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Paris métropole : les nouvelles frontières de la capitale ?
vendredi 28 mai

Paris métropole : les nouvelles frontières de la capitale ?

Marion
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Je suis tombée sur un article du Parisien qui a attiré mon attention. A partir des chiffres de fréquentation, la communauté d’agglomération Grand Paris Seine Ouest (GPSO) qui regroupe Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Vanves, Sèvres, Chaville, Meudon et Ville-d’Avray s’est penchée sur les usages de Vélib’. Leurs réflexions ont donné lieu à un papier paru le 30 avril. Un des points relevés intéressants à mon sens est notamment que les parisiens eux-aussi franchissent les Portes de Paris. D’où la question, de plus en plus légitime selon moi, des frontières de Paris.

Shopping à Vélib’

Trois communes de la communauté d’agglomération ont adopté Vélib : Boulogne-Billancourt (21 stations), Issy-les-Moulineaux (11 stations) et Vanves (7 stations). Premier constat du GPSO, les stations les plus fréquentées sont celles qui desservent d’une part les transports en commun (c’est peu étonnant étant donné que Vélib’ est un moyen de déplacement complémentaire) mais aussi les stations à proximité des zones commerciales. A Boulogne, le coin de la Grand-Place, du centre commercial des Passages et des cinémas, a ainsi attiré plus de 20 000 cyclistes en 2009. Ferait-on désormais ses courses à Vélib’ ? Je me demande si Vélib’, surtout aux beaux jours, n’incite pas à « pousser » jusqu’aux magasins un peu plus lointains qu’on aurait la flemme de rejoindre à pied…

Qu’est-ce qu’un parisien ?

A Issy-les-Moulineaux, le GPSO note une prédominance des trajets à l’intérieur de la commune, puis vers le 15ème arrondissement de Paris et vers une autre commune voisine, Boulogne-Billancourt. Le député-maire de cette dernière, Pierre-Christophe Baguet, interrogé par Le Parisien (article d’Olivier Bureau du 30 avril 2010) parle de la « très bonne surprise » du Vélib’, véritable succès qui prouve que « ce concept est intelligent et répond à une demande » et souligne une révélation : les parisiens et notamment les habitants du 16ème passent les frontières des portes de Paris. «Vélib’ a gommé le périph et les limites entre communes », conclut-il.

Redéfinissons nos frontières

Moi la parisienne, j’ai vraiment le souvenir enfant, ado et même encore aujourd’hui d’avoir choisi mes quartiers de prédilection non pas en fonction de frontières administratives mais plutôt de mes amitiés et de la facilité d’accès à pied ou en transports en commun (dans cet ordre bien sûr !). Du coup je me demande dans quelle mesure Vélib’ n’est pas aussi en train de changer notre rapport à la ville : on (re)découvre des coins de Paris pour se balader ou faire ses courses, on franchit les frontières du périph’ pour y profiter de l’offre culturelle et de loisirs hors les murs de Paris. Bien sûr, nombreux sont ceux qui n’ont pas attendu Vélib’ pour ce type de découvertes mais est-ce que Vélib’ n’est pas un « facilitateur » parce qu’on définit son propre trajet, que certains coins semblent moins lointains ?

NB : l’article du parisien n’est plus consultable que pour les abonnés ici

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Les derniers commentaires

sander dit :

les frontières de paris n existeront plus quand le nouveau mode de déplacement (permis par le kéolium, nouveau gaz) sera mis a notre profit!
regardez ça laisse rêveur! http://www.youtube.com/watch?v=U_e5FYPlXTI

PierreCO dit :

Jérôme, je partage hélas ton analyse.

