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Les coulisses de Vélib’ : la récupération des Vélib’ abandonnés
mercredi 11 juin

Les coulisses de Vélib’ : la récupération des Vélib’ abandonnés

admin
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Il n’est pas rare de rencontrer des Vélib’ abandonnés dans les rues de Paris. On a tous croisé un Vélib’ désespérément prisonnier d’un poteau depuis plusieurs jours…

Marion a déjà rédigé un billet sur le sujet, Vélib’ orphelins, que faire ?, pour expliquer la démarche à suivre afin de libérer ces Vélib’. Vous êtes très nombreux à jouer le jeu et nous vous en remercions.

Seulement voilà, certains constatent que malgré leur sens civique poussé et leurs efforts répétés pour signaler un Vélib’ abandonné, ce dernier n’est récupéré qu’après plusieurs jours, voire semaines.

Alors, est-ce si compliqué de ramasser un Vélib’ dans les rues de Paris ? Il y aurait-il un problème de logistique ? Pour le savoir, je me suis entretenu avec Romain Boucher, responsable de la régulation des Vélib’.


Romain, combien de personnes sont en charge de la récupération des Vélib’ abandonnés ?

Au total, 8 personnes sont dédiées à la récupération des Vélib’ abandonnés : trois agents véhiculés, trois « chasseurs » à vélo et deux assistantes.

Les trois agents véhiculés circulent avec des fourgons pouvant transporter jusqu’à 8 vélos. L’un intervient à Paris, les deux autres travaillent en banlieue. Ils récupèrent essentiellement les vélos détenus par les particuliers ou les commissariats de police.

Les trois chasseurs interviennent eux exclusivement dans Paris intra-muros pour récupérer les vélos abandonnés sur la voirie. Enfin, une assistante compile les signalements de Vélib’ pour fournir à chacun sa feuille de route, et une autre prend en charge les aspects juridiques, intervenant notamment auprès des commissariats.

Combien de Vélib’ abandonnés sont signalés par semaine et combien sont récupérés ?

Depuis le 1er janvier 2008, on nous a signalé l’abandon de 3 500 Vélib’ différents, soit une moyenne de 160 par semaine. Mais nous en récupérons beaucoup plus : environ 350 Vélib’ chaque semaine. Ce différentiel s’explique par le travail de nos chasseurs à vélo qui récupèrent des Vélib’ non signalés, et par notre coopération avec les commissariats de police qui appréhendent régulièrement des personnes avec des Vélib’ volés.

Vous travaillez beaucoup avec les commissariats de Police ?

Nous avons appris à travailler ensemble depuis le lancement de Vélib’. Nous avons par exemple mis en place un système de plainte simplifiée pour les personnes appréhendées pour vol ou recel de Vélib’. En 2008 nous avons ainsi déposé plainte plus de 700 fois.

Où récupérez-vous le plus de vélos : dans les commissariats, dans la rue, en banlieue ?

Sur les 3 500 signalements de Vélib’ abandonnés depuis le début de l’année, 2 000 se trouvaient sur la voirie. Quant au rapport Paris / banlieue, plus de 70% des Vélib’ sont récupérés dans Paris. Mais il arrive que certains Vélib’ aillent très loin, parfois jusqu’en province, comme dans l’Eure ou même une fois dans la banlieue Lyonnaise !

Sur notre blog, plusieurs usagers se sont plaints d’avoir dû signaler un Vélib’ abandonné à différentes reprises avant que vous n’alliez le récupérer plusieurs jours, voire plusieurs semaines après. Pourquoi un tel délai ? Quelles difficultés rencontrez-vous ?

En règle générale, un Vélib’ signalé est récupéré dans les 48 heures. Mais c’est une moyenne, évidemment. Nous ramassons 100% des Vélib’ gardés par les commissariats de police ou les particuliers. Il arrive que ces derniers les rentrent chez eux ou les conservent dans leur cour d’immeuble. Notre difficulté provient surtout des Vélib’ signalés sur la voirie : nous n’en récupérons que la moitié, car nous n’avons pas toujours l’intégralité des informations nécessaires pour ce faire, d’où une importante perte de temps. Car un Vélib’ abandonné peut se déplacer…

Comment vous aider à être plus efficace ?

Nous avons besoin de deux informations : l’adresse précise où se trouve le Vélib’ et son numéro. Cette dernière information est capitale car, si le Vélib’ n’est pas à l’endroit signalé, nous pouvons alors savoir s’il est toujours dans la nature ou s’il a réintégré une borne.

Dans ce deuxième cas, cela signifierait qu’un particulier a simplement immobilisé un Vélib’ durant plusieurs jours ?

En effet, mais c’est interdit : plus de 24 heures hors d’une borne et un Vélib’ est considéré comme volé. Bien que munis d’un cadenas, les Vélib’ n’ont d’ailleurs pas vocation à stationner hors des stations.

Justement, de nombreux usagers se plaignent de ces Vélib’ « pris en otage ». Vos équipes coupent-elles les cadenas personnels ?

