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Paris, nos transports et nous
mardi 4 janvier

Paris, nos transports et nous

Marion
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A travers sa « petite histoire du ticket de métro parisien », Grégoire Thonnat nous raconte les grandes évolutions sociales du 20e siècle. Mais alors que disent de nous notre carte Vélib’ ou le passe Navigo combiné avec l’abonnement Vélib’ ?

Pourquoi ce livre ?

« J’ai grandi dans le 15e arrondissement de Paris, au pied du métro et, comme beaucoup de petits garçons je me suis passionné pour les trains » raconte Grégoire Thonnat. Aussi passionné d’histoire et en particulier de celle de sa ville, sa collection de tickets de métro « est une vraie passion d’enfance » souligne-t-il. « Vers 13 ans, j’allais beaucoup chez les bouquinistes pour y acheter des bouquins pas chers. On y trouve des « truffes » c’est-à-dire de vieux papiers qui servaient de marques-pages. Souvent il s’agissait de tickets de métro » raconte ce passionné.

Collectionneur oui et non : « je suis quelqu’un de normal, je travaille, j’ai une famille, je ne suis pas un mono-maniaque ! » précise-t-il en riant. Contrairement à nombre de collectionneurs il ignore combien il possède de tickets. « C’est moins l’accumulation qui importe que l’intérêt des tickets : leur graphisme, leur papier, leur odeur, l’impression qui s’en dégage. Un ticket dit son époque d’une certaine manière » souligne Grégoire Thonnat.

En quoi un a priori simple titre de transport est-il le témoin de son époque ?

On peut citer plusieurs exemples comme les « cartonnettes de guerre » : la mauvaise qualité du papier témoigne de l’époque de rigueur et de rationnement pendant la première guerre mondiale. « Le ticket de métro est l’un des reflets de l’évolution des modes de vie parisiens » répète Grégoire Thonnat. A l’inauguration de métro en 1900, il existe trois tarifs : première, seconde et l’aller-retour. En 1930, un 4eme tarif est créé pour les mutilés de guerre. « Les anciens combattants ont dû faire pression pour faire plier la société du métro, à l’époque privée » raconte Grégoire Thonnat.

En 1948, en plein baby-boom après la seconde guerre mondiale, c’est un autre tarif « familles nombreuses » qui est créé. Dans la continuité de cette mesure, en 1961, l’ancêtre de la carte orange, une carte hebdomadaire voit le jour pour répondre aux besoins des bébés de l’après-guerre aujourd’hui étudiants. La carte est alors hebdomadaire car les ouvriers sont payés à la semaine. En 1975, « la carte orange est une vraie révolution : il fallait avant jusqu’à cinq billets différents pour traverser Paris » raconte Grégoire Thonnat.

En 1975, la carte orange est une révolution, que pourrait vouloir dire la création du Vélib’ ?

La carte orange a introduit la notion de trajets en « illimité » et a « donné un sentiment de liberté énorme aux parisiens » explique Grégoire Thonnat. Un million de ventes ont ainsi été enregistrées, bien plus que les prévisions les plus optimistes : « tous les nouveaux abonnés n’avaient pas besoin de carte orange » précise Grégoire Thonnat, ils courraient après ce sentiment de liberté des trajets en illimité, « un vrai progrès social ». Aujourd’hui on tend à tout dématérialiser, les cartes oranges disparaissent au profit des passe Navigo : « d’ici 5 à 10 ans, les tickets n’existeront plus qu’à la marge, on se servira de clés USB ou d’une application sur un smart phone pourquoi pas, les technologies existent » estime Grégoire Thonnat pour qui il ne s’agit pas « de jouer les vieux nostalgiques » (il n’en a même pas l’âge!).

« Évidemment, le passe est génial, surtout si en plus on y ajoute son abonnement Vélib’ : j’aime l’idée des transports combinés, c’est la diversité qui est intéressante » précise-t-il. Lui-même utilise les transports en commun mais a aussi un scooter, utilise son propre vélo et parfois le Vélib’. « L’intermodalité est aussi une vraie révolution » estime-t-il : « ce n’est pas le cas d’autres capitales comme à Tokyo par exemple où plusieurs compagnies privées gèrent le métro si bien que quand vous faites une correspondance vous pouvez passer d’une compagnie à l’autre et devoir payer un supplément »…

En conclusion, je vous invite à aller découvrir quelques morceaux choisis du livre de Grégoire Thonnat « Petite histoire du ticket de métro parisien » sur son blog http://histoireduticketdemetro.blogspot.com/

En tout cas, pour ceux qui, comme moi, se souviennent des tickets jaunes, je suis complètement d’accord avec Grégoire Thonnat : le ticket de métro est une icône de Paris, une madeleine de Proust qu’on aime à (re)découvrir.

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Les derniers commentaires

Mélanie dit :

C’est une idée originale que de raconter la vie des parisiens au travers ce petit morceau de papier et de nous faire prendre conscience de cette manière que c’est bien un objet du patrimoine parisien !

bravo !

Sophie dit :

Le ticket de métro est effectivement plus qu’un symbole… car le métro, comme le Vélib’, est bien plus qu’un simple moyen de transport ! Et ce livre lui rend hommage d’une très belle façon…

Site Officiel Vélib
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