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Le Vélib’, un moteur d’économies ?
mardi 2 novembre

Le Vélib’, un moteur d’économies ?

Marion
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La Fédération française des Usagers de la Bicyclette (Fubicy) a consacré une journée d’étude au « vélo, un moteur économique » à l’occasion de son congrès annuel du printemps dernier. J’ai donc cherché à savoir si Vélib’ et ses cousins étaient eux aussi des moteurs économiques. Quelques éléments de réponse avec Christophe Raverdy, président de la Fubicy.

Moteur de l’économie et d’économies

Cette journée d’étude de la Fubicy a notamment permis de présenter aux représentants des 160 associations cyclistes membre de la fédération les résultats de plusieurs études et notamment l’enquête d’Atout France, agence de développement touristique de la France, sur l’économie du vélo.

Quand on lui demande ce que recouvre cette question du « vélo, moteur économique », Christophe Raverdy précise qu’il s’agissait aussi bien de parler de l’activité économique générée par les cyclistes (tourisme, industries ou commerce de cycles : 4,5 milliards d’euros de retombées économiques!) que des économies « très substantielles » qu’ils permettent de réaliser. « Au total, le chiffrage dépasse les 6 milliards d’euros » souligne-t-il…

6 milliards économisés…

En effet, comme je vous le disais la semaine dernière via le quizz de l’économie, on estime qu’on économise ne serait-ce qu’en dépenses de santé 5,6 milliards d’euros par an ! Obésité et toutes les pathologies qui en découlent, maladies cardio-vasculaires, « on diminue par deux son risque cardiaque » rappelle le président de la Fubicy, faire du sport permet de rester en bonne santé. « Aujourd’hui le vélo représente 3% des déplacements ; si on atteint les 10%, les économies réalisées seraient considérables » souligne-t-il, et le déficit de la sécurité sociale pourrait même être de l’histoire ancienne…

… dont 5,6 en dépenses de santé !

Le calcul des économies potentielles est même en dessous des réalités quoique très sérieux. A partir des méthodes et évaluations de l’Organisation Mondiale de la Santé, on estime que chaque kilomètre parcouru correspond à une économie de 1,21 € en dépenses de santé évitées.

Étant donné que l’enquête nationale sur les transports et déplacements 1993 -1994 évaluait à 4,4 milliards le nombre de kilomètres parcourus annuellement à vélo en France, on obtenait une économie de 5,6 milliards. Or on peut supposer que depuis la pratique a encore progressé et, avec elle, les économies de santé associées.

Impact réel du Vélib’ et de ses cousins

« Chaque kilomètre parcouru à vélo rapporte de l’argent » explique Christophe Raverdy, « les collectivités ont intérêt à ce que la pratique cycliste se développe ». Les vélos en libre service comme le Vélib’ « ont un impact réel sur le bien-être de tous mais aussi en terme de pollution, de diminution du stress, d’usure de la voirie », au final « c’est l’état de santé de toute la population qui s’améliore » quand la pratique du vélo croît.

Au moins 145 millions d’après mes estimations !

Les vélos libre service ont l’avantage d’inciter certains à se remettre au vélo et à l’utiliser pour leurs déplacements quotidiens. Puisqu’on estime à 120 millions le nombre de kilomètres parcourus sur des Vélib’ ou leurs cousins en France tous les ans, d’après mes calculs, nous permettrions donc collectivement d’économiser 145,2 millions d’euros de dépenses de santé !

Vélos en libre service (VLS) : question d’échelles

Par contre, étant donné que le coût moyen des systèmes de vélo en libre service (VLS) est estimé à 2000 à 3000 euros par vélo et par an (investissement et coûts d’exploitation et de maintenance) par le GART (groupement des autorités des transports), cela n’est viable que dans les grandes villes. Pour Christophe Raverdy, il faudrait alors envisager d’autres formes avec plus de « responsabilisation des usagers » : des locations de longue durée, quelques points relais et non un réseau de stations automatisées accessibles 24h sur 24, etc.

Vélib’ et VLS, dans les grandes villes

Malgré le coût élevé de ces systèmes, le Commissariat général du développement durable (Ministère de l’Ecologie) estime lui aussi dans son étude « les coûts et les avantages des VLS » que le bilan socio-économique des coûts et bénéfices liés aux VLS (santé, environnement, décongestion du trafic, etc) est équilibré et particulièrement intéressant pour les grands réseaux comme Paris ou Lyon où chaque vélo est utilisé au moins 5 fois par jour. Pour des agglomérations de plus petites tailles, cet équilibre serait plus difficile à atteindre.

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www.fubicy.org

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Les derniers commentaires

PierreCO dit :

@Zen215: Il y a plusieurs moyens d’effectuer un trajet. La marche donc effectivement vos chaussures mais cela ne se compare pas vraiment à un trajet en bus, en metro, en taxi ou en Vélib, à moins que vous n’ayez l’habitude de faire des marches de plus de 20 minutes (il ne faut pas être pressé)

Parmi les transports utilisé par des milliers d’usagers, on compte Vélib donc oui c’est logique de le comparer avec le prix d’un ticket de metro/bus. C’est en quelque sorte un service public.

Zen215 dit :

@ Mathieu

La comparaison a bon dos ! Voulez-vous savoir combien coûtent mes chaussures aussi ?

Comparer permet d’amener la question sur une autre terrain de discussion. Malin va !

La beauté des rues de Paris… ben oui, il y a des quartiers qui se retrouvent avec des parkings immenses de plus de 50 vélos (Chatelet, Montmartre, BNF) alors qu’avant il n’y avait rien, même pas de voitures ! C’est comme tout ; le paysage à un prix. On est prêt à accepter une dégradation du paysage urbain quand le service est à la hauteur de l’attente. Clairement il ne l’est pas et son prix augmente ! Alors quoi !

Mathieu_CO dit :

30€ par an ? Cher ? Rappelez-moi le prix d’un Navigo annuel zone 1-2 ? (pour ceux qui ont la flemme de chercher : 617,10€)

Quant à la beauté des rues de Paris avec le Vélib, c’est justement pour ne pas « gâcher » le paysage que les ABF ont demandé à ce que les vélos soient gris…

Zen215 dit :

Je suis d’accord avec Louise. Une augmentation reste une augmentation. L’abonnement n’a rien à voir avec cela (car il est plus cher : 30€ ! et on n’a pas forcément envie de s’abonner, le but n’est pas de rendre dépendant les gens… Cela arrange bien JCDecaux d’avoir des personnes qui payent 30€, c’est d’ailleurs pour cela qu’il a augmenté le prix du ticket quotidien courte durée ; et cette incitation reste un motif financier ; aucune philanthropie, il ne faut pas être naïf). Et puis il est à parier qu’il ne restera pas longtemps à 29€. Les augmentations se constatent partout (il ne faut pas vivre dans une bulle ?). Si on accepte n’importe qu’elle augmentation, c’est la porte ouverte…

fr dit :

Pfff. Si vous prenez le ticket quotidien à 1,70€, c’est que vous n’êtes pas passé à l’abonnement, qui au départ se rentabilisait à partir de 29 trajets, et maintenant 17, sous entendu 17 trajets sur 1 an que vous allez préférer faire en vélib plutôt qu’en métro/voiture ou autre. Vu la complexité, la caution de 150€ et les deux minutes nécessaires à un abonnement journée, il est très clairement réservé à des gens qui découvrent ou n’habitent pas paris. Le prix de 29€ n’a pas bougé et est on ne peut plus raisonnable… D’ailleurs cette augmentation du ticket journée nous évite l’augmentation de l’abonnement. Pour la beauté des rues parisiennes… haha.

LouiseLaffont dit :

Le Vélib connaît une hausse de prix honteuse qu’il faut dénoncer. Une hausse de 70% du prix du ticket courte durée ! Vous y croyez ?! Passer de 1€ à 1€70 est disproportionné sachant que cela augmente par pallier après 30mn.

La communication de JC Decaux est risible et amatrice : faire croire que le tarif est peu élevé car il est au même prix qu’un ticket de métro. La comparaison a bon dos !

Cette hausse bafoue complètement la politique écologique de la ville qui visait à encourager les citadins à prendre le vélo. Pire : les citadins n’ont pas eu le choix : ils ont dû se résigner à voir les trottoirs amputés pour les installations Vélib (qui sont tristes en gris avec des vélos lourds et mastocs), ils ont été contraints à voir le paysage de la ville modifié. Personne n’avait rien demandé. Cette contrainte devait avoir une contrepartie : des prix raisonnables. Or ce n’est plus le cas. La ville et les citadins se retrouvent otage d’un service qui n’en est plus car subissant des hausses de prix très fortes. Les citadins se retrouvent avec d’immenses parkings à vélos qui cassent la beauté des rues parisiennes ET avec des vélos dont l’utilisation est devenue chère. Le parisien a tout gagné ! Cette hausse bafoue le rôle de service (public) du Vélib.

JC Decaux justifie ce désir d’augmentation des prix par un nombre «inattendu» de vols et de dégradation. Malheureusement une augmentation du prix ne peut être que contreproductive et avoir l’effet inverse. Je n’encourage pas la violence, je la condamnerai toujours, mais force est de constater que dans ce contexte on peut la comprendre.

tom4_CO dit :

hé, les comiques de vieactuelles, c’était marrant 2 minutes, mais ça devient soulant

tom4

tom4 dit :

il faudrait generaliser dans les gares et entreprises les parking velos sécurisés (à l’image de ce qu’on trouve en allemagne) dans les villes où il n’y a pas de systeme de vélo en libre service. ce la inciterait les gens à faire train+velo, en ayant l’assurance que le vélo ne sera pas volé

tom4

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