Nous vérifions si le vélo a été emprunté plus de 24 heures. Si c’est le cas, alors bien sûr nous coupons le cadenas pour récupérer le vélo et le remettre au service de tous.

Une fois récupéré, que devient le Vélib’ ?

Ceux ramassés par les agents véhiculés vont directement à l’atelier pour un contrôle technique complet. Les autres sont remis en service s’ils ne présentent pas de défauts, sinon ils sont placés à la borne la plus proche et signalés à la maintenance par le voyant rouge.

Dernière question : quels changements depuis le lancement de Vélib’ et quelles évolutions à venir pour la récupération des vélos ?

Nous constatons une baisse importante des vols de Vélib’ ces derniers mois. Le prélèvement de la caution semble avoir joué. Pour la suite, nous allons continuer d’utiliser ponctuellement des chasseurs à vélo supplémentaires, comme lors des grèves en novembre dernier où nous avions connu un pic de vols. Cet été nous allons très certainement remettre en place cette mesure.

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Les derniers commentaires

JH dit :

Mon velib a été volé et retrouvé 2 jours plus tard, velib me demande 100€, une vrai arnaque….

Greg dit :

Velib volé attaché a la station de tramway elle fitzgerald.

OG dit :

Le site n’est pas facile d’accès, il devrait y avoir une rubrique spéciale depuis l’adresse vélib.

OG dit :

Vélibs abandonnés:
28/30 rue Rousselet 75007
n° 55713 et 65611
Gare Montparnasse 2, face à la voie 7,
pl. des cinq martyrs du lycée Buffon, 75014
vélib n° 64637

Gutierez dit :

Velo vole au 12rue des écouffes paris75004. Vole attaché pneus crevés devant la porte d entrée merci de venir le recupere

jacou dit :

Le VLIB numéro 20293 est garé avec un antivol attaché à la grille trottoir devant le 68 rue villiers de l’isle adam 75020 paris. Son boitier de connectique enlevé. Venir par la rue de la chine. Déjà signalé hier 08/10

Emmanuelle -ex co dit :

Toim quel numéro ? avec un peu de change un usager va le retrouver…
demander à allo velib

Toim dit :

Le vélib que j’ai déposé (bip vert) a été volé !!
JCDEcaux me prend ma caution…
Si le vélib est retrouvé après les 10 jours serais-je remboursé ?

Emmanuelle-Ex CO dit :

Philippe vous avez raison sur l’appli – ce n’est pas faute de l’avoir suggérer au service com…
Vous pouvez également appeler allovelib c’est rapide pas besoin d’entrer en communication avec un conseiller il suffit d’opter pour la fonction déclarer un velib
continuez de les déclarer c’est important

Philippe dit :

je croise régulièrement des Velib laissés à l’abandon après avoir été volé, j’ai essayé un jour d’en déclaré un sur le site … un bordel monstre…
Alors que velib a une appli pour smartphone, il suffirai qu’ils la fassent évoluer un peu pour qu’il suffise de prendre une photo avec géolocalisation et le tour serai joué
ça n’encourage pas a déclarer les velib à l’abandon….
Vraiment ca me gave grave de voir ces vélos volés et ne rien pouvoir faire… pour infos j’en ai croisé 3 rien que ce matin sur Aubervilliers en venant au boulot…

Mathieu_CO dit :

@ cdavid : à moins d’un contact en privé, personne de JCDecaux ne t’a dit sur ce blog qu’aucune poursuite ne serait lancée (JCDecaux n’écrit pas dans les commentaires de ce blog). Ta fille a utilisé un Vélib qu’elle n’avait pas loué elle-même, il s’avère que celui-ci était volé et il s’agit donc bien de recel de vol qui n’a rien de compliqué à organiser (la preuve, elle l’a fait). Et si il n’était pas volé… eh bien elle devenait voleuse, elle avait donc tort de le prendre dans tous les cas. Je te conseille donc à titre personnel de prendre contact avec un avocat si ce n’est pas déjà fait afin de pouvoir te défendre correctement. Le médiateur est également joignable, ses coordonnées se trouvent dans les CGAU.

cdavid dit :

Bonjour,

Au mois d’octobre 2010, ma fille de 16 ans a emprunté un Velib non attaché devant son lycée, puis s’est déplacée vers une autre borne. Elle a été interpellée sur le trajet par deux policiers en vélo qui l’ont conduite au commissariat du 4e.
L’OPJ qui m’a convoqué a indiqué sur le PV que l’attache du Velib était détériorée et que ma fille est donc coupable de recel de vol. Devant ma perplexité sur les capacités de ma fille à organiser ce genre de recel, l’OPJ m’a sorti le code pénal, en me disant que j’avais de la chance qu’il ne la mantienne pas en garde à vue.
Par la suite, j’ai contacté la sté Velib par son blog, et les animateurs m’ont assuré qu’il n’y aurait pas de poursuites.
Fin juin, je viens de recevoir un courrier de la sté SOMUPI qui me réclame 206,05 pour la remise en état du Velib, alors qu’à aucun moment la police n’a établi de flagrant délit de dégradation sur le Velib, avec paiement dans les 15 jours sous peine de poursuites.
Je reçois aussi une convocation du Parquet du Tribunal de grande instance de Paris « afin d’apprécier la suite pénale qu’il convient de donner à cette affaire »…
Cette affaire prend une dimension extravagante, et j’ai l’impression d’être victime d’un racket organisé pour financer les déboires de la société Velib…
Que me conseillez-vous ?