Léon dit :

Le problème reste le coût. Il s’agirait selon certains d’un problème de budget: la ville ou Decaux ne veulent pas consacrer de budget à une telle initiative. Mais comme l’avait dit je ne sais plus qui sur le blog, s’il n’y a pas d’argent pour le Vélib, pourquoi s’est-on permis de dépenser des sommes folles en pure perte pour le cent quatre ou d’autres projets? On a parfois l’impression que Vélib c’est bien pour les discours mais dans les faits, quand il s’agit de mettre un peu d’argent, il n’y a plus personne. On devrait bien pouvoir trouver quelqu’un au service com étant donné que leur budget est plutôt conséquent. Je cite un post de Steeve: « Le budget du service communication de la Mairie est de 19 Millions d’euros annuels (hors frais de personnels donc on peut facilement rajouter 2 Millions sachant que 228 personnes y travaillent).Source: Le Parisien du 11/05/10 « 

jerome dit :

@Cazaux.
Bonjour, tu as de la chance d’avoir des Velibs dans ton 16e. Dans « le mien », de 16e, les stations Mairie du 16e et rue de Siam sont toujours vides. idem rue de Passy. Les seuls Velibs qui s’y trouvent sont les 2-3 que des Clients ont déposés voire ceux qui sont des épaves.

@PierreCO et Cazaux, après toutes les remontées et propositions d’idées que j’ai pu faire depuis 3 ans sur ce blog, par email aux « administrateurs du blog », à la mairie de Paris ou à JC Decaux en direct, j’en arrive à la conclusion suivante: Ce blog outsourcé au sein d’une société de communication, n’a aucune autorité et n’est décisionnaire en rien. Il a juste pour but de permettre aux mécontents de raler sur leur clavier plutôt que d’aller casser des velibs puisqu’il est désormais prouvé qu’il y a une très grande corrélation entre les mécontents/arnaqués du système qui sont méprisés et en aucun cas écoutés et la casse.

Il me semble qu’il en va de même du comité qui n’est pas utilisé comme nous espérions qu’il le fut quand nous proposames la création d’un tel panel: en amont pour tester les idées et les produits plutôt qu’en aval après coup (dans le meilleur des cas) comme il l’est aujourd’hui.

Tout ceci est bien dommage car Velib’ est un super concept et nous sommes tous plein de bonne volonté mais il semble que rien ne suit. Pour dernier exemple l’Appli qui fut débuggée en 48h par les Clients et dont la V2 n’est toujours pas sortie, voire pire, même pas annoncée!

CQFD hélas.

PierreCO dit :

@Cazaux. Pour moi, il faudrait que ce programme de fidélité soit associé à une participation de l’utilisateur. Il faudrait définir une sorte de Vélib attitude, libre aux gens de l’adopter mais au moins on leur dit ce qui est utile comme service à rendre pour le Vélib: retourner les selles des vélos inutilisables( tout le monde ne connaît pas encore ce système); vérifier dans les 2-3 stations que l’on utilise quotidiennement que les vélos qui sont passés au rouge ont bien été immobilisés par Decaux( j’en remet quasiment un par semaine), informer les clients occasionnels du fonctionnement du système( les aider à prendre un abonnement, à trouver une place libre en leur indiquant la station la plus proche…)

Ce genre de gestes fait par des centaines de clients quotidiennement permettra sans nul doute d’améliorer grandement le service. Ne serait-ce que si chacun vérifie de temps à autre les vélos de sa station qui sont au rouge, mis bout à bout cela fait des centaines de clients mécontents en moins. Idem pour le touriste qui ne connait pas le quartier( et qui n’est pas aidé par la navigation désastreuse de la borne qui comme chacun le sait ici a de gros problèmes avec les plans) et qui sera ravi d’avoir une info sur une station pas loin que l’habitué sait par expérience vide. S’il est content de son expérience Vélib, ll en parlera à ses amis de façon positive. ( et vice versa: s’il n’est pas content, il fera de la pub négative)

emmanuelle dit :

pour les points bonus et des 1/4h gratuits ce serait surtout pour ceux qui rapportent des vélos dans les stations vides ou libèrent des places
Il va falloir un jour que la mairie de Paris et Decaux se posent cette question…

CAZAUX dit :

Hello,

Je suis velibiste depuis toujours, j’habite dans le 16ème où il y en a plein, c’est pratique pour aller au travail à Boulogne ou bien au bois le week end.
Une suggestion :
– Au même titre que le train que je prends régulièrement, j’ai une carte Grand voyageur qui me permet de gagner des S Mile (et me permet une fois dans l’année d’offrire un ou deux A/R à mon entourage). Pourquoi les nombreux utilisateurs du Vélib ne bénéficieraient pas d’une sorte de carte de fidélité. Plus tu prends le Velib, plus tu gagnes de points. Ainsi pour exemple, tu bénéficies de réductions (50% de réduction pour l’abonnement Velib d’un an pour ton épouse par exemple, ou bien des bonus sur le temps d’utilisation, voire des cadeaux comme un casque avec le logo Velib, histoire de faire de la pub sur ce service. Ainsi tout au long de l’année, on se dirait,
– » tiens mon grand, prend le Velib, tu vas gagner en plus des points ».

emmanuelle dit :

souvent sur mon vélo je pense à ce commentaire de Marion sur le fait qu’on (re)découvre la ville. Quel bonheur de découvrir certaines ruelles, certains quartiers méconnus qui sortent de nos itinéraires classiques
Merci Velib car grâce à ce système on passe de bons moments et on aime encore plus Paris

Emmanuelle dit :

dans la même idée que Sisyphe, en discutant avec d’autres usagers, je me suis rendue que beaucoup ne connaissaient pas le 1/4h gratuit en cas de station pleine
il faut donc que la communication soit renforcée

Sisyphe dit :

Constat fait en discutant, peu de gens connaissent les 45 minutes gratuites lorsqu’on dépose le vélo dans une station bonus signalée par un autocollant « V+ ». Serait-il possible d’intensifier la communication et de rappeler que, lorsqu’on remonte un vélo vers une station en hauteur marquée « V+ », on dispose automatiquement d’un quart d’heure gratuit supplémentaire qui s’ajoute à la demi-heure gratuite de base ? Que, si ce quart d’heure supplémentaire n’est pas entamé par l’usager, alors il est crédité sur son compte d’utilisateur sur lequel il cumule ainsi 15 minutes de bonus ? Cela permet donc « d’épargner du temps » d’utilisation gratuite de Vélib’.

PierreCO dit :

Oui enfin, faut-il rappeler que seule une porte de paris est aménagée pour les cyclistes. C’est bien beau de passer le périph encore faudrait-il que l’on nous en donne les moyens. De temps en temps, je suis vraiment surpris des différences entre les discours de la mairie qui nous dit adorer le vélo et les faits qui montrent que finalement, c’est sympa pour la com’ mais concrètement peanuts. J’ose croire que c’est en train de changer mais c’est très long.
Pierre, en colère après tous ces aménagements cyclables mal conçus mais le plus souvent pas conçus du tout. Je me suis cassé la figure aujourd’hui à vélo car la route était glissante et que les réalisateurs de pistes cyclables font vraiment n’importe quoi. Comme de mettre des caniveau de 10 cm quand la piste cyclable passe de la route au trottoir qui si on ne les passe pas à 90° quand la route est humide vous envoient valser. On n’a pas tous des VTT merde.

Marion Admin dit :

C’est ce que je me dis aussi, on va à Vélib’ dans des lieux qu’on ignorerait à pied. On a souvent des sortes de frontières mentales : des a priori ou une indifférence vis à vis de quartiers par lesquels on ne passe donc jamais.
Qui descend du métro à l’improviste pour voir ce qui se passe dans ce coin de Paris ?

A vélo, comme en bus mais sans la notion de ligne / trajet imposé, on découvre des lieux et on dépasse nos petites frontières habituelles. Je n’irai pas jusqu’à dire que cela révolutionne notre rapport à la ville mais je trouve quand même qu’on change nos perspectives et nos échelles…

Zorglub dit :

Paris ou périphérie, Vélib est en tout cas, pour moi, l’occasion de visiter des endroits que je n’aurai pas fréquenté sinon…
Quelquefois en ballade du week-end. Mais surtout quand je veux varier mon chemin de retour du boulot.

Site Officiel Vélib
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