transports dominant, le plus rapide, le plus économique et le plus agréable, même en hiver lorsqu’il fait froid et qu’il fait nuit à 15h30. Rosita Crone, une Danoise de l’équipe GoodPlanet, m’a raconté comment elle a grandi dans une famille copenhaguoise qui n’a jamais possédé de voiture. « Rien d’exceptionnel », me dit-elle et « ce n’était pas pour une question d’argent ».

Quelle joie de circuler au milieu des vélos –les vélos sont omniprésents–, de jour comme de nuit, sous le soleil ou sous la neige, de croiser des enfants, bonnets vissés sur la tête, installés à l’avant d’un triporteur, de pouvoir laisser son vélo dans la rue simplement entravé sans craindre le vol, de voir comment les automobilistes et les feux de signalisation se mettent au diapason des cyclistes…

Malgré ma déception liée à l’insuccès de la négociation sur le climat, circuler à vélo dans cette grande ville de plus d’un million d’habitants m’a fortifié. Je suis rentré à Paris convaincu de notre retard, je dirai même de notre sous-développement en la matière mais aussi rassuré : vivre dans une ville sans avoir de voiture n’est pas une utopie.A vélo, la ville est plus belle et la vie aussi !

Yann Arthus-Bertrand

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Les derniers commentaires

Jefff dit :

C’est épouvantable de constater comme on peut enfoncer certains débats dans la bourbe, en particulier à la TV et maintenant en ligne… Le pouvoir d’expression qui nous est donné par les techniques de communication serait-il inversement proportionnel à la qualité de la réflexion ? Les points de vue sont jetés en vrac : on est pour, on est contre. Et finalement c’est toujours mieux ailleurs et on enchaîne sur une autre « actu ». Pour le coup on parle vélo et l’inévitable YAB s’y colle: une jolie comptine sur nos amis danois qui sont si beaux à bicyclette, et le tour est joué, la pub Vélib est emballée. Un peu de morale avec l’exemplaire, la magnifique Copenhague, un peu de culpabilité comportementale parisienne (sous-développement dit-il, quel mépris !), un petit cachet sans doute pour rémunérer le brillant publi-reportage et le « carbo-compensé » peut repartir en balade. L’internaute abonné-Vélib prend le relais et c’est la « com » qui roule… Où est le problème et veut-on vraiment réfléchir pour avancer sur le sujet ? Le problème n’est pas qu’on est idiot ou en retard en France, à Marseille, à Paris, à Rodez ou à Trifouillis… Le problème c’est qu’on a du relief chez nous… Et oui YAB ! On ne te voit pas souvent passer quinze jours dans le 20e à grimper la rue de Crimée (épuisante), ni même l’avenue Simon-Bolivar (beaucoup plus douce). Donc si l’on parle de vrais problèmes, peut être qu’il y a une chance de recueillir des idées. Mais la morale à deux balles, non merci ! Le sujet Vélib (qui est si intéressant) vaut mieux que cela.

Olivier dit :

Je suppose que c’est pour des raisons écologiques que vous avez passé 18h dans un bus plutôt que 1h30 dans un avion.
Alors, quel est le rapport entre le coût carbonne du voyage en car par rapport à celui en avion ?

Lolo dit :

Yann Arthus, à quand un reportage sur les vélos au…Qatar, pays merveilleusement écologique que tu as défendu sans sourciller lors de sa candidature à l’organisation de la coupe du monde (bénévolement comme Zidane).
Je t’aimais bien mais ça, ça passe pas…

un cycliste parisien

antoine dit :

ça alors, incroyable ! Et figures toi Yann Arthus qu’à Cph ils ont même un système de vélo accessible à tous car empruntables sur le système de chariots de supermarché. Un grand nombre de vélos privés sont des vélos type « livreur de lait », permettant de mettre les enfants ou animaux, ou sacs, à l’avant. Et si tu étais monté sur un vélo, tu te serais même rendu compte que leurs biclous sont à rétropédalage. Non mais tu te rends compte un peu, Yann Arthus ??

marqué j.pierre dit :

Dans les pays nordiques aussi on vole les vélos, dixit un reportage télévisuel très récent.
A Paris, dans le 20ème périphérique, c’est une plaie honteuse.

Stéphane dit :

Comment ?!

incroyable… il y a des vélos à Copenhague ? mais c’est génial ! Yann Arthus à découvert les vélos ! purée c’est génial ! merci Yann et en plus tu as pris de ton libre pour nous raconter cette aventure « vue du bitume » A quand les pousse-pousse à Bangkok. les bobos en vélib’ en contre sens dans les petites rues se sentent moins seuls, snif ! merci

Laurent dit :

Bonjour,
J’ai eu l’occasion de circuler à vélo dans de nombreuses grandes villes du monde : c’est un merveilleux moyen de découvrir leur espace. Et je dois dire pour ce qui et du respect des cyclistes par les automobilistes, notre pays est un des plus arriérés qui soient. Il suffit de jeter un œil sur les pauvres pistes cyclables à Paris : dans bien des quartiers elles servent à tout sauf aux vélos! Et puis reste trop bien ancrée chez beaucoup cette idée que prendre le volant et partir en guerre c’est un peu la même chose. Oui c’est très instructif de circuler à vélo ailleurs : cela montre le chemin à parcourir chez nous, aussi bien sur le plan des mentalités et du civisme que sur le plan écologique.

bianca dit :

WONDERFUL!
NO CO2
GOOD AMBIANCE!

antoine dit :

J’ai eu la même réaction en passant un WE à Amsterdam, avec quelques frayeurs au début, moi le pieton qui traverse les pistes cyclables sans faire attention ! Le partage de l’espace urbain entre pieton, cycliste et voiture nécessite vraiment l’adhesion de chacun. En france, on en est loin.

milky way dit :

Et encore il y a 20 ans il n’y avait pas de vélibs a paris et beaucoup plus de voitures, le contraste était encore plus fort, copenhague c’est aussi la ville des christiana bikes, je me rappelle qu’il y avait parfois tellement de vélos le long des maisons qu’ils étaient entassés en double file

chris dit :

Bravo Yann, encore un petit effort et te voilà parti pour vendre hélico sur ebay…:p

Skat76 dit :

J’ai moi même vécu à Copenhague, il y a quelques années, et j’y ai passé 4 mois l’été dernier, c’était génial de circuler à vélo. Tout y est organisé, les pistes cyclables sont trés large, les automobilistes sont respectueux des cyclistes. Sans pour autant que les voitures soient interdites, hormis dans les zones piétonnes.C’est le pragmatisme des Danois, sans idéologie ni contraintes.

tom4 dit :

hello

apres, le vélo cargo, ca se fabrique assez facilement. J’ai des potes qui en ont construit, 2 cadres de vieux vélo, une caisse en bois, un poste à souder et hop

tom4, bon, le soucis, c’est que moi je suis très mauvais en soudure 🙂

Mathieu dit :

Assez surprenant de constater que le bullit (« vélo cargo ») pèse le même poids… qu’un Vélib (qui, il est vrai, est assez lourd pour être très résistant à ce qu’il peut vivre) ! Le prix n’est pas du tout le même par contre… (premier prix à 1872€)

Marion dit :

Merci à Yann Arthus-Bertrand pour cet édito ! Si vous aussi vous avez sillonné les rues de Copenhague à vélo, faites-nous part de vos impressions 😉

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