Avec mes cordiales salutations et en vous remerciant par avance de vos conseils.

tom4 dit :

ca me fait penser qu’il faut que je passe devant le commissariat voir s’il a été récupéré
tom4

PierreCO dit :

Pour faire du droit et connaître un peu le système, entre ce qu’on risque en théorie et ce qu’on a, en tout cas la première fois, il y a systématiquement un gouffre. Là dans les faits, il ne se passe STRICTEMENT rien quand on est choppé avec un Vélib volé, du point de vue du ministère public en tout cas (Le Parquet). Et je ne pense pas que JCD soit assez con pour réclamer d’énormes dommages et intérêts surtout qu’on peut avoir trouvé le Vélib volé dans la rue et l’avoir emprunté pour un trajet comme Tom4

cdavid dit :

petit complément entendu au commissariat : Le recel de vol (et donc de Velib) « est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 375.000 euros d’amende »…
Avis aux amateurs de pédalage sauvage, y compris les ados qui n’ont jamais entendu parlé du recel, ni même du code pénal ! Qui proposera l’étude du code pénal en maternel ???

tom4 dit :

hello

je me demandais justement que faire d’un velib abandonné. je suis tombé sur un vélib abandonné à coté de cité U mercredi jour de greve. il etait posé contre un mur, avec son antivol pluggé dans la prise, mais sans clé, donc sans possibilité de le remettre dans une station.
j’avoue, c’etait soir de greve, plus de rer, j’ai pris ce vélib. je me suis dis que si je le laissais contre son mur, le temps de le signaler à AlloVelib, il aurait redisparu. donc je l’ai pris, je suis rentré avec, et je l’ai déposé devant le commissariat de ma ville, en me disant que peut être, il serait plus en « sureté » labas. j’ai ensuite été mettre un message sur le site vélib pour signaler où était le vélib.
ce n’etait peut etre pas la meilleure chose à faire, mais je dois avouer que pour une fois, j’etais presque « content » de trouver un vélib volé.

tom4, j’ai déja évoqué l’idée de supprimer cet « antivol » ridicule qui à mon avis engendre plus de vol qu’autre chose

PierreCO dit :

Un vélo est volé si:
l’antivol est attaché et que le cycliste n’a pas la clé
l’accroche est détériorée/arrachée/absente

emmanuelle dit :

comment la police a pu détecter que c’était un vélo volé, on piste par radar le déplacement du vélo ???? !! la détérioration était telle que cela sautait aux yeux ??
j’avoue ne pas tout comprendre. Concernant l’utilisation des vélos volés, il faut aussi rappeler aux ados les règles du jeu, un vélo abandonné ou volé n’est pas à la disposition des uns et des autres – pour la prévention des jeunes c’est aussi l’affaire des parents

Mathieu dit :

Bonjour,

Comme tu le dis toi-même, ta fille est accusée de recel de vol, à savoir qu’elle a utilisé un vélib volé par quelqu’un d’autre : Velib n’accuse donc pas de vol le premier venu, mais accuse de recel de vol une personne surprise en train d’utiliser un vélib « volé ».

Je trouve à titre personnel ce qui arrive normal : de nombreux vélibs sont vandalisés ou « disparaissent », cela a effectivement un coût pour le système, il est donc normal que les auteurs des dégradations, vols, et recels, payent les conséquences de leurs actes. Ta fille aurait pu ne pas y toucher, le signaler, aller le remettre dans une bornette, mais non elle a choisi de l’utiliser, ce qui justifie son interpellation etc.

Rassure-toi, elle à 15 ans, et si le dossier n’est pas classé sans suite elle fera au pire l’objet d’un rappel à la loi (concernant les éventuels dommages/intérêts demandés par Cyclocity, je ne sais pas plus que toi).

CDavid dit :

Bonjour,
Hier un commissariat du 4e arr. me demande de venir chercher ma fille de 15 ans suite à son arrestation pour recel de vol de Velib ! En fait, elle a utilisé un Velib abandonné dont le système d’accrochage aurait été vandalisé. D’après l’opj, le procès verbal est transmis au parquet, et la société Velib doit déposer une plainte contre moi !! avec remboursement du Velib ?? je suis scandalisé par ces méthodes sans discernement, ma fille est traitée comme une délinquante, alors qu’elle n’a fait qu’utiliser un vélo abandonné, bravo pour la prévention auprès des jeunes ! Velib a-t-il trouvé un moyen de financer son déficit en accusant de vol le premier venu !? merci de vos commentaires.

Site Officiel Vélib
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