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Retour à l’hippodrome de Longchamp, sur les traces de Napoléon III
vendredi 15 mai

Retour à l’hippodrome de Longchamp, sur les traces de Napoléon III

Aurelie
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napoleon-longchampAvec la météo un peu maussade, on en oublierait presque de prendre l’air ces derniers temps. Et quel dommage… Car les dimanches au galop continuent. Un petit effort de mémoire : Marion nous avait fait part du bon plan voici quelques semaines : animations familiales et surprises, invités VIP, jeu concours… Et voici que l’opération touche à sa fin ce dimanche 17 mai, à l’hippodrome de Longchamp. Contrairement à Marion, je ne me suis encore jamais rendue sur ces lieux. L’univers hippique ne m’étant pas familier, j’ai fait appel à un historien des courses,  pour en savoir un peu plus sur ces arènes chargées d’histoire, et revenir aux sources de ce majestueux hippodrome…

C’est à Napoléon III que l’on doit la création du premier grand hippodrome de la capitale, il y a plus de 150 ans. Pour vous replonger dans l’ambiance de cette époque, je cède à présent la parole à Guy Thibault, qui n’ignore rien de cet événement majeur dans la légende du turf français.

« Parvenu au pouvoir, Napoléon III tient à doter Paris d’un lieu de promenade magnifique à l’image des parcs londoniens qu’il avait pu apprécier durant son exil. D’où l’embellissement du bois de Boulogne afin de faire de ce lieu inculte un superbe parc dont Jacques Hittorf établit un projet en 1852. Et pourquoi Paris n’inclurait-il pas dans ce parc un hippodrome, ce dont Londres est dépourvu ? Ce serait répondre au vœu émis depuis longtemps par la Société d’Encouragement de quitter le pitoyable terrain du Champ-de-Mars. Opération parfaitement réalisée, non sans difficultés au terme de cinq années, toutes les parties prenantes étant intéressées à son accomplissement.

Longchamp ouvre ses portes le 26 avril 1857.

Enfin, Paris dispose d’un hippodrome digne de la capitale. L’ouverture de Longchamp, au dire d’un témoin, « peut être prise comme la date de la consécration du turf français. » Malgré un temps peu favorable, l’enceinte du pesage accueillit plus de trois mille personnes ; les pavillons reçurent plus de cinq mille spectateurs ; on compta sur la pelouse sept cents voitures (dont onze à quatre chevaux), quatre mille piétons et deux cent cinquante cavaliers. Présents tous les hauts personnages de l’Empire à l’exception du premier, l’Empereur retenu aux Tuileries par les devoirs de sa charge. Mais il a tenu à faire connaissance avec l’hippodrome quelques jours auparavant au cours d’une promenade à cheval. Son absence n’est que partie remise et dès le dimanche suivant Napoléon III, après avoir traversé le Bois en calèche en compagnie du grand-duc Constantin de Russie, pénètre sur l’hippodrome dont il a béni la conception.

Ainsi, tantôt en traversant le Bois, tantôt au fil de la Seine, l’Empereur fera de très fréquentes visites à Longchamp. Décidément, cet hippodrome est parfaitement situé, proche du centre de la capitale, facile d’accès. Londres n’en possède pas un de pareil. Et son gazon semble élastique aux jambes des pur sang trop longtemps éprouvées par le sol caillouteux du Champ de Mars.


Dès lors, déjà en verve grâce à l’appui marqué de l’Empereur, l’avenir des courses ne pouvait être que rose…

Leur essor était prévisible, appuyé par la transformation de la société française. La bourgeoisie, commerçante sous Louis-Philippe, se mue en une bourgeoisie industrielle avec le second Empire. Tout en constituant un signe extérieur de distinction, avoir une écurie de course c’est répondre à l’esprit d’entreprise qui marque cette époque de découvertes. Minimisant la prudence et la stabilité chères aux bourgeois, l’entrepreneur accepte plus volontiers d’affronter les incertitudes (hauts et bas) – caractéristiques du sport hippique – qu’il se propose d’orienter en sa faveur grâce au savoir acquis dans les affaires et à d’heureux paris. L’écurie de courses est une entreprise. Après l’aménagement réussi du bois de Boulogne, Napoléon III a voulu renouveler l’opération à l’est de Paris dans le bois de Vincennes, alors en triste état. Comme à l’ouest, un hippodrome constitue un des éléments de l’embellissement. »

Merci à Guy Thibault pour cette page d’histoire.

Et plus près de nous, dès dimanche, ne manquez pas votre dernière chance de trouver Silver Tonnerre à Longchamp ! En espérant que le beau temps sera au rendez-vous…

Toutes les informations sur cette dernière journée des dimanches au galop

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