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Intermodalité à Paris : l’embarras du choix pour se déplacer
mardi 31 août

Intermodalité à Paris : l’embarras du choix pour se déplacer

Aurelie
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Les transports urbains sont révélateurs de nos modes de vie. A tel point que les clichés ne sont pas rares au sujet des usagers parisiens. Ainsi, si les utilisateurs de Vélib’ sont volontiers qualifiés de « bobos » par les non initiés, le métro est souvent résumé à un lieu gris, déshumanisé, et à la routine peu flatteuse du « métro-boulot-dodo ». Le RER ? Il évoque pour beaucoup le quotidien des banlieusards. Paris, c’est un peu de tout cela… et bien mieux encore !

Des premiers omnibus aux voitures en libre service

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ici, les transports urbains ne datent pas d’aujourd’hui. Dès le XVIIème siècle, des « carrosses publics » ont commencé à transporter des voyageurs dans les rues de Paris. Vers 1830, les omnibus – toujours tractés par des chevaux – deviennent des lignes régulières. En 1900, est inaugurée la première ligne de métro – notre actuelle ligne 1, traversant la ville sur un axe Est-Ouest, ainsi que le funiculaire de Montmartre. Les premiers autobus n’arrivent qu’un peu plus tard, en 1906. Dès 1934 le métro franchit les portes de la capitale. Dans les années 1970, avec l’essor des villes de banlieue, c’est le RER qui entre progressivement en circulation. Tous ces réseaux n’ont depuis cessé de s’étendre et se ramifier, drainant chaque année plus de voyageurs. Le destin des tramways parisiens est, lui, plus chaotique : l’engin fait son apparition en 1855, et sera exploité jusqu’en 1938. Jugé un temps inadapté, il est démantelé – à Paris et dans d’autres villes de France. Mais les temps changent, et les métropoles embouteillées réinvestissent dans les transports en commun, et plus particulièrement dans ces tramways, plus écolos que les bus, et dont la circulation en site propre permet de désengorger les axes routiers… Le tramway francilien fait donc son retour en force en 1992 et ne cesse de poursuivre son implantation dans la capitale, avec notamment le prolongement du T3. En 2007, c’est l’arrivée du Vélib’. En 2008, la navette fluviale Voguéo prend le large et les innovations ne sont pas terminées, puisque d’ici peu, c’est Autolib’ qui entrera en service…

Une offre de transports riche et un accès simplifié

Aujourd’hui, nous n’en avons pas forcément conscience mais la palette de transports à Paris et petite couronne est l’une des plus denses au monde, et il serait bien difficile de faire plus varié. Jugez plutôt : 14 lignes de métro, 5 lignes de RER, plus de 300 lignes de bus, mais aussi des Noctiliens, et les dessertes des aéroports de Roissy-Charles de Gaulle et Orly, 8 lignes de train de banlieue, 4 lignes de Tramway, plus de 1 200 stations Vélib’, les navettes fluviales et le funiculaire de Montmartre… Pour un court trajet ou un long périple, une utilisation à l’année ou très occasionnelle, chacun peut y trouver son compte ! Et si comme moi vous avez opté pour le pass Navigo (sur lequel vous pouvez coupler votre abonnement Vélib’ et vos abonnements aux transports en communs), tout est centralisé, pour papillonner d’un moyen de transport àl’autre.

Les transports et vous, un zapping quotidien !

Certains parmi vous sont passés au tout Vélib’, mais ce n’est pas le cas de la majorité d’entre nous. Autour de moi, les approches sont assez diverses. Le Vélib’ reste surtout complémentaire des transports en commun. Axel et Pierre, dont j’ai fait la connaissance sur les Champs Elysées, sont tous deux étudiants. Ils m’expliquent avoir recours au Vélib’ pour leurs retours de soirée, lorsque le métro ne circule plus. Aux beaux jours, le Vélib’ devient leur moyen de transport de prédilection. Quant à Marlène, 36 ans, qui vit à Nevers et se rend fréquemment à Paris pour son travail, c’est une véritable adepte de l’intermodalité. « Le plus souvent, je prends le RER A pour traverser Paris rapidement depuis la Gare de Lyon. Mais je préfère me déplacer àVélib’ pour les trajets plus courts ». Jérémie, barman à St Germain des Prés, préfère de très loin le Vélib’. « A vélo, je me sens plus libre, plus rapide aussi. Je prends un peu le métro, quand je suis avec ma copine ou si j’ai des bagages. C’est vrai que c’est pratique dans ces cas-là, mais la plupart du temps, je préfère être seul sur mon vélo. C’est un bon moyen de faire le vide… ». J’étais assez curieuse de recueillir des témoignages d’utilisateurs des navettes fluviales Voguéo – que je n’avais moi-même encore jamais utilisées. A première vue, les voyageurs ont l’air conquis. Il est vrai que beaucoup en font un usage touristique. J’ai tout de même pu rencontrer un habitué de Voguéo, Antoine. Ancien usager quotidien de la ligne 8 pour se rendre sur son lieu de travail, il a opté depuis cet été pour les navettes fluviales. « Au départ, j’étais un peu sceptique. Mais mon trajet en métro était devenu pénible, à cause des travaux du pont de Charenton. Je me suis rabattu sur Voguéo, et je ne regrette pas. Je le recommande souvent autours de moi, et j’espère que ce type de navettes se généralisera à Paris ».

En envisageant les choses différemment, nous nous rendons compte à quel point l’intermodalité est aboutie dans la capitale. Chaque mode de transport a ses avantages, et les différentes solutions qui s’offrent à nous se complètent plutôt bien. Personnellement, j’ai mes petites habitudes, et j’adapte mes modes de déplacement à mes besoins. Et vous ? Etes-vous adeptes de l’intermodalité ?

Crédit photos : Mairie de Paris, et par ordre d’apparition Arnaud Terrier, Henri Garat, Anne Thomes, Jean-Baptiste Gurliat

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Les derniers commentaires

Mathieu dit :

Quelques éléments de réponse sur http://www.paris.fr/portail/viewmultimediadocument?multimediadocument-id=80551

Concernant le dernier point, il y a deux catégories d’usagers :
* ceux qui trouvent le vélib plus pratique que leur propre vélo, et délaissent le dernier donc au profit du premier
* ceux qui trouvent qu’au contraire le vélib est trop limitant (30 minutes, régulation), et achètent/ressortent leur propre vélo
Au vu des statistiques, les deux catégories s’équilibrent globalement, avec à prendre en compte également les personnes qui ressortent leur vélo en voyant l’augmentation du nombre de cyclistes dans Paris.

PierreCO dit :

Questions très intéressantes mais j’ai peur qu’il n’existe malheureusement aucune étude pour vous répondre. A part sur les utilisateurs de Vélib qui doit bien se trouver sur Internet.

Sylvie dit :

Quelques questions sur le VELIB’et l’intermodalité
– qui sont les utilisateurs de Vélib ?
– cette utilisation a-t-elle un effet sur la fréquentation des transports publics ou est-ce vraiment complémentaire ?
– les utilisateurs ont-ils tendance à ne plus posséder de vélo à eux ?

Site Officiel Vélib
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