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Quelle pollution à vélo et à Vélib ?
vendredi 5 novembre

Quelle pollution à vélo et à Vélib ?

Marion
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J’ai interrogé Arthur de Pas, ingénieur à Airparif*. Je voulais savoir si l’arrivée du Vélib’ et la multiplication des vélos à Paris avait un impact sur la qualité de l’air parisien et si oui, est-on capable de mesurer cet effet ?

Vélib’ contribue à améliorer l’air parisien ?

Il n’y a pas d’effet Vélib’ mesuré mais, ce qui est sûr c’est que « tout ce qui peut être fait pour diminuer le trafic (motorisé bien sûr) est bon à prendre » répond Arthur de Pas. Globalement, la qualité de l’air s’améliore en Île-de-France. Mais le dioxyde d’azote et les particules en suspension dans l’air, émis en partie par le trafic routier, dépassent toujours les niveaux réglementaires. Agir sur le trafic permet d’améliorer la situation.

D’ailleurs parmi les « petits gestes au quotidien » pour améliorer la qualité de l’air listés sur le site d’Airparif, on trouve préférer, quand on le peut, la marche à pied ou le vélo plutôt que la voiture… Pour autant, précise Arthur de Pas, « on n’est pas capable de quantifier l’impact de l’usage du vélo ou du Vélib’ sur l’amélioration de la qualité de l’air ».

Automobiliste : premier pollueur et pollué

C’est d’autant plus intéressant de troquer sa voiture contre un Vélib’ quand on regarde les niveaux d’exposition des automobilistes : dans sa voiture, l’automobiliste peut-être exposé à des niveaux jusqu’à deux fois supérieurs à ceux constatés au bord de la route ! « Le principal pollueur est aussi le principal pollué » résume Arthur de Pas. En effet, les polluants dégagés par les autres voitures sont aspirés par les systèmes de ventilation de la voiture et s’accumulent dans l’habitacle alors qu’ils se dispersent à l’air libre.

« On a souvent des questions de gens qui s’inquiètent de l’exposition des bébés dans leurs poussettes, raconte-t-il, mais ils sont en réalité plus exposés à la pollution dans leurs sièges auto ». Par ailleurs, les cyclistes n’empruntent pas les grands axes comme l’autoroute ou le périphérique où les niveaux de pollutions sont les plus importants.

Pistes cyclables : exposition réduite

A l’été 2008, Airparif a mené une étude sur l’exposition des cyclistes à la pollution. « Un vélo de livraison permettait de mesurer en continu la prise d’air au niveau de la bouche du cycliste et une caméra enregistrait les configurations rencontrées et notamment les différents aménagements » raconte Arthur de Pas. Une quarantaine de trajets ont ainsi été réalisés. Les niveaux de pollution observés varient en fonction de la densité du trafic, de la distance du cycliste par rapport au trafic et enfin du niveau de pollution ambiant.

« L’exposition maximum est enregistrée quand le cycliste est dans le flux de circulation », au cœur du trafic mais dès qu’il s’en éloigne on constate un effet positif. Sur une piste cyclable distincte de la voie de circulation automobile, « le niveau d’exposition peut être diminué jusqu’à deux fois » souligne Arthur de Pas. Au niveau des voies de bus ouvertes aux cyclistes ou des pistes cyclables avec un simple marquage au sol, on trouve des niveaux intermédiaires.

« On se doutait » que l’éloignement avait un effet positif explique Arthur de Pas mais l’étude a permis de mesurer ce bénéfice, pas négligeable. En tant que cycliste ou piéton pour limiter son exposition, mieux vaut ainsi s’éloigner du trafic automobile que porter un masque me précise Arthur de Pas : ceux-ci bloquent seulement les particules qui sont de toutes façons filtrées par notre nez (si on inspire par le nez et non la bouche).

J’en conclue que pour contribuer à ma petite mesure à améliorer la qualité de l’air que nous respirons, mieux vaut continuer à enfourcher un Vélib’ dès que possible 😉 La multiplication des vélos et la réduction du trafic motorisé permettront de diminuer l’exposition de tous au dioxyde d’azote et aux particules.

* Airparif est une association agréée par le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable chargée de surveiller la qualité de l’air Ile-de-France depuis 1979. Interview réalisée en novembre 2010.

Les bénéfices santé du vélo sont-ils toujours valables quand on pédale en ville au milieu d’une circulation automobile dense ? Retrouvez les réponses du docteur Jean-Luc Saladin, médecin généraliste au Havre, directeur de thèse, conseiller scientifique de la Fédération française des usagers de la bicyclette (Fubicy) et délégué modes doux de la Ville du Havre.

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Les derniers commentaires

joe dana dit :

D’autant plus que quand on force on est essouflé et donc on respire par la bouche, or apparament c’est moins bon car pas de filtrage des narines !

Mathieu dit :

Malheureusement les pollutions aux particules ne sont pas à l’échelle locale mais à l’échelle au moins nationale…
http://www.prevair.org/prevision/carte/20110305/PM10_dry_AWM_PMAP_D+0_big.gif

Emmanuelle dit :

et dire que demain c’est le semi-marathon !!!
heureusement il ne devrait pas y avoir trop de véhicules à proximité des coureurs

Mathieu dit :

Attention à tous les vélibistes et autres sportifs franciliens, l’air est très pollué en région parisienne depuis le début de la semaine et ça devrait durer encore un peu, donc ne forcez pas, et privilégiez pour l’instant dans la mesure du possible des transports doux un peu moins physiques 😉

Site Officiel Vélib